19 juin 2012

MANŒUVRES MILITAIRES GÉANTES EN SYRIE

La Russie, la Chine et l'Iran vont mener dans les semaines à venir des manœuvres militaires conjointes en Syrie, rapporte la chaîne de télévision Al-Arabiya basée à Dubaï.
Ces exercices militaires, les plus importants de l'histoire du Proche-Orient, réuniront quelques 90.000 militaires des forces terrestres, navales et aériennes, selon le communiqué.
La chaîne a par ailleurs annoncé que douze navires de la Marine chinoise avaient reçu l'autorisation de passer le canal de Suez et qu'ils arriveront à proximité des côtes syriennes d'ici deux semaines.
D'après Al-Arabiya, ces manœuvres impliqueront quelque 400 avions et 1.000 chars. En outre, des sous-marins, des contre-torpilleurs et un porte-avions russes y prendront part.
La Syrie profitera de ces exercices militaires pour tester ses missiles sol-air ainsi que ses systèmes de défense antiaérienne.
Ria Novosti, 19 juin 2012.

18 juin 2012

Quand la prison permet d'echapper à la misère

Selon un rapport public de la Banque mondiale, les pays en voie de développement doivent se préparer à des jours difficiles.
Et si l'on prend uniquement en considération les pays de l'Europe centrale et orientale, les prévisions sont encore moins optimistes : on passerait d'une croissance de 3,1 % enregistrée en 2011 à une croissance estimée à 1,4 % pour 2012. La croissance de la Serbie, par exemple, devrait être ainsi d'à peine 0,5 % pour cette année. Ce sont des données d'autant peu rassurantes dans le contexte actuel de crise internationale que ce pays aspire à rentrer dans l'Union européenne. Son néo-président Tomislav Nikolic l'a confirmé en rencontrant le 14 juin 2012 Catherine Ashton, haute représentante pour la politique étrangère communautaire : "pour Belgrade, il n'y a pas d'alternative à l'Union européenne".
Une position qui, eu égard aux problèmes rencontrés par les pays européens les plus faibles, pourrait fort ressembler à un suicide. Spécialement pour un pays dont la situation économique et l'indigence de ses citoyens s'aggravent de jour en jour. Belgrade, au moment où le chômage explose et où les salaires sont à un niveau historiquement bas, le gouvernement s'acharne sur ce qui reste de l'Etat social et prend toutes les mesures pour satisfaire les politiques hyper-libérales imposées par Bruxelles. Difficile pour le peuple serbe d'affronter dans ces conditions la vie de tous les jours. Fait symptomatique : certains choisissent désormais d'aller en prison plutôt que de devoir payer des amendes.
Comme l'a rappelé dernièrement le quotidien Vecernje Novosti, pas moins de 12.324 cas de ce type ont été constatés rien que dans la capitale serbe en 2011, et on en dénombrait déjà 6.403 à la fin du premier trimestre de cette année. "Les personnes qui demandent instamment de voir leur amende transformée en période de détention sont rares, mais un grand nombre décide volontairement de ne rien payer pendant le délai légal des quinze jours au-delà duquel le juge se voit contraint d'ordonner une période de détention", a déclaré Milan Marinovic, président du tribunal de Belgrade. Le journal serbe relève en outre qu'une journée de prison coûte 1.000 dinars (un euro vaut 116 dinars), et que la somme maximale d'amendes qu'on peut voir transformées en détention est de 60.000 dinars.
Ce qui signifie que quelqu'un qui serait condamné à 100.000 dinars d'amendes pourrait n'en payer que 40.000 à condition de passer soixante jours en détention pour ne pas avoir à débourser les 60.000 restants. Une situation qui met en évidence toutes les difficultés auxquelles est confronté le peuple serbe face à la crise économico-financière qui étrangle le Vieux continent. Une crise imputable aux errements spéculatifs de la "fortune anonyme et vagabonde" qui a  pris soin de placer ses laquais à la tête des institutions européennes et des gouvernements. Mais la majorité, la grande majorité, en est réduite aux mesures de rigueur pour payer une dette qu'elle n'a pas souscrite. Il ne tient pourtant qu'à elle de ne pas s'enfermer derrière les barreaux des prisons du capital et de faire rendre gorge aux responsables.
Capitaine Martin, Résistance, 18 juin 2012.

13 juin 2012

SYRIE : UN GRAND JOURNAL ALLEMAND RÉTABLIT
LA VÉRITÉ SUR LE MASSACRE DE HOULA


Le massacre de Houla a marqué un tournant dans le drame syrien. Il y a eu un grand nombre de réactions indignées à travers le monde lorsqu’on a appris que 108 personnes avaient été tuées à Houla le 25 mai, dont 49 enfants. Les demandes pour une intervention militaire afin de faire cesser le bain de sang en Syrie se sont faites de plus en plus fortes tandis que la violence s’en est allée crescendo depuis lors. Se fondant sur les "nouvelles" diffusées par les médias des pays du Golfe et les dires des observateurs de l’ONU le jour suivant le massacre, l’opinion mondiale a condamné quasiment sans exception l’armée régulière syrienne et les milices Shabiha proches du régime pour le massacre perpétué.

Au cours des semaines qui ont suivi, et se fiant à des témoins des événements, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a contesté cette version officielle des événements. Il a rapporté que les civils tués étaient soit des alaouites soit des chiites. Ils ont été tués de sang froid par des sunnites à Taldou, une ville située dans la plaine de Homs, tandis que de violents combats faisaient rage aux check points entourant le village entre l’armée régulière syrienne et "l’Armée syrienne libre". Notre article a été passé sous silence par de nombreux médias à travers le monde et rejeté par les autres sous prétexte qu’il n’était pas crédible. Ce qui nous amène à poser quatre questions :
Pourquoi l’opinion mondiale a-t-elle suivi jusqu’à maintenant une autre version des événements ?
Pourquoi le contexte de la guerre civile rend-il douteux ce qui est vraisemblable ?
Pourquoi les témoins sont ils crédibles ?
Quels sont les autres faits qui renforcent notre version des faits ?

1) - Pourquoi l’opinion mondiale suit elle une autre version des faits ? Il n’est pas douteux que durant les premiers mois du conflit, alors que l’opposition ne possédait pas d’armes et se trouvait sans défense, toutes les atrocités ont été commises par le régime. On a donc assumé qu’il était évident que cela continuerait ainsi [1]. De plus les médias syrien gouvernementaux n’ont aucune crédibilité. Par exemple ils se servent de l’étiquette "gangs de terroristes armés" depuis le début du conflit. Du coup personne ne les croit, même quand c’est effectivement le cas. Deux chaines de médias, Al Jazeera et Al Arabia sont devenues les chaînes d’information de référence alors que leurs propriétaires, le Quatar et l’Arabie Saoudite, sont deux États activement impliqués dans le conflit en cours. Nous avons de très bonnes raisons de faire nôtre le dicton : "Dans une guerre, c’est la vérité qui meurt en premier".

2) - Pourquoi dans ce contexte de guerre civile, la version douteuse est-elle celle qui apparaît comme vraie ? Depuis quelques mois, de très nombreuses armes ont été infiltrées en Syrie et les rebelles ont des armes de calibres moyens depuis très longtemps. Chaque jour plus de 100 personnes sont tuées en Syrie, pour moitié environ entre chaque camp. Les milices qui opèrent sous la bannière de "l’Armée Syrienne Libre" contrôlent de larges parties des provinces de Homs et de Idlib et elles tentent d’étendre leur domination sur d’autres parties du pays. L’augmentation du chaos a fait apparaître une vague de kidnappings criminels et a favorisé le règlement de vieilles disputes. Si on regarde les pages de Facebook où parlent des Syriens : tout le monde a des histoires quotidiennes de nettoyages ethniques à raconter, des histoires de gens assassinés uniquement parce qu’ils sont alaouites où sunnites.
La plaine de Houla, qui se trouve entre la ville sunnite de Homs et les montagnes des allaouites, est majoritairement peuplée de sunnites ; elle a une longue histoire de tensions entre sectes. Le massacre s'est produit à Toulda, un des plus grand villages d’Houla. De tous les noms des civils tués, 84 sont connus. Ce sont ceux des pères, mères et 49 enfants de la famille Al Sayyid et des deux branches de la famille Abdarrazzaq. Les habitants de la ville affirment que les victimes étaient des alaouites ou bien des sunnites convertis au chiisme. A quelques kilomètres de là, près de la frontière libanaise, cela les rend suspects d’être des sympathisants du Hezbollah, haïs par les sunnites. Ont été également tués à Toulda des parents du membre du parlement, fidèle au gouvernement, Abdalmuti Mashlab.
Les maisons de ces trois familles sont situées dans différentes parties de Taldou. Tous les membres de ces familles ont été sélectionnés puis assassinés sauf un. Aucun voisin n'a été blessé. Une connaissance du terrain était indispensable pour mener à bien ces tueries. L’agence Associated Press cite le seul survivant de la famille Al Sayyid, Ali, 11 ans : "Les meurtriers étaient chauves et avaient de longues barbes". Cette description est celle de djihadistes fanatiques et non pas de miliciens Shabiha. Ali a raconté qu’il a survécu en faisant semblant d’être mort et en se maculant avec le sang de sa mère.
Les sunnites rebelles liquident toutes les minorités. Le 1er avril, la sœur Agnès-Maryam, du monastère de Jacob (Deir Mar Yakub) qui se trouve au Sud de Homs dans le village de Qara, a décrit dans une longue lettre ouverte le climat de violence et de peur qui règne dans la région. Elle concluait que les rebelles sunnites avaient pour objectif l’élimination planifiée de toutes les minorités. Elle décrit les expulsions des alaouites et des chrétiens de leurs maisons, qui sont ensuite occupées par les rebelles, les viols de jeunes filles que les rebelles s’attribuent comme trophées de guerre. La sœur a vu de ses yeux les rebelles tuer un marchand dans une rue de Wadi Sajjeh à l’aide d’une voiture piégée et ensuite les a entendus déclarer aux cameramen d’Al Jazzera que c’était un crime du gouvernement. Finalement elle raconte comment des rebelles sunnites ont enfermé dans une maison du district de Khalididja, à Homs, des chrétiens et des alaouites pris en otages et l'ont faite exploser pour ensuite attribuer cette horreur au gouvernement syrien.

3) - Pourquoi les témoins syriens de mon article peuvent ils être considérés comme fiables ? Parce qu’ils n’appartiennent à aucun parti en conflit, parce qu’ils sont pris au milieu de ce conflit et qu’ils ont tout intérêt à faire cesser au plus vite toute escalade de la violence. Plusieurs de ces gens ont déjà été tués ce qui explique pourquoi aucun ne veut plus révéler son identité. Dans une période où une vérification indépendante des faits sur place n’est pas possible, il ne peut y avoir aucune certitude que chaque détail des faits rapportés se soit exactement passé de la manière décrite. C’est ainsi que même si le massacre d’Houla s’est bel et bien passé de la manière décrite, on ne peut pas en tirer de conclusion pour les autres massacres. Comme pour les événements du Kosovo, chaque massacre devra être l’objet d’une enquête spécifique après ces événements.

4) - Quels sont les autres faits qui corroborent notre version des faits ? Le Frankfurter Allgemeine Zeitung n'a pas été le seul ni le premier à rapporter une nouvelle version du massacre de Houla. D’autres rapports n'ont pu entrer en compétition avec les grands médias internationaux pour faire entendre leur version des faits. Celui du journaliste russe Marat Musin par exemple, qui travaille pour la petite agence Anna et qui se trouvait à Houla les 25 et 26 mai, non seulement a été en partie témoin de ce qui se passait là-bas mais il a publié les témoignages d’autres témoins oculaires des faits. Autre exemple : le journaliste hollandais arabophone, indépendant et vivant à Damas, Martin Janssen, a contacta le monastère de Jacob à Qara, qui a accueilli de nombreuses victimes du conflit et dont le travail humanitaire des nonnes est exemplaire.

Les rebelles ont présenté aux observateurs de l’ONU leur version du massacre
Les nonnes lui ont raconté comment, le 25 mai ,plus de 700 rebelles armés, venant de Rastan, pnt débordé un check point de l’armée sur la route de Taldou, comment ils ont empilé les corps de leurs victimes civiles et militaires devant la mosquée et comment, le jour suivant, ils ont raconté leur version du massacre qu’ils ont attribué à l’armée gouvernementale, aux oreilles complaisantes et gagnées à leur cause des grands médias internationaux tout comme des observateurs de l’ONU. C’est ainsi que le Secrétaire général de l’ONU a annoncé au Conseil de sécurité de l’ONU que les circonstances exactes de ce massacre n’étaient pas claires. Cependant l’ONU a confirmé : "Il y a bien eu des tirs d’artillerie et de mortier. Il y a eu également d’autres formes de violence, des exécutions rapprochées ainsi que de graves abus ".
On peut reconstituer la suite des événements de la manière suivante : le 25 mai, après la prière du vendredi, plus de 700 rebelles armés, sous la direction de Abdurrazzaq Tlass et Yahya Yusuf, sont arrivés en trois groupes de Rastan, Kafr Laha et Akraba ; ils ont attaqué trois check points tenus par l’armée régulière autour de Toulda. Les rebelles, numériquement les plus forts, et les soldats de l’armée, en majorité sunnites, se se sont battus violemment ; ces engagements ont coûté la vie à deux douzaines de soldats, en partie des conscrits. Durant et après ces combats les rebelles, aidés par des habitants de Toulda, ont supprimé les familles Sayyid et Abdarrazzaq.
Elles avaient refusé de se joindre à l’opposition.
Rainer Hermann, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 13 juin 2012.

24 octobre 2011

LES ASSASSINS DE WASHINGTON, LONDRES ET PARIS

Les images de Kadhafi lynché et tué par une foule féroce de miliciens ont été diffusées à l’échelle mondiale, pour démontrer qu’en Libye il s’est agi d’une rébellion populaire qui s’est terminée par le renversement de l’odieux dictateur. Version simpliste, appartenant aux puissantes “armes de distraction de masse” utilisées dans l’opération Protecteur Unifié.  Toute autre est la réalité qui voit le jour, comme le montre la reconstruction documentée des événements faite le 21 octobre par le quotidien britannique The Telegraph.
Après avoir joué un rôle clé dans la conquête de Tripoli, les agents de la CIA et du service secret britannique MI6, qui opèrent sur le terrain en Libye, se sont concentrés sur la chasse à Kadhafi, qui avait échappé aux bombardements massifs de l’OTAN. Tandis que les drones et autres avions espions, dotés des appareils les plus sophistiqués, survolaient jour et nuit la Libye, des forces spéciales étasuniennes et britanniques passaient au crible la zone de Syrte, probable refuge de Kadhafi. Celui-ci a été obligé, ces dernières semaines, de rompre le silence téléphonique, en utilisant un portable peut-être de type satellitaire. La communication a été interceptée, confirmant sa présence dans la zone.
Quand un convoi de plusieurs dizaines de véhicules est sorti de la ville, il a immédiatement été repéré par les avions espions : un Rivet Joint étasunien (qui peut repérer l’objectif à 250 km de distance), un C160 Gabriel français et un Tornado Gr4 britannique. A ce moment là, un drone Predator étasunien, qui avait décollé de Sicile, télécommandé via satellite depuis une base proche de Las Vegas, a attaqué le convoi avec de nombreux missiles Hellfire. Même si cela n’est pas spécifié, il s’agit d’un des Predator MQ-9 Reaper déployés à Sigonella (Sicile), où se trouve le personnel affecté à l’approvisionnement et à la manutention, et conduits par un pilote et un spécialiste des senseurs, tous deux assis à leur console aux Etats-Unis, à plus de 10.000 km de distance. Le Reaper, en mesure de transporter une charge guerrière d’une tonne et demi, est armé de 14 missiles Hellfire (feu d’enfer) à tête antichar, des explosifs à fragmentation ou thermobariques. Immédiatement après, le convoi a été frappé aussi par des chasseurs bombardiers français Mirage-2000 avec des bombes Paveway de 500 livres et des munitions de précision AASM (Armement Air-Sol Modulaire), elles aussi à guidage laser. Cette attaque a été décisive pour la capture de Kadhafi.
Ces faits démontrent que, en réalité, c’est l’OTAN qui a capturé Kadhafi, en le poussant dans les mains de miliciens musulmans de Misrata, animés d’une particulière haine à son égard. Et que c’est l’OTAN qui a gagné cette guerre non seulement en larguant sur la Libye 40 à 50.000 bombes en plus de 10.000 missions d’attaque, afin d’ouvrir la voie aux “rebelles”, mais en envoyant en territoire libyen services secrets et forces spéciales pour réaliser et diriger les opérations de guerre. Le plan – décidé à Washington, Londres et Paris – était d’éliminer Kadhafi qui, dans un procès public, aurait pu révéler des vérités gênantes pour les gouvernements occidentaux. Il n’est donc pas exclu que parmi la foule de miliciens hurlants, derrière le “jeune homme au pistolet en or” à qui on attribue le meurtre de Kadhafi, il y avait bien plus de tueurs experts et professionnels.
Manlio DINUCCI.
Il Manifesto. Edition de samedi 22 octobre 2011  
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


22 octobre 2011

Massacre programmé de la famille Kadhafi :
ils font peur, ils en savent trop


Le 20 octobre, un ministre du Conseil national de transition (CNT) a déclaré que Seïf al-Islam Kadhafi était blessé et hospitalisé. L’attaque de son convoi quittant Syrte avait été confirmée par Mahmoud Djebril, n°2 du CNT, en même temps que la mort du colonel Kadhafi et d’un de ses autres fils, Mouatassim.
Aujourd’hui on sait, vidéo à l’appui, que le Guide libyen et Mouatassim étaient vivants lors de leur arrestation, et qu’ils ont été tués : le premier, blessé, achevé sur place ; le second assassiné sur le lieu de son incarcération.
Tout laisse craindre que Seïf al-islam – et Abdallah al-Senoussi, ancien chef des services secrets qui était, semble-t-il, dans le convoi – vont être, eux aussi, assassinés après un “interrogatoire poussé“. Les nouvelles parvenant de Libye étant contradictoires, il suffira de dire qu’ils sont morts lors de leur capture ou des suites de leurs blessures.
Le CNT et l’OTAN veulent éviter un procès devant la Cour Pénale Internationale (CPI) et les révélations qui seraient faites sur les complicités des chefs d’Etat occidentaux avec la Libye, ainsi que sur les turpitudes des anciens responsables libyens ayant rallié les rebelles. L’OTAN avait déjà rendu service à ces derniers en détruisant, en juin dernier, le siège du bureau anti-corruption à Tripoli qui détenait des dossiers compromettants les concernant.
Le 16 octobre, à Alger, William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a déclaré que le gouvernement algérien “doit coopérer avec les autorités libyennes si celles-ci effectuaient toute demande concernant les personnes qui sont venues dans ce pays“. En langage diplomatique, cela veut dire : livrer les réfugiés politiques libyens au CNT. Est principalement visée : Aïcha Kadhafi, alors qu’à ce jour elle n’est recherchée ni par Interpol ni la CPI. L’Algérie l’a accueillie, ainsi que Mohamed et Hannibal, deux de ses frères, pour des raisons humanitaires. Enceinte, elle avait accouché lors de son passage de la frontière entre les deux pays. L’appel à la résistance qu’elle a lancé, le 23 septembre, sur la chaîne TV Al-Raï, empêche les nouvelles autorités libyennes de dormir et contrarie les plans de l’OTAN.

Gilles MUNIER.

20 octobre 2011

LES MENSONGES OCCIDENTAUX DÉNONCÉS
PAR UN EX-AMBASSADEUR DE France EN LIBYE


Dans le flot des commentaires consensuels évoquant la mort d’un “tyran sanguinaire“, une voix libre, soudain, tranche : celle de l’ancien ambassadeur de France en Libye, Christian Graeff (à Tripoli de 1982 à 1985), interrogé au journal de France culture le 20 octobre 2011.
France Culture : Après une guerre de huit mois, comment qualifiez-vous le rôle des Occidentaux dans la chute du régime Kadhafi ?
Christian Graeff : Mon interrogation ce soir est courte. Quand l’OTAN a-t-elle déjà tué un chef d’État ? Voilà. C’est ma question. Je fouille dans ma mémoire. Je ne trouve pas la réponse. Pour moi, il y a un assassinat politique. Il y a des responsabilités internationales en cause. L’épilogue sera long. Moi, je ne le verrai pas je suis un vieil homme. Mais pour ce dont je puis juger, je suis sûr qu’il y a là matière à œuvre de justice. Parce qu’on a entendu tellement de mensonges. Il y a eu tellement de sophistication dans la médiatisation de la guerre emmenée par l’OTAN en Libye au-delà, bien au-delà – oh combien au-delà ! – de la résolution 1973 des Nations unies, que les questions sortiront. Personne au monde n’est en état de les étouffer, ni en Europe ni aux États-Unis, encore moins en Israël.
Q. : Vous pensez que les États-Unis, la Grande Bretagne et la France ont envoyé des hommes au sol par exemple ?
R. : Ecoutez, sur les détails techniques on en sait beaucoup ; on en sait plus ou moins selon les sources que l’on a. Les miennes de sources, les sources que j’ai, m’autorisent à dire que les interventions armées de l’Alliance, de l’OTAN, ont été considérables. Et les simulacres, n’est-ce pas, la couverture que l’on a cherché misérablement avec le Qatar et d’autres Émirats ou monarchies traditionnelles arabes sont dérisoires. C’est une rigolade. Vous avez peut-être eu connaissance de l’ouvrage qui vient de sortir il y a quelques jours, de Dumas et Vergès, où ils accusent : “Sarkozy sous BHL“(*) Voilà. Il y a là, de façon très polémique j’en conviens, mais autant politique que juridique… tout un argumentaire dont la Cour pénale internationale, peut être un jour, aura à connaître.
Q : Dans le droit fil de ce que vous venez de dire, quelles sont ces questions, incontournables à vos yeux, qu’il va falloir se poser s’agissant du mandat de l’ONU que vous décrivez comme ayant été outrepassé ?
R. : Le mandat… c’est très clair. Tout le monde le sait… On a fait une pirouette, on a cru tromper son monde et puis… on ne dupe pas en démocratie les esprits libres. Les esprits serfs c’est autre chose. Les médias sont au centre du débat. Dans ce débat national, dans ce débat culturel, civilisationnel, qui trompe qui ?

Entretien retranscrit par Sylvia Cattori.

(*) Voir le compte-rendu de ce livre essentiel dans le n° 170 de B. I.

20 octobre 2011

IL FAUT SALIR LA VICTIME POUR JUSTIFIER SON MEURTRE

Jeudi 20 octobre 2011, vers 13 h 30 GMT, le Conseil national de transition libyen a annoncé la mort de Mouammar el-Kadhafi.
Le corps du Guide de la Grande Jamahiriya arabe socialiste n’a pas été conservé dans sa ville natale de Syrte, ni transporté à Tripoli, mais acheminé comme trophée par les Misrata dans la ville éponyme.
La tribu des Misrata, qui a longtemps hésité à choisir son camp et est quasi absente du CNT, aura finalement investi Tripoli après son bombardement par l’OTAN, et aura lynché Mouammar el-Kadhafi après le bombardement de son convoi par l’OTAN. Elle aura même transféré son corps dans sa ville pour marquer son triomphe.
Un flot de commentaires préparés à l’avance a été déversé instantanément par les médias atlantistes visant à diaboliser Mouammar el-Kadhafi et, de la sorte, à faire oublier les conditions barbares de sa mort.
Les principaux dirigeants de la Coalition ont salué la mort de leur ennemi comme marquant la fin de l’opération “Protecteur unifié“. Ce faisant, ils admettent implicitement que celle-ci ne visait pas à mettre en œuvre la Résolution 1973 du Conseil de sécurité, mais à renverser un régime politique et à en tuer le leader, alors même que l’assassinat d’un chef d’État en exercice est interdit en droit états-unien et universellement condamné.
De plus, le lynchage de Mouammar el-Kadhafi montre la volonté de l’OTAN de ne pas le déférer à la Cour pénale internationale qui n’aurait pas été plus en mesure de le condamner pour crime contre l’humanité que le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie ne put prouver la culpabilité de Slobodan Milosevic malgré deux ans de procès.
Dans le torrent de boue déversé par les médias atlantistes pour salir sa mémoire, reviennent en boucle des accusations mensongères, ce qui montre a contrario que ces médias disposent de peu d’éléments authentiques utilisables à charge.
Ainsi revient l’affaire de l’attentat contre la discothèque La Belle à Berlin (5 avril 1986, 3 morts), jadis utilisée comme prétexte par l’administration Reagan pour bombarder son palais et tuer sa fille (14 avril 1986, au moins 50 morts). À l’époque, le procureur allemand Detlev Mehlis (celui qui truquera deux décennies plus tard l’enquête sur l’assassinat de Rafik el-Hariri) s’appuya sur le témoignage de Mushad Eter pour accuser un diplomate libyen et son complice Mohammed Amairi. Cependant, la télévision allemande ZDF découvrira plus tard que Mushad Eter est un faux témoin et un vrai agent de la CIA, tandis que le poseur de bombe Mahammed Aamiri est un agent du Mossad [1].
Ou encore, l’affaire de l’attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts) : les enquêteurs identifièrent le propriétaire de la valise contenant la bombe et son retardateur sur la foi du témoignage d’un commerçant maltais qui avait vendu un pantalon se trouvant également dans la valise piégée. La justice écossaise mit alors en accusation deux agents libyens Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah et le Conseil de sécurité prit des sanctions contre la Libye. En définitive, pour obtenir la levée des sanctions, la Libye accepta d’extrader ses deux agents (le premier fut condamné à la prison à vie, le second fut innocenté) et de payer 2,7 milliards de dollars d’indemnités, tout en persistant à proclamer sa complète innocence. En définitive, en août 2005, un des chefs d’enquête écossais déclara que la pièce à conviction principale, le retardateur, avait été déposé sur les lieux par un agent de la CIA. Puis l’expert qui avait analysé le retardateur pour le tribunal admit l’avoir lui-même fabriqué avant que la CIA ne le dépose sur les lieux. Enfin, le commerçant maltais reconnu avoir été payé 2 millions de dollars pour porter un faux témoignage. Les autorités écossaises décidèrent de réviser le procès, mais l’état de santé d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi ne le permit pas.
L’actuelle campagne de désinformation comprend aussi un volet sur le train de vie décrit comme somptueux du défunt et sur le montant pharaonique de sa fortune cachée. Or, tous ceux qui ont approché Mouammar el-Kadhafi, ou simplement ceux qui ont visité sa maison familiale et sa résidence après leur bombardement peuvent attester qu’il vivait dans un environnement comparable à celui de la bourgeoisie de son pays, bien loin du bling bling de son ministre du Plan, Mahmoud Jibril. De même, aucun des États qui traquent la fortune cachée des Kadhafi depuis des mois n’a été en mesure de la trouver. Toutes les sommes significatives saisies appartenaient à l’État libyen et non à son « Guide ». (…)
Surtout, les médias atlantistes n’évoquent pas l’œuvre principale du Guide : le renversement de la monarchie fantoche imposée par les Anglo-saxons, le renvoi des troupes étrangères, la nationalisation des hydrocarbures, la construction de la Man Made River (les plus importants travaux d’irrigation au monde), la redistribution de la rente pétrolière (il fit d’une des populations les plus pauvres du monde, la plus riche d’Afrique), l’asile généreux aux réfugiés Palestiniens et l’aide sans équivalent au développement du Tiers-monde (l’aide libyenne au développement était plus importante que celle de tous les États du G20 réunis).
La mort de Mouammar el-Kadhafi ne changera rien au plan international. L’événement important était la chute de Tripoli, bombardée et conquise par l’OTAN — certainement le pire crime de guerre de ce siècle —, suivie de l’entrée de la tribu des Misrata pour contrôler la capitale. Dans les semaines précédant la bataille de Tripoli, l’écrasante majorité des Libyens ont participé, vendredi après vendredi, à des manifestations anti-OTAN, anti-CNT et pro-Kadhafi. Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par l’OTAN et ses fantoches du CNT.
La mort du Guide aura par contre un effet traumatique durable sur la société tribale libyenne. En faisant tuer le leader, l’OTAN a détruit l’incarnation du principe d’autorité. Il faudra des années et beaucoup de violences avant qu’un nouveau leader soit reconnu par l’ensemble des tribus, ou que le système tribal soit remplacé par un autre mode d’organisation sociale. En ce sens, la mort de Mouammar el-Kadhafi ouvre une période d’irakisation ou de somalisation de la Libye.

D’après Thierry MEYSSAN, Réseau Voltaire.

 
20 décembre 2010

Le rapport au Conseil de l’Europe de l’enquêteur suisse Dick Marty sur l’horrible trafic d’organes humains dans lequel sont impliqués des dirigeants du pseudo-Etat du Kosovo, et dont le texte intégral figure dans notre rubrique “articles”, a enfin confirmé ce qui a été dénoncé pendant dix ans comme de la “propagande serbe”.


Selon le procureur de l’Union européenne Jonathan Ratel, les organes prélevés sur les victimes étaient greffés sur de riches clients dans la clinique Medicus. Ceux qui payaient jusqu’à 90.000 euros pour des reins au marché noir comprenaient des patients du Canada, d’Allemagne, de Pologne et d’Israël.


La clinique Medicus fait partie d’un réseau albanais de crime organisé, lié à de hauts responsables du gouvernement du Kosovo, dont le Premier ministre Hashim Thaci. Les rapports avec le trafic clandestin d’organes existent depuis plus d’une décennie. Ce trafic comprenait des prélèvements d’organes sur des victimes assassinées.


Les premières informations ont émergé il y a deux ans, lorsque la procureure en chef du Tribunal pénal international de La Haye (TPIY), Carla del Ponte, a déclaré qu’on l’avait empêchée d’enquêter sur les atrocités commises par les Albanais. Le rapport de Marty suggère que l’UCK (l’Armée de libération du Kosovo) a maintenu des prisonniers serbes dans des centres de détention en Albanie plus d’un an après la fin de la guerre.


L’armée de guerrilla du Kosovo a constitué “la base des entreprises de crime organisé” au Kosovo et en Albanie. Un groupe connu sous le nom de “Drenica”, dirigé par Thaci, est devenu la faction dominante de l’UCK, et les hauts responsables de l’UCK membres du groupe occupent des positions importantes dans le “gouvernement” actuel du Kosovo.


Selon Marty, Thaci a été identifié en 1999 comme le plus dangereux des “patrons criminels” par des rapports des services de renseignement. Un ex-responsable médical de l’UCK, Shaip Muja, est un confident intime de Thaci, et est aujourd’hui un conseiller politique du cabinet du Premier ministre, chargé de la santé. “Nous avons découvert, dit le rapport, de nombreuses indications convergentes du rôle central joué par Muja dans les réseaux internationaux de trafics humains, d’interventions chirurgicales illégales et d’autres crimes organisés.”

D’après Julia GORIN.
 
21 novembre 2010 - Appel pour la libération de Tarek Aziz
et de tous les prisonniers politiques en Irak
Nous, signataires, appelons à la libération de Tarek Aziz et de ses compagnons condamnés à mort à l’issue d’un procès illégitime et inéquitable, ainsi que des milliers de prisonniers politiques détenus en Irak sans procès ou sans charge.
Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, ayant déclaré, en septembre 2004, l’attaque contre l’Irak illégale, il s’ensuit que leur arrestation et leur détention sont, elles aussi, illégales.
Les condamnations à mort, fin octobre dernier, de Tarek Aziz, Saadoun Shaker, Abed Hammoud, Sabawi Ibrahim et Abdel Ghani Abdel Ghaffour, sont illégales, cette peine ayant été suspendue par l’Autorité provisoire de la Coalition entre juin 2003 et août 2004, la « Haute cour pénale » irakienne doit appliquer en ce qui les concerne - comme le stipule le droit international - la loi du Code pénal irakien la plus favorable aux accusés. La « Haute cour pénale » doit également prendre en compte la loi irakienne précisant que les individus dont l’âge est supérieur à 70 ans – c’est le cas des derniers condamnés à mort - sont dispensés d’exécution ou graciés après leur condamnation.
En conséquence, nous demandons la libération de Tarek Aziz, de ses compagnons condamnés à mort, et de tous les détenus politiques irakiens.

Envoyer votre nom, prénom, adresse (et éventuellement qualité) à : cldpi@gmx.com

Premiers signataires (20/11/10) : Paul Balta (écrivain, journaliste) - Père Michel Lelong - Sliman Doggui - Yves Vargas - Gilles Munier - Bruno Drweski - Jacques Gaillot (Evêque) - Robert Charvin (professeur de droit international) - Claude Gaucherand – Alain Corvez - Roland Weyl (avocat) - Pierre Lévy (rédacteur en chef de "Bastille-Republique-Nations") - Christiane Suchet (biologiste) - Pôle de renaissance communiste en France - Bernard Cornut - Jean Picollec (éditeur) - Subhi Toma - Patrick Brunot - Alice Bséréni - Arnaud Spire - Jean-Michel Cadiot - Behnam Keryo - Alain Lecoeur - Yannick Sauveur - Ali Merhebi - Guy Poussy - Amaury Couderc - Xavière Jardez - Mohamed Baghdadi - Evelyne Dufresne - René Lacroix - Diégo Gérez - Christophe Leclerc - Gassan Zaiat - Bruno Noël - Ouahhabi Abdallah (réalisateur tv) - Violette Piazza - Tlili Fathi - Ginette Hess Skandrani - Pelatan Michel - Saba Nasir - Jacques Lord de la Ragotière – Jean-Louis Planche – Anissa Benchouk – Abdellatif Ghorbal - Keltoum Staali (enseignante, journaliste, élue municipale à Salon de Provence) - Robert Vial (journaliste, ancien grand reporter) - Denis Griesmar (Ancien Vice-Président Société Française des Traducteurs) - Jean-Luc Pujo (Président des clubs "Penser la France") - Khaled Melhaa - Janine Borel (Comité de lutte contre la barbarie et l'arbitraire) - Bochra Tabiche - Zahraa Nasr (blogs Moqawama et Irakiennes) - Claudio Moffa (Université de Teramo) - Djamal Benmerad (Journaliste, écrivain) - Jean-Louis Faure - Madhoumati Forget (Historienne) - Jean-Marie Benjamin – Majed Nehmé (directeur d’Afrique Asie) - Albert Salon (ancien Ambassadeur) – Claudine Rulleau Balta (Écrivain, journaliste) – Béatrice Decoster Mallet - Jean-Paul Cruse (journaliste indépendant, écrivain) - Ahmed Manai (I.T.R.I) - Nadine Rosa-Rosso (enseignante et auteur, Belgique) - Claude Beaulieu (Paris- président de Comité Valmy)- Henri Fouquereau - Fatna Afid (syndicaliste odt Maroc) - François Dupont (Médecin) - Jacques Thobie (professeur émérite des Universités) - Isabelle Coutant Peyre?(avocat à la Cour) - Jean-François Poirier (écrivain et philosophe) - Karim Farouk Lakjaâ (docteur en droit international, secrétaire général de SUD Ville de Reims) - J-Marie Dalcq  (Belgique) - Manuela  Barnéoud Rousset (travailleuse social retraitée) - Pierre Barnéoud Rousset (enseignant retraité) - Louis Dalmas (directeur de B. I) – Sedraoui Driss (Président de la Ligue marocaine de citoyenneté et les droits d’homme) - Silvia Cattori (journaliste) - Dominique Dubreuil (syndicaliste au ministère du travail - Lyon)  

Pour consulter la liste des signataires : http://0z.fr/Z3nHS
 
LA PARODIE DE JUSTICE DE LA HAYE
Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) refuse d’accorder à Radovan Karadzic le temps de préparation de son procès dont ont bénéficié d’autres accusés non-serbes.
Le procès pour crimes de guerre intenté à l’ex-président bosno-serbe Radovan Karadzic devant le TPIY de La Haye est une honte. Il figurera dans l’Histoire dans la catégorie des procès fabriqués en Union soviétique à l’époque stalinienne.
Le 3 septembre dernier, Karadzic a demandé au tribunal de retarder de dix mois le début de son procès pour pouvoir préparer sa défense. Si l’on avait accédé à sa requête, le procès aurait débuté le 3 juillet 2010.
Le tribunal a refusé et a ordonné que le procès commence le 26 octobre, juste une semaine après que l’accusation a fourni son acte d’inculpation mis à jour.
Karadzic est entré dans la prison du tribunal le 30 juillet 2008. La date du 26 octobre ne lui a laissé que un an et trois mois pour préparer sa défense, ce qui est un délai substantiellement inférieur à celui qui a été accordé à plusieurs importants accusés non-serbes.
Le chef albano-kosovar de l’UCK et ex-Premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj s’est vu accorder deux ans pour préparer sa défense avant le début de son procès. Il a été emprisonné par le tribunal le 9 mars 2005 et son procès a commencé le 5 mars 2007.
Le général croate Ante Gotovina a eu deux ans et trois mois pour se préparer. Emprisonné le 10 décembre 2005, il a fait ses débuts devant la cour le 11 mars 2008.
Le chef d’état-major de l’armée bosno-musulmane Rasim Delic a pu se préparer pendant deux ans et quatre mois. Ila été placé sous la garde du tribunal le 28 février 2005 et son procès s’est ouvert le 9 juillet 2007.
Le fait que soit refusé à Karadzic un délai de préparation équivalent à celui de Delic, Haradinaj ou Gotovina ne peut s’expliquer que par la discrimination anti-serbe du tribunal. D’autant plus que Karadzic n’a même pas demandé un délai aussi long. Sa requête était plus que raisonnable, car si le tribunal lui avait donné suite, il aurait eu trois semaines de moins que Haradinaj, trois mois de moins que Gotovina et quatre mois de moins que Delic. Il aurait même pu demander plus de temps, car il est l’objet de plus de chefs d’inculpation et d’accusations plus graves que les trois autres. Aucun d’entre eux n’a été accusé de génocide.
Cela dit, même dans cette situation, Karadzic a eu plus de chance que l’ex-président serbe Slobodan Milosevic qui n’a eu que sept mois et demi pour préparer sa défense avant que son procès ne commence, une preuve de plus de la partialité du tribunal. Emprisonné le 29 juin 2001, il a vu débuter son procès le 12 février 2002.
Le refus intransigeant du tribunal a obligé Karadzic à avoir recours à une désobéissance civile non-violente. Il a refusé de participer aux sessions tant que sa défense ne serait pas prête.
Au lieu d’accéder à sa demande raisonnable et de lui accorder un temps de préparation semblable à celui dont ont bénéficié les trois personnalités non-serbes, le tribunal a annoncé qu’il dégradait encore plus ses droits en lui imposant un avocat contre sa volonté.
Dans son arrêt du 5 novembre, le tribunal a considéré que Karadzic avait “substantiellement et constamment entravé la poursuite appropriée de son procès en refusant d’assister aux sessions tant qu’il ne se considérerait pas prêt, malgré la décision de cette chambre, soutenue en appel, qu’il avait eu assez de temps pour se préparer.”
L’article 21 des statuts du tribunal accorde à l’accusé la garantie minimum d’un “délai adéquat et des conditions appropriées pour la préparation de sa défense.” Malheureusement, c’est au tribunal de décider ce qui est “approprié”, et sa décision n’est fondée que sur sa propre appréciation. De toute évidence, il considère que d’importants inculpés non-serbes comme Delic, Haradinaj ou Gotovina ont droit à des délais “appropriés” plus longs que d’importants inculpés serbes comme Karadzic ou Milosevic.
En réponse à la prétendue “obstruction” de Karadzic, le première Chambre a annoncé qu’elle ordonnait de désigner un avocat (choisi par le tribunal) “pour représenter les intérêts de l’accusé”. Le tribunal s’est ensuite ajourné jusqu’au 1er mars 2010, de façon à permettre à l’avocat désigné d’office de prendre connaissance “des milliers de pages de documents” et d’être en mesure de “mener correctement les contre-interrogatoires de témoins présentés par l’accusation”. Selon la décision prise à propos de cet énorme travail, le tribunal “considère que la période adéquate de préparation est de trois mois et demi.”
Même avec la date reportée au 1er mars 2010, Karadzic dispose donc de trois mois de moins que Haradinaj, de neuf mois de moins que Gotovina et de dix mois de moins que Delic.
Au cas où Karadzic refuserait de se plier à cette discrimination antiserbe, et s’il persiste dans son refus d’assister aux sessions tant qu’on ne lui accorde pas un temps de préparation semblable à celui dont ont bénéficié les non-Serbes, il est l’objet de la menace suivante que le tribunal a incorporé à sa décision : “Si l’accusé continue à s’absenter lors de la reprise de la procédure en mars, ou s’il se comporte d’une façon quelconque pouvant (dans l’opinion du tribunal) entraver la poursuite appropriée du procès, il perdra son droit de se représenter lui-même et ne pourra plus bénéficier de l’assistance de son équipe de défenseurs ; l’avocat désigné les remplacera en tant que représentant désigné d’office.”
Karadzic demande à la chambre d’appel d’annuler cette désignation d’un avocat. Si les juges refusent, cet avocat désigné d’office doit comprendre qu’il n’exercera pas son métier de juriste dans une zone exterritorialisée, mais sous l’autorité du barreau hollandais qui n’épargnera aucun effort pour le faire rayer s’il essaie de représenter Karadzic contre sa volonté.
Il doit aussi comprendre que tout ce qu’il fera sera scruté de près. Des centaines d’articles traiteront de sa performance durant le procès. Etant donné qu’il n’a que trois mois et demi pour se préparer, il est probable qu’il ne sera pas à la hauteur de la tâche. Toute erreur sera abondamment commentée devant le monde entier. Si son accusé Karadzic est en fin de compte condamné, le compte rendu public des insuffisances du prétendu “avocat de la défense” sera hautement préjudiciable pour sa réputation et sa solvabilité.
Enfin il doit réaliser que personne ne collaborera avec lui. Quand le tribunal a tenté d’imposer à Milosevic un avocat contre sa volonté, les témoins de la défense ont boycotté le procès. Ils ont refusé de témoigner et le procès a été bloqué. Il n’y a aucune raison de croire qu’il en sera différemment avec le procès de Karadzic. L’avocat imposé aura une tâche difficile, il sera sévèrement critiqué s’il n’arrive pas à trouver des témoins de la défense.
Seul un avocat soudoyé par le tribunal pourrait accepter de représenter Karadzic contre son gré. Les conséquences de ce genre de représentation d’un personnage aussi important seraient impossibles à supporter pour un avocat honnête.
Le tribunal de La Haye est une parodie pourrie de justice. Il est manifestement injuste car il fait preuve de discrimination ethnique en ce qui concerne ses inculpés. On refuse à Karadzix son temps de préparation parce qu’il est serbe, alors que Delic, Haradinaj et Gotovina ont eu les leurs perce qu’ils ne le sont pas. Tout doit être tenté pour que ce tribunal soit supprimé, et que ses inculpations et sentences soient annulées.
Andy WILCOXSON.
 
 
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