23 juin 2008
Kosovo Kosovo.
Selon le Financial Times du 23 juin, les représentants serbes élus au cours du scrutin du 11 mai 2008 vont former leur propre parlement à Mitrovica nord le 28 juin. Ce parlement comprendra 43 délégués des municipalités serbes du Kosovo.
Les élections serbes générales et locales du 11 mai ont été tenues dans le régions à population serbe du Kosovo malgré les autorités kosovares et le fait que l’UNMIK les ait qualifiées d’illégales. Toujours d’après le Financial Times, Slobodan Samardzic, le ministre sortant pour le Kosovo-Métochie, a dit : “Cette assemblée (…) unifiera le travail des institutions locales (…) et représentera tous les citoyens de la province qui considèrent que la Serbie est leur Etat.”
Selon le Centre d’information de l’ONU, le Conseil de sécurité s’est réuni le 20 juin à New York pour discuter de la reconfiguration de l’UNMIK après l’entrée en vigueur de la constitution du Kosovo le 15 juin.
Alors que le secrétaire général Ban Ki-Moon a défini cette reconfiguration comme “une solution pratique et mettable en œuvre”, le président serbe Boris Tadic a dit qu’elle “donnait l’impression d’accepter l’injustifiable violation de la résolution 1244.”
Ban Ki-Moon a dit que l’affaire du Kosovo était une des plus complexes de sa carrière et que sa proposition, bien que ne satisfaisant pas entièrement toutes les parties, était l’option la moins contestable.
“En près de quarante années de vie diplomatique, je n’ai pratiquement jamais été confronté à une affaire aussi divisive, délicate et difficile à traiter que celle du Kosovo, a-t-il dit. Je me rends compte que l’ensemble que j’ai mis au point est un effort de trouver un modus vivendi qui aidera le Kosovo à reculer de quelques pas du seuil d’un futur conflit. A beaucoup, il ne semblera pas satisfaisant, parce qu’il n’avalise pas complètement les aspirations des participants. Mais j’en suis venu à penser qu’il est le moins contestable moyen d’avancer.”
Le président Tadic a cependant insisté une fois de plus sur le fait que l’indépendance du Kosovo violait la légalité internationale et ne serait jamais reconnue par la Serbie, qui continuera à rechercher une façon de résoudre le problème. Se référant à la constitution kosovare, il a dit : “Cette usurpation par les autorités de Pristina du mandat que ce Conseil a donné à l’UNMIK est profondément troublante.” Il a aussi déclaré dans sa conclusion que le rapport de Ban Ki-Moon “était l’aveu qu’une minorité influente et décidée pouvait se passer de la légalité internationale.”
Selon Tadic, les clauses du rapport n’ouvrent pas la voie à une “solution de compromis” concernant le statut du Kosovo, ce qui est la raison pour laquelle les Serbes ne peuvent l’accepter. De plus, le seul organisme légalement habilité à décider d’une reconfiguration est le Conseil de sécurité.
La reconfiguration de l’UNMIK est devenue nécessaire après l’entrée en vigueur de la constitution kosovare le 15 juin, marquant le passage du pouvoir de la mission de l’ONU aux autorités officielles du nouvel Etat et à l’Union européenne.
Plusieurs jours avant l’application de la loi fondamentale du Kosovo, Ban Ki-Moon avait annoncé, le 12 juin, que l’ONU projetait de reconfigurer l’UNMIK. Dans une lettre adressée à Tadic et au président kosovar Fatmir Sejdiu, il a dit que l’UNMIK serait ajustée de manière à accroître le rôle de l’UE dans le domaine légal, mais toujours sous le parapluie de l’ONU. La reconfiguration comprend la désignation d’un nouveau représentant spécial de l’ONU au Kosovo, avec l’Italien Lamberto Zannier ayant déjà pris la place de l’ex-représentant Joachim Rücker.
Spasena BARAMOVA.
The Sofia Echo.
 
18 juin 2008
Europe Europe.
INTERVIEW DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE VACLAV KLAUS

Petr Kolar : Que pensez-vous du non irlandais ?

Vaclav Klaus : L’Europe entière devrait remercier le peuple irlandais pour avoir ralenti les processus actuels de plus d’unification, de suppression des Etats-nations, de création d’une “Europe des régions” et d’une plus grande centralisation au sommet, représentés par le Traité de Lisbonne. Le référendum a été un parfait exemple de ce que les gens ordinaires pensent de ce développement – à la différence des politiciens pro-européens, qui ont d’autres motivations. J’ai remercié des Irlandais personnellement.

Q. : Quel effet le non irlandais aura-t-il à votre avis sur l’avenir du Traité de Lisbonne ? Quel sera son impact sur l’Union européenne dans son ensemble ?

R. : Je ne peux pas imaginer d’autre développement que la reconnaissance du fait que ce n’est pas le chemin à suivre. Nous devons rechercher un modèle européen différent de l’Etat supra-national avec son centre à Bruxelles. Revenons à une communauté d’Etats amicaux, coopérant effectivement. Conservons la plupart des compétences au niveau des Etats. Nous devons laisser les gens qui vivent sur le continent européen être des Tchèques, des Polonais, des Italiens, des Danois, et ne pas en faire des Européens. C’est un projet erroné. La différence entre un Tchèque, un Polonais, un Italien et un Danois (ce sont des exemples au hasard) est la même que la différence entre la langue tchèque, polonaise ou danoise et l’esperanto. L’européisme est un esperanto, une langue artificielle, morte.

Q. : Quel sera le résultat du non irlandais pour la République Tchèque ? Devons-nous continuer à préparer la ratification, ou n’est-ce plus nécessaire ? Les Britanniques, par exemple, ont dit qu’ils allaient continuer le processus de ratification en ignorant les résultats en Irlande…

R. : La ratification ne peut pas être continuée, le Traité ne peut plus être appliqué. Continuer comme si rien ne s’était passé serait de la pure hypocrisie. Ce serait une nouvelle information encore plus significative sur “l’état de l’Union” que le non irlandais. La ratification du Traité de Lisbonne par la république Tchèque a pris fin vendredi dernier. Prétendre autre chose est indigne – du moins si on considère que nous vivons dans un monde ou un plus un égale deux. Je ne crois pas que les Britanniques eux-mêmes aient déclaré quoi que ce soit ; c’est le Premier ministre travailliste Gordon Brown qui a fait une déclaration. La démocratie britannique est beaucoup plus complexe.

Q. : Le non irlandais modifie-t-il votre position à l’égard de la possibilité d’organiser un nouveau référendum sur le Traité dans la République Tchèque ? Et si oui, dans quel sens ?

R. : On n’a pas besoin d’organiser un référendum sur le Traité dans notre pays, puisqu’il n’y a rien sur quoi voter. La seule question possible serait : voulez-vous, les Tchèques, que les Irlandais votent de nouveau, et différemment ? Ce n’est pas nous qui sommes concernés aujourd’hui.

Q. : L’UE doit-elle essayer de rédiger un document entièrement nouveau à la suite du non irlandais, au lieu de dépoussiérer ou réviser le Traité actuel ?

R. : Un document n’est pas la dernière étape. Nous avons besoin d’une nouvelle perception du processus de l’intégration européenne. Il faut explicitement rejeter le développement post-maastrichtien en direction d’une union toujours plus étroite. Le document résultant doit être rédigé sur des bases différentes et par des gens différents.
Il ne peut pas être rédigé par un politicien allemand qui pense en termes fédéralistes et qui a été membre du parlement européen les 30 dernières années. Ni par un politicien français pour qui l’“européisation” est un moyen d’accroître la grandeur et l’importance de la France, ou par le représentant d’un pays qui cherche à trouver la solution à quelques-uns de ses traumatismes historiques par le moyen de l’Europe.
Ce dont nous avons besoin, c’est d’une perception désintéressée de la gestion correcte des “biens publics” – dont certains sont au niveau des villes, des régions et des Etats, et d’autres au niveau du continent. Et surtout dont certains ne sont à aucun niveau, parce que le problème n’est pas public mais privé, et doit relever de la décision d’individus libres.

Q. : Quel sera l’effet de la décision irlandaise sur la présidence tchèque en 2009 ?

R. : Nous aurons un peu plus de compétences que nous n’aurions eues si le Traité de Lisbonne avait été appliqué. Le Traité a substantiellement affaibli les Etats et par conséquent la présidence de chacun d’entre eux. Mais ne nous berçons pas d’illusions. Je sais bien que tout le concept de la présidence tournante consiste, dans une certaine mesure, à simplement jouer à la démocratie.
Petr Kolar, Lidové Noviny, 16 juin 2008.
 
18 juin 2008
Europe Europe.
APRÈS LE “NON” IRLANDAIS, LE PLAN B

A coups de menaces systématiques, les politiciens du gouvernement allemand qui s’occupent des affaires européennes essaient d’intimider l’Irlande pour l’obliger à refaire le référendum sur le Traité de Lisbonne. Selon les interviews et analyses qui ont suivi le “non” de vendredi dernier, on suggère d’ajouter quelques insignifiantes concessions au traité pour pouvoir recommencer le vote, éventuellement liées à la possibilité pour l’Irlande de rester dans l’UE. Pour permettre au gouvernement irlandais d’imposer un second référendum, des plans sont concoctés pour appliquer le traité – même sans l’Irlande, ce qui isolerait ce pays. La création d’un “noyau européen” franco-allemand demeure une alternative. Etant donné, selon Berlin, que l’application de ces plans mettrait un terme à toute légitimité démocratique de l’UE, ils devraient, dans un premier temps, ne servir que de menaces, tout en étant, si l’Irlande refuse d’être intimidée, l’introduction à l’application d’une politique concrète. La condition préalable, requise par le gouvernement allemand, étant que tous les autres Etats membres de l’UE ratifient le traité.

Continuer la ratification

Quelques heures après le “non” irlandais, les responsables allemands de la politique européenne esquissaient la position de Berlin dans des interviews et des analyses. Selon leurs déclarations, l’Allemagne n’est prête en aucun cas à accepter le résultat du référendum. Selon la Fondation Bertelsmann, le Traité de Nice suffirait à “continuer à faire fonctionner la machinerie de Bruxelles” (1). Des projets ambitieux, comme l’installation d’un ministre des Affaires étrangères européen avec un service incorporé de politique étrangère, ou la définition d’une politique militaire de l’UE, pourraient être réalisés étape par étape. Le gouvernement allemand n’est pas prêt à accepter une nouvelle perte de temps et insiste sur une application inchangée du Traité de Lisbonne. Dans une déclaration commune, la chancelière allemande et le président français ont dit : “Nous entendons que les autres pays membres de l'UE continuent leurs processus nationaux de ratification”. (2) Cette déclaration, sur un ton de commandement, a été rendue publique vendredi dernier. En même temps, le ministre des Affaires étrangères allemand a confirmé qu’il était “déterminé” à voir appliquer le Traité de Lisbonne. (3)

La légitimité disparue

La question reste cependant : comment vont-ils s’y prendre avec la ratification ratée en Irlande. Grâce à des fabrications juridiques compliquées, il serait possible d’ignorer le véto irlandais, du moins pour un certain temps. (4) Cette idée de Frank-Walter Steinmeier doit être discutée aujourd’hui à la réunion des ministres des AE. Mais les experts excluent une application à long terme du Traité sans l’aval de l’Irlande. L’option pourrait être “intéressante en termes politiques, écrit la Fondation Bertelsmann, mais à la lumière de la légalité européenne et internationale, elle est tout simplement impossible”. (5) “De plus, poursuit la Fondation, elle renforcerait l’image de l’EU comme une entité qui fait ce qu’elle veut sans se référer à l’électorat. Toute la légitimité démocratique de l’UE disparaîtrait.”

Les preneurs d’otages politiques

Le scénario d’expulsion (de l’Irlande) “ sera souvent proposé dans les semaines à venir, dit la Fondation, sous la forme de menaces.” (6) En même temps, les politiciens allemands interprètent le “non” irlandais d’une façon qui justifierait la répétition du référendum. Le membre CDU du parlement européen, Elmar Brok, affirme que “les Irlandais ne sont pas contre l’application par l’UE du Traité de Lisbonne. (7) Ils ont voté contre plus d’avortements et des impôts accrus, bien que rien de cela ne figure dans le Traité”. D’après Brok, le “camp du non a s’est servi de mensonges et de chantages. On ne peut pas laisser un continent entier être bloqué par ce genre de campagne. (8) La presse allemande a même traité les opposants au Traité de “preneurs d’otages politiques”. (9) Brok considère qu’il faudra “organiser un nouveau référendum en Irlande au début de 209, au plus tard.” (10)

Les vaches sacrées

La répétition du référendum est aussi envisagée par les conseillers politiques allemands. Le Traité de Lisbonne pourrait être “arrangé par le rajout d’une déclaration spéciale pour l’Irlande” (11), selon Bertelsmann. Ce rajout comporterait une déclaration réitérant la position de l’EU concernant les trois “vaches sacrées” de l’Irlande : la neutralité militaire, l’avortement et les impôts sur les sociétés. Ce genre de “déclaration” permettrait au gouvernement de Dublin d’organiser un nouveau référendum, comme lors du vote du Traité de Nice, qui avait fini par être ratifié avec des amendements après un second référendum en 2002. Mais en ce qui concerne le contenu, elle serait sans aucune valeur. Cela est démontré par l’exemple de la neutralité : bien qu’elle soit formellement garantie, elle a depuis longtemps été abandonnée sous la pression de Bruxelles. (12) Devant l’entêtement irlandais, un autre version de référendum est proposée par le Centre de recherche de politique appliquée de Munich (CAP) : on poserait aux Irlandais “la question fondamentale de leur appartenance à l’UE” en les menaçant directement d’expulsion s’ils continuent leur résistance. (13)

Le noyau européen

La revendication allemande d’intégrer plus étroitement certains Etats membres de l’UE, en excluant d’autres, est aussi une des menaces. Gunther Kirchbaum (CDU), président du comité du Bundestag pour les Affaires de l’Union européenne, demande de “plus réfléchir à un noyau européen (…) dans lequel les Etats recherchant une intégration plus étroite coopéreraient de façon plus intense”. (14) Ce ne serait cependant qu’un second choix pour l’Allemagne qui aurait moins de poids dans ce noyau que dans l’Europe du Traité de Lisbonne. Cela dit, depuis le milieu des années 90, l’Allemagne a régulièrement réussi à imposer ses plans d’élargissement et de structuration de l’UE an agitant la menace du “noyau européen”. Selon german-foreign-policy.com, cela a été le cas au printemps de 2007 quand l’Allemagne a obligé les autres Etats membres à accepter son travail préliminaire sur le Traité de Lisbonne. (15)

Divergences

Il y a aussi des partisans de la prudence dans les Think Tanks de la politique étrangère allemande. Le CAP, par exemple, souligne que le “non” irlandais s’est exprimé contre un front commun de l’élite politique : un seul parti du parlement a fait campagne contre le Traité. Tous les autres partis pro-Lisbonne étaient soutenus par les “faiseurs d’opinion des affaires, des médias et de la société”, y compris l’influente association des fermiers et l’Eglise catholique. (16) Comme le montrent les analyses post-référendaires, le “oui” avait une claire majorité dans les environs de Dublin habités par l’élite politique, alors que le “non” s’exprimait clairement dans les zones urbaines peu privilégiées et les régions rurales. Le fossé évident entre les nantis de la classe supérieure pro-UE et le restant de la population est particulièrement surprenant, étant donné que les agriculteurs irlandais ont bénéficié financièrement de l’UE. Avec la croissante divergence d’intérêts entre les élites UE et les classes moyennes et inférieures, il apparaît de toute évidence que le soutien financier de Bruxelles ne représente plus un lien d’unification suffisant.

Un défi fondamental

Le CAP confirme “le fossé entre les politiciens responsables (…) et le scepticisme et rejet partiel de la population.” (17) Le Think Tank rappelle “des tendances similaires qui ont pu être observées en 2005 lors des référendums en France et aux Pays-Bas sur la constitution européenne. Près de deux tiers des citoyens de l’UE considèrent que leurs voix ne comptent pas dans l’UE.” Et ce désengagement ne se produit pas seulement “dans les pays connus pour leur euro-scepticisme comme la Grande-Bretagne et la République Tchèque (…) mais dans des pays traditionnellement favorables à l’Europe. Le CAP avertit de ne pas ignorer le fossé qui se creuse dans la population européenne : “C’est un défi fondamental pour lUE.”

http://www.german-foreign-policy.com/en/fulltext/56164
 
[1] Dominik Hierlemann: Was nun, Europa? Vier Optionen nach dem irischen "Nein"; Bertelsmann-Stiftung spotlight europe - spezial Nr. 2008/06, Juni 2008
[2] Gemeinsame Presseerklärung von Bundeskanzlerin Angela Merkel und dem französischen Staatspräsidenten Nicolas Sarkozy zum Ausgang des irischen Referendums über den Vertrag von Lissabon vom 12. Juni 2008
[3] Bundesminister Steinmeier bedauert Abstimmungsergebnis in Irland; Pressemitteilung des Auswärtigen Amts 13.06.2008
[4] Steinmeier schlägt EU-Pause für Irland vor; Financial Times Deutschland 14.06.2008
[5], [6] Dominik Hierlemann: Was nun, Europa? Vier Optionen nach dem irischen "Nein"; Bertelsmann-Stiftung spotlight europe - spezial Nr. 2008/06, Juni 2008
[7] "Nerven bewahren!"; Zeit online 13.06.2008
[8] "Ein Klein-Europa können wir uns nicht leisten"; Frankfurter Rundschau 14.06.2008
[9] Stunde der Geiselnehmer; Frankfurter Allgemeine Zeitung 14.06.2008
[10] "Ein Klein-Europa können wir uns nicht leisten"; Frankfurter Rundschau 14.06.2008
[11] Dominik Hierlemann: Was nun, Europa? Vier Optionen nach dem irischen "Nein"; Bertelsmann-Stiftung spotlight europe - spezial Nr. 2008/06, Juni 2008
[12] Voir aussi The End of Neutrality, Das Ende der Neutralität (II) and Irish Neutrality
[13] Sarah Seeger: Und jetzt? Ursachen und Konsequenzen des irischen Neins zum Vertrag von Lissabon; www.cap-lmu.de 14.06.2008
[14] "Kerneuropa wird ein Thema"; Kölner Stadt-Anzeiger 13.06.2008
[15] Voir aussi Success Story, Unter der Führung des Reiches, Nicht hinnehmbar, Kriegsverlierer and A Question of Peace or War in Europe
[16], [17] Sarah Seeger: Und jetzt? Ursachen und Konsequenzen des irischen Neins zum Vertrag von Lissabon; www.cap-lmu.de 14.06.2008
 
14 juin 2008
LA VICTOIRE DES NATIONS
La très nette victoire du non en Irlande confirme ce qu'annonce de toutes parts le XXIe siècle : le grand retour des nations. Elle s'ajoute au non que la France a opposé voici trois ans à la supranationalité européenne, suivie par la Hollande. Elle s'ajoute aussi à tout ce que nous savions, notamment grâce à une multitude de sondages convergents, de la résistance des peuples à la supranationalité de Lisbonne, au nom de ce qu’ils ont de plus précieux, le droit de disposer d'eux-mêmes, de se gouverner selon leurs principes et leurs intérêts propres, en d'autres termes leur souveraineté. Dans la très grande majorité des pays qui n'ont pas eu droit au référendum, ni pour le traité Giscard, ni pour son pauvre succédané de Lisbonne, les sondages indiquent un net refus du modèle supranational, supérieur à 60 % en Grande Bretagne, en Autriche, en République Tchèque, en Hongrie, en Slovaquie, au Danemark, en Suède, en Pologne, en Grèce, et dans une moindre mesure au Portugal et en Italie : désaveu cinglant pour les parlements, qui ont ou auraient tous ratifié sans trembler (y compris en Irlande) – désaveu aussi pour une certaine forme de démocratie parlementaire, si malade aujourd’hui. Ajoutons qu’il est plus que probable que le président tchèque Vaclav Klaus refuse de signer la ratification au nom de la République tchèque, ce qui fait deux défauts de ratification au moins ; quant à Gordon Brown, gageons qu’il va hésiter longtemps encore avant de conduire à son terme la procédure de ratification en Grande-Bretagne.

En somme, les oligarques de Bruxelles sont refusés par l'Europe dont ils portent si indûment le nom. C'est la méthode Monnet qu’abattent aujourd’hui, avec la France et la Hollande, ce fier peuple Irlandais dont il faut saluer le courage (on se souviendra longtemps de l’incroyable menace de Bernard Kouchner, si obsédé à abattre toute trace de nation en Europe : “Si les Irlandais votent non, ils en seront les principales victimes” (sic !). On sait que la fameuse méthode consistait à s'en remettre au couple infernal que forment la Commission de Bruxelles et la Cour de Luxembourg pour construire par petites touches subreptices, à l'insu des peuples et contre eux, un Etat supranational chapeauté par Washington. Elle est morte. Son échec était d'ailleurs prévisible puisqu’elle revenait à créer l'Europe contre les règles élémentaires de la démocratie, dans le temps où l'on affirmait que ladite démocratie était son fondement même, l'ultima ratio de notre modèle politique. Cette contradiction, si caractéristique de toutes les idéologies démentes, pouvait d'autant moins tenir que l'Europe de Bruxelles niait dans le même temps l'ensemble du substrat culturel et civilisationnel de nos nations, leurs racines chrétiennes et leurs sources, Jérusalem, Athènes et Rome. Bruxelles échafaudait un Etat immense au-dessus du vide, et ne pouvait que s'écrouler.

Quatre conséquences

La première conséquence du vote irlandais est juridique. Comme le rappelle Hubert Védrine aujourd'hui même, tous les points de la présidence française (qu'ils soient justifiés ou non, là n'est pas la question) peuvent entrer en application sur le fondement du traité de Nice -évidence, d'ailleurs, puisque les dispositions de Lisbonne ne se seraient entrées en application qu'en 2009. Toute tentative de faire autrement que de rester dans le cadre de Nice ne serait qu'une forfaiture supplémentaire, tant il est vrai que tout traité doit être ratifié par chacun de ses signataires ou devient nul. Lisbonne est mort, Nice s'applique. Hélas, pour nos grandioses bâtisseurs, il fixait la répartition des voix au Conseil et des sièges au Parlement, en sorte qu'il sera lui aussi caduc dès qu'interviendra une nouvelle adhésion: ce n'est donc pas simplement Lisbonne et Nice qu'il faut remplacer mais tous les traités : en d'autres termes, édifier un nouveau traité fondateur pour une autre Europe.

La deuxième conséquence est toute entière politique. L'heure est venue de concevoir une autre Europe, respectueuse des nations et d'organiser leur collaboration sur des nouvelles bases : lesquelles ? Comme nous l'avons demandé plusieurs fois ( c'est notre plan B que les médias refusent de prendre en compte) il faut supprimer la Commission Européenne et la Cour de Luxembourg, et placer le Conseil Européen et le Parlement de Strasbourg (à réunir, à terme, avec le Conseil de l'Europe), au service d'un ensemble de coopérations entre Etats, en privilégiant cinq domaines d’action: une politique coordonnée de la recherche, une politique industrielle, une politique commerciale (en réhabilitant notamment, en tout domaine, la préférence communautaire), assorties d'un pacte de défense véritablement européen (c'est à dire délivré de l'OTAN), ainsi qu’une surveillance accrue des frontières, renforçant des contrôles nationaux si mal assurés aujourd'hui. Cette autre Europe est possible : la France doit la proposer aux peuples, qui d'ailleurs n'en veulent aucune autre.

La troisième conséquence fut annoncée par un communiqué commun signé dès le 10 juin par mon ami Patrick Louis pour le MPF et moi-même pour le RIF : dès le 1er juillet, nous réunirons au sein du groupe Indépendance et Démocratie un Comité permanent de surveillance de la présidence française. Pas à pas, pendant six mois, nous “marquerons” ainsi la présidence française pour nous assurer qu'aucune de ses initiatives ne s'inscrit dans le cadre du traité de Lisbonne, puisque, désormais, son application est non seulement illégitime, mais illégale.

La quatrième conséquence est électorale : aujourd'hui, à un an exactement du vote, s'ouvre la campagne pour les Européennes. Le vote irlandais s'ajoute aux nombreux éléments qui annoncent une belle victoire des partisans de la souveraineté nationale et populaire. Les récents débats parlementaires ont d'ailleurs prouvé (par exemple sur les OGM ou le label Bio) que les cadres fixés sur tout sujet par Bruxelles et Luxembourg, sont si contraignants que ce qui ne s’appelle plus le pouvoir que par dérision n’a plus grande marge – au point que les parlementaires eux-mêmes et jusqu'à bon nombre de députés UMP découvrent les conséquences de traités qu'ils ont ratifiés en catimini, et dans leur propre brouillard. L'objectif est évidemment de réitérer le “coup de 1999” et de faire en sorte que nos listes devancent partout celles de l'UMP.

L'état-major UMP est aux abois. Pour éviter la probable bérézina de juin 2009, il dispose de deux parades terribles : la première est la diminution du nombre des sièges français (il passera de 78 à 73) qui rendra l'élection plus difficile puisque la barre est mécaniquement relevée – il faudra obtenir de 8 à 10 % des voix selon les régions. Il n'est d'ailleurs pas exclu que nos négociateurs aient d'autant moins défendu les sièges français (à la différence de l'Allemagne qui, bien qu'elle ait déjà un nombre de sièges proportionnellement supérieur à sa population, soit 99, n'en perdra que 2, soit beaucoup moins que la France !) qu'ils entrevoyaient ainsi l'occasion de se débarrasser de nous. La seconde ruse consiste à susciter des divisions en notre sein, et spécialement des candidatures contre nos députés sortants: une manœuvre du même genre, en 2004, a coûté 3 % à notre liste. Le but évidemment n'est pas d'obtenir des élus, mais de barrer les sortants, et nous empêcher d'obtenir les 12 ou 15 sièges désormais à portée de nous.

Je mets solennellement en garde tous les Français attachés à la souveraineté nationale et populaire, aux valeurs de la République et à l'indépendance de la France, contre ces manœuvres de diversion, et plus largement contre l'esprit de désunion qui nous a déjà tant rongé déjà, mais qui ne nous empêchera pas de vaincre. Le rassemblement de toutes nos forces est plus que jamais nécessaire pour assurer ce dont la victoire des peuples contre leurs oligarchies, le 29 mai 2005 en France et aujourd'hui en Irlande, porte la promesse : la sauvegarde des patries, au premier rang desquelles la France et sa civilisation.
Paul-Marie Coûteaux
Président du RIF, député français au parlement européen.
 
1er juin 2008
Macédoine Macédoine.
De graves incidents armés ont eu lieu dimanche dans l'ouest du pays, dans la région de Tetovo, entre partisans des deux principaux partis politiques albanais. Dans le village de Aracinovo, il y a eu 1 mort et 8 blessés, et d'autres incidents ont eu lieu dans plusieurs villages de la région. Le président Branko Crvenkovski a vivement regretté cette tension et appelé au calme. La police a renforcé les mesures de sécurité.
Les élections sont considérées comme très importantes car il s'agit de désigner ceux qui vont diriger le pays après que l'actuelle coalition, en avril dernier, s'est trouvée confrontée au blocage du parlement. Le favori, selon tous les sondages, est la coalition “Pour une meilleure Macédoine” menée par le VMRO-DPMNE de Nikola Grujevski, dont le principal rival est la coalition “Le soleil pour l'Europe” menée par le SDS. Mais parmi les partis albanais, la lutte est rude entre le DUI et le DPA.1,7 millions de Macédoniens sont appelés à voter pour élire 120 députés sur 1.520 candidats.
B 92 a interrogé Dusan Janjic, du Forum démocratique, qui prend ces incidents très au sérieux. Ils étaient prévisibles, dit-il, car la campagne électorale dans cette région a été violente avec déjà des incidents entre membres du parti de Alija Ahmeti, le DUI, et celui de Menduh Taçi, le DPA.

Kosovo Kosovo.
Le Libéria est le 42e pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo, annonce l'agence Fonet, se référant à la presse de Pristina, qui elle-même cite la presse libérienne. Le président tchèque Vaclav Klaus, lors d'une visite aux Etats Unis la semaine dernière, a vivement critiqué la reconnaissance par son pays de cette indépendance. Selon les médias de Prague, il a déclaré que la Tchécoslovaquie se serait battue si l'UE s'était mêlée de la séparation de son pays. “Si, à cette époque, étaient arrivés les commissaires européens ou américains pour nous conseiller sur le partage du pays, il y aurait eu la guerre”, a-t-il déclaré au Washington Post.
Dans une interview au journal Zeri, le représentant de l'UE à Pristina, Peter Feith, a exprimé sa satisfaction à propos de l'indépendance du Kosovo, processus qui, selon lui, “ne peut revenir en arrière”. Il espère qu'après le 15 juin, date de la “constitution” du nouvel Etat, “un grand nombre de pays” vont aussi la reconnaître. La Serbie, a-t-il ajouté, “n'a pas de droit de veto” et la constitution sera une base suffisante pour “justifier la présence” de la mission européenne EULEX au Kosovo.
Selon Politika, les Etats de l'UE qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo ne demanderont pas à la Serbie d'avoir des relations diplomatiques avec Pristina, affirment des sources diplomatiques à Bruxelles, mais il est attendu de Belgrade “qu'on collabore avec le Kosovo”. Pour aplanir les désaccords entre ses membres qui ont reconnu le Kosovo et ceux qui refusent cette reconnaissance comme l'Espagne, la Slovaquie ou la Roumanie, Bruxelles a imaginé, comme moyen de pression sur la Serbie, cette obligation de “relations de bon voisinage” qui serait de facto la reconnaissance de la sécession d'une partie de son territoire. C'est ce qu'a expliqué cette semaine à Belgrade Ursula Plasnik, la ministre autrichienne des A. E. “Les relations bon voisinage, a-t-elle déclaré, sont un des principes de base de l'UE. C'est comme l'art, vous devez assembler plusieurs aspects différents, ce qui est la base d'une vie en commun dans notre contexte européen. La Serbie devra s'en tenir aux standards européens, ce qui veut dire de bonnes relations avec ses voisins et tous les autres.”

Croatie Croatie.
Les Serbes de Croatie ont tenu samedi leur plus grande assemblée depuis l'indépendance de ce pays. 1.680 représentants du Comité populaire serbe, élus dans tout le pays, étaient présents, cette organisation étant devenue la plus importante organisation serbe en Croatie. Le président croate Stjepan Mesic était présent en compagnie de Milorad Dodik, le premier ministre de la RS, de Bojan Pajtic représentant le président serbe Boris Tadic, du ministre croate des A.E Gordan Jandrokovic, du représentant de l'Eglise orthodoxe serbe, Mgr Lavrentije, ainsi que des diplomates de plusieurs pays et de nombre d'organisations serbes, dont celles du Kosovo. Cette réunion commémorait le 160e anniversaire de l'Assemblée de mai à Sremski Karlovac, au cours de laquelle les Serbes, sous la direction du métropolite Josif Jajacic devenu patriarche, ont proclamé serbe la Voivodine en 1848 et pris plusieurs décisions importantes pour les Serbes sur le territoire de l'empire austro-hongrois.
Le président du SNB Milorad Pupovac a déclaré que cette nouvelle organisation avait l'intention de créer des institutions qui permettraient à la communauté serbe en Croatie “d'ouvrir des portes là où elles sont fermées”. Milorad Dodik a fait un discours assez vif dans lequel, parlant de la BiH, il a reconnu que les Serbes y étaient à l'étroit, mais qu'ils respectaient les accords de Dayton. Selon la télévision croate, le gouvernement croate a vivement regretté que le président Tadic ne soit pas venu “présenter aux Croates des excuses à propos des déclarations de Vuk Jeremic sur le nettoyage ethnique croate des Serbes.
Pendant que se tenait cette assemblée avait lieu sur la place principale de Zagreb, sous une pluie battante, le grand concert de Marko Perkovic Thompson devant 100.000 personnes, en général des jeunes. Son concert était organisé par les organisations de vétérans et avec l'aide du maire Milan Bandic (SDP). Thompson , qui est interdit dans la majorité des villes européennes, est connu pour ses chansons oustachies et fascistes. Son public, qui portait des symboles oustachis hurlaient “tue, tue les Serbes”. L'opinion publique croate est divisée quant à Thompson, certains le défendant ouvertement. Le président Stjepan Mesic s'est déclaré “déçu par la jeunesse car il y a trop de symboles dans ces concerts qui font du tort à l'image de la Croatie.”
 
31 mai 2008
Une interview intéressante dans Politika
“Le Comité international de la Croix Rouge a entendu parler d'enlèvements de Serbes, transférés illégalement en Albanie, mais nous ne savions pas que l'on avait prélevé leurs organes. Nous ne sommes pas surpris par ces affirmations, car les membres des familles des disparus croient parfois que ces derniers sont gardés en vie dans un pays des Balkans. Nous avons pris contact avec les autorités de Tirana, mais elles ne nous ont rien confirmé concernant ces accusations” affirme François Stam, chef exécutif du CICR pour l'Amérique du nord et l'Europe de l'ouest, du centre et du sud. Jusqu'au début de cette année, il présidait le Comité pour les disparus du Kosovo et a passé 14 ans à s'occuper des Balkans, soit sur le terrain, soit en dirigeant les opérations du CICR au siége à Genève. Il a été chef de mission du CICR à Pristina et à Podgorica, de 1994 à 1996, et chef de délégation à Skoplje, lors des incidents armés en Macédoine de 2001. Il est venu en tournée d'adieu à Belgrade en mai car il part comme chef de délégation à New Delhi.
A Politika, Stam a déclaré : “Les conflits dans cette région ont un caractère ethnique. Nous avons pu former des équipes avec des représentants des différentes nationalités. Pour nous cela a été un grand défi que nous avons relevé avec succès. Nos équipes ont bien travaillé dans des moments extrêmement difficiles et je suis très fier du résultat.”

Quels sont les chiffres concernant les disparus au Kosovo ?
Les chiffres officiels parlent de 2.000 personnes disparues lors du conflit au Kosovo. Juste après la fin de celui-ci, nous avions le chiffre de 6.000 disparus, mais avec l'aide de plusieurs organisations humanitaires, nous sommes arrivés au chiffre de 2.000. Si nous ajoutons ce chiffre de 2.000 à celui des disparus lors des conflits en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, nous arrivons au chiffre de 17.000 personnes qui sont toujours portées disparues lors des conflits dans l'ex Yougoslavie.

Pensez vous que leur destin sera élucidé ?
Il est très difficile d'aborder ce thème avec les familles des disparus, mais il est évident que le pourcentage des cas réglés dans les divers conflits dans les Balkans n'est pas mauvais. Nous avons réglé la moitié de ces cas déclarés dès la fin des conflits et dans le contexte historique, ce n'est pas un mauvais résultat. Nous avons toujours un grave problème en BiH et au Kosovo pour retrouver ces disparus, et il est clair que nous devons découvrir de nouvelles tombes, car nous partons du principe que la majorité de ces disparus sont morts. Et quand nous trouvons ces tombes, nous devons avoir des informations sur ce qui est arrivé à ces personnes. C'est là le plus grand problème.

Etant donne le grand nombre de disparus, croyez vous à la possibilité d'une réconciliation entre nationalités ?
Retrouver les personnes disparues est le travail des organisations humanitaires, mais je n'hésite jamais à ajouter que les politiciens doivent se joindre au processus de réconciliation. En BiH, 13.000 personnes sont toujours portées disparues et il est très difficile à leur famille d'oublier et de pardonner. Dans ce pays, il y a des familles nombreuses dont les membres sont affectivement très liés, ce qui fait que pour chaque disparu, au moins vingt personnes souffrent. Il leur est très difficile de se réconcilier avec le voisin, c'est pourquoi la découverte des disparus est un élément très important de cette réconciliation future. Je ne dis pas que celle-ci n'aura pas lieu si la destinée de ces disparus n'est pas connue, mais il faudra sûrement beaucoup plus de temps.

Vous avez été chef de délégation du CICR lors des incidents armés en Macédoine en 2001, pensez vous que ce pays pourrait être le prochain terrain de conflit dans la région ?
Je ne le pense pas. Il est exact qu'il y a eu des tensions politiques en 2001 et elles menaçaient de s'étendre, mais finalement tout s'est bien terminé. J'étais inquiet à la suite d'incidents armés avant les élections de dimanche, mais je doute que la Macédoine aille vers un important conflit. Le grand problème de ce pays est l'économie. C'est un pays sous-développé avec deux millions d'habitants, des gens qui n'intéressent pas les investisseurs étrangers. Mais aussi, ayant passé quatre ans en Macédoine, je peux vous dire qu'entre Macédoniens et Albanais, il y a très peu de contacts, en commençant par le jardin d'enfants, et c'est très mauvais pour l'avenir du pays. Je pense que la communauté internationale doit suivre de près ce qui se passe dans des pays comme la Macédoine.

Ayant une riche expérience internationale, quelle région du monde pourriez vous comparer aux Balkans, et quelle est la spécificité des conflits ethniques dans cette région ? Etes vous optimiste, quant à l'avenir des Balkans ?
Je pense qu'on ne peut comparer aucune région du monde aux Balkans.Tant que j'étais au Kosovo, de nombreuses personnes me demandaient, étant suisse, si le modèle suisse pouvait s'appliquer au Kosovo, mais je pense que ce modèle ne peut fonctionner qu'en Suisse. Les Balkans doivent trouver leur propre modèle de fonctionnement. Il y a eu trop de violence dans cette région et je pense que celle ci est liée à une spécificité historique des Balkans, comme aux buts nationalistes des leaders politiques. Mais je suis quand même optimiste quant à l'avenir des Balkans et je pense que leur intégration européenne aboutira à un certain rétablissement de leur économie et que les générations qui viennent auront un meilleur avenir.
 
30 mai 2008
Serbie Serbie.
Vive agitation à Belgrade où le maire actuel Zoran Alimpic a fixé au 14 juillet la réunion constitutive de la nouvelle municipalité, bien qu'Aleksandar Vucic affirme que la coalition des partisans de Kostunica, des radicaux et des socialistes a une majorité suffisante et exige que cette réunion ait lieu avant le 6 juin prochain. Le ton monte et Vojislav Kostunica a déclaré craindre une grave crise.

Kosovo Kosovo.
Les assemblées municipales serbes devaient être mises en place ce vendredi, mais leur installation est reportée. Marko Jaksic du DSS a minimisé ce retard. Par contre Oliver Icvanovic craint de gros problèmes pour les Serbes au sud de l'Ibar, car ils sont dans des enclaves et l'UNMIK ne reconnaît pas ces élections et leurs résultats.
Le journal britannique Economist écrit que l' Union européenne est dans une impasse car la Serbie a obtenu beaucoup plus qu'il était prévu au Kosovo et surtout a “sauvé la face”.
Au Parlement européen, malgré la protestation serbe, le drapeau du Kosovo est toujours en place pour la conférence “Première réunion parlementaire du Parlement européen et du parlement du Kosovo”, présidée par l'allemande Doris Pak. Le représentant spécial du Parlement européen pour la Serbie, le Slovène Jeljko Kacin, a déclaré : “C'est un pas de plus vers une intégration complète de la reconnaissance internationale du Kosovo. Celui-ci a sa place dans l'UE, et je m'oppose à ce que n'importe quel Etat, y compris la Serbie, ait le droit de bloquer sa voie vers l'UE.” Doris Pak a dit à Tanjug : “Nous avons décidé d'accepter le plan Ahtisaari. Ce qui se passe maintenant en est seulement la suite et nous utilisons ce drapeau comme celui du nouvel Etat.”

Croatie Croatie.
Un tribunal de Zagreb a condamné le général croate Mirko Norac à sept ans de prison, pour crimes contre des civils et des prisonniers dans la poche de Medac, en Croatie en 1993. Le général Rahim Hademi (albanais), qui était son co-accusé, a été acquitté. C'est la première fois qu'un tribunal local se saisissait d'un dossier transmis par le TPIY. Le procès a duré un an. Les deux accusés ont été jugés dans le cadre de la chaîne de commandement. Ils étaient accusés de n'avoir rien fait pour empêcher les meurtres et tortures de prisonniers de la JNA (7 morts) et de civils serbes (23 morts). Mais le tribunal n'a pu trouver contre Hademi de preuves suffisantes, estimant qu'il n'avait pas eu le pouvoir d'empêcher les brutalités. En effet, dans son secteur se trouvait le général Domazet, adjoint du général Janko Bobetko, le général en chef de l'armée croate. Hademi s'est déclaré satisfait (pendant le procès les deux accusés n'ont fait que s'accuser mutuellement ). Les avocats de Norac vont faire appel.
Ce procès s'est déroulé au moment d'une nouvelle friction entre Belgrade et Zagreb à propos de l'interprétation de la notion de “nettoyage ethnique”, à la suite de l'accusation du ministre serbe des A. E. Vuk Jeremic concernant la façon dont un quart de million de Serbes ont été chassés de Croatie en 1995. Cette accusation touche le point faible de la Croatie car alors qu'elle accuse, devant la Cour Internationale de Justice de la Haye, la Serbie d'avoir fait un nettoyage ethnique semblable à un génocide de citoyens croates, trois de ses généraux (Gotovina, Cermak et Markac) sont poursuivis devant le TPIY de la Haye pour les mêmes crimes contre la population serbe de Croatie.
Le président Stjepan Mesic, le premier ministre Ivo Sanader, ainsi que les chefs des partis politiques comme Zoran Milanovic (SDP) ou Mario Zubovic (HDZ) président de la commission des A.E du Sabor, ont vivement réagi. Sanader a déclaré : “La vérité est que la Croatie a été attaquée et que la politique de Milosevic d'agression grand-serbe contre les Etats voisins et la Croatie, a été un échec. La Croatie a seulement fait ce que tout autre Etat aurait fait dans une guerre de légitime défense de son propre territoire.”
En Croatie, ce thème de “nettoyage ethnique” des Serbes est tabou et seuls quelques intellectuels commencent à en parler avec la plus grande prudence. Le “nettoyage ethnique” des Croates est présenté comme un génocide, alors que celui des Serbes n'est reconnu ni par la justice ni par les politiciens.
D'ailleurs, la manière de pratiquer la justice en Croatie lui créée beaucoup de problèmes dans le processus de rapprochement avec l'UE : alors que de nombreux Serbes sont accusés et condamnés pour leur participation au “nettoyage” de Croates, il n'y a pas une seule accusation et encore moins de condamnation de Croates pour avoir fait la même chose aux Serbes de Croatie, bien que l'opinion publique connaisse un grand nombre de cas.

Pays-Bas Pays-Bas.
Au procès Seselj, un ancien commandant de l'état major du groupe paramilitaire radical, Ljubisa Petkovic, a été arrêté en Serbie et transféré immédiatement à La Haye. Il est accusé de non respect au tribunal. Il avait refusé de tenir compte de l'ordre du TPIY de venir témoigner le 7 avril dernier. Un mandat d'arrêt avait été lancé contre lui le 13 avril par le juge Antonetti. Comparaissant devant le tribunal, Petkovic s'est déclaré non coupable. Il risque sept ans de prison ou une amende de 100.000 euros, ou les deux.

Bosnie Bosnie.
L'enquête sur le massacre de Serbes et de Roms à Slavonski Brod en 1992 va être menée conjointement par le procureur de Doboj et celui du canton de Tuzla-Zenica, selon le procureur général adjoint de BiH. Celui-ci a communiqué une liste de personnes liées à ce drame, commanditaires, exécutants ou témoins. Le chef des forces armées croates, le général Anton Prkacin, a promis son aide “pour éclaircir cette affaire.”

Republika Srpska.
Vendredi , les troupes de l'EUFOR ont encerclé et bloqué les abords de la faculté de Droit de Pale. L'appartement du Pr serbe Kosta Cavovski a été perquisitionné et des documents ont été saisis. Il a déclaré qu'on le soupçonnait d'entretenir des relations avec la famille de Radovan Karadjic.
 
21 mai 2008
Serbie Serbie.
Les résultats définitifs des élections législatives et locales du 11 mai en Serbie ont été publiées le mardi 20 mai par la commission électorale. En ce qui concerne les législatives, on retiendra que le Parti radical de Tomislav Nikolic, arrivé en deuxième position, obtient 65.983 voix de plus qu’aux législatives précédentes (soit en janvier 2007), même s’il perd trois sièges maintenant par rapport au scrutin d’alors. Le n° 133 de B. I. (juin 2008) n’indique qu’un gain de 23.261 voix correspondant aux premiers résultats disponibles lors de sa mise sous presse, mais les résultats définitifs font état de ce chiffre près de trois fois supérieur. D’autre part, il est clair que la liste intitulée “Pour une Serbie européenne”, groupant cinq partis politiques et affichant le nom de Boris Tadic (le chef de l’Etat et le président du Parti démocrate), ne remporte qu’une victoire de façade en arrivant en tête. Le nombre de suffrages que cette liste recueille, est, en effet, inférieur de 110.223 voix au total des suffrages qui se sont portés sur les deux listes qu’elle devance : celle du Parti radical et celle de la coalition de deux partis conduite par Vojislav Kostunica. Or l’addition de ces suffrages est une opération non pas arbitraire, mais légitime, qui s’impose puisque ces deux listes ont adopté une attitude commune sur l’Europe et le Kosovo, et sont prêtes à former ensemble (avec les socialistes) un gouvernement de coalition.
 
16 mai 2008
Serbie Serbie.
Aucun accord officiel n'est encore en vue, tant au niveau parlementaire que municipal. Les dirigeants radicaux Tomislav Nikolic et Dragan Todorovic se sont rendus à la Haye où ils ont rencontré Vojislav Seselj, le président du SPS, Ivica Dacic, se trouve à Moscou où il s’entretient avec le président du Conseil de la Fédération ainsi que des députés. Plusieurs sources affirment que Dacic n'est pas en bonnes relations avec la famille Milosevic.
Le président Boris Tadic a reconnu avoir des entretiens informels avec le SPS, sans donner de détails. Il a ajouté que la volonté des électeurs exprimés dimanche doit être respectée : ils ne veulent pas que Seselj dirige le pays. Il a été très dur à l'égard du DSS/NS et Vojislav Kostunica (qui reste extrêmement discret) et a déclaré que les voix de chaque parti ont la même valeur et que certaines ne valent pas plus que d'autres. Ivica Dacic a dit à Moscou qu'il existait bien un accord sur les principes avec le SRS. Il a précisé qu'il ne pouvait pas discuter à la fois avec le SRS et le DS. Son allié Dragan Markovic Palma, s'exprimant sur B 92, a reconnu cet accord sur les principes. La vraie raison de la visite de Dacic à Moscou, selon la BBC, est de savoir ce que pensent les amis russes. Pour les Russes, les deux options gouvernementales en Serbie leur conviennent, expliquent les analystes à Moscou. Les radicaux sont des amis, mais avec eux il y a le risque de frictions avec Bruxelles, ce que ne veut pas la Russie, alors que Tadic offre toutes les garanties. Selon Dragoljub Zarkovic, le rédacteur en chef de Vreme, le DSS va se disloquer si le gouvernement est constitué avec le SRS et Kostunica subit de très fortes pressions. A Athènes, le chef de l'opposition socialiste et président de l'Internationale socialiste Yorgos Papandréou s'est déclaré prêt, après certaines réformes, a accepter dans l'organisation le SPS, à condition que ce parti soutienne le DS pour former le gouvernement en Serbie. Il est prêt a rencontrer Dacic, si Boris Tadic le lui demande.
Au niveau municipal, deux conférences de presse ce vendredi à Belgrade. La premiére de Dragan Djilas, le candidat DS à la mairie de la capitale, en compagnie de Ruzica Djindjic. Il a évité les questions concrètes et est resté extrêmement vague. Il a reconnu que le DS avait des pourparlers informels avec “certains partis” avant de citer avec une certaine difficulté le SPS et le LDP. Il a critiqué le DSS, son ancien partenaire qui ne respecte pas la volonté des électeurs. L'atmosphère était lourde. Le chef du G 17+ Mladjan Dinkic avait précédemment annoncé que si le SPS soutenait Vucic pour la mairie de Belgrade, le G 17+ ne discuterait pas avec lui pour le gouvernement.
A Zemun au siége du Parti radical, l’atmosphère était plus optimiste . Aleksandar Vucic n'a rien annoncé de nouveau mais, selon lui, l'accord avec le SPS est une question de jours.

Eglise Orthodoxe serbe.
Au 3e jour du Sabor, aucun accord n'étant intervenu sur la présidence, c'est le Saint Synode qui assume la gouvernance. Le sujet principal reste la santé du patriarche Pavle qui, selon la presse, refuse de partir en retraite .La question cruciale est de connaître l'avis des médecins et deux délégations s’e, sont préoccupées. Rien n'a filtré. Selon les résultats, une décision sera prise pour une éventuelle élection d'un nouveau patriarche. On rappelle que Mgr Pavle assume ses fonctions depuis 1990 et qu'à l'époque, le patriarche German était vivant et refusait de se retirer.
Tout le monde sait qu'il existe plusieurs courants au sein de l'Eglise. Jeudi, Mgr Amfilokije, le métropolite du Monténégro, a été attaqué par le “lobby bosniaque” à propos du Kosovo. Mgr Artemije, selon les analystes, serait partisan d'une alliance avec le DSS/NS et les radicaux , alors que Mgr Amfilokije se prononce pour une collaboration avec les autorités de Pristina, afin de sauver ce qui peut l'être (BBC).

Kosovo Kosovo.
La Russie, l'Inde et la Chine se sont prononcés pour une reprise des discussions entre Belgrade et Pristina sur le statut du Kosovo, a confirmé le ministre russe Serguej Lavrov après avoir rencontré ses deux collègues de leur communauté informelle avec le Brésil( BRIK), à Ekaterinenbourg. Selon une déclaration commune, “il a été fixé une position de principe selon laquelle la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo est contraire à la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU. Les trois pays insistent sur le reprise des négociations entre Belgrade et Pristina dans le cadre du droit international, afin d'arriver à un accord entre eux sur tous les problèmes de la province serbe.”
Le président Boris Tadic a salué (devant les cameras) cette initiative. Selon un communiqué de son service de presse, il estime que la prise de position de ces trois grands pays est importante pour la Serbie, pour la défense de son intégrité territoriale comme pour celle du droit international.
A Pristina, le premier ministre Hachim Thaçi a annoncé qu'il “existe des signaux” que certains pays s'apprêtent prochainement à reconnaître le Kosovo. Il s'est félicité de la visite de son ministre des Affaires étrangères Skender Hisenu en Amérique latine. Selon lui, le gouvernement du Kosovo s’est complètement investi dans la préparation de sa Constitution qui prendra effet le 15 juin prochain.

Monténégro Monténégro.
Le premier ministre monténégrin Milo Djukanovic s'est déclaré sûr que le Monténégro aura rempli toutes les conditions requises pour devenir membre de l'OTAN avant le prochain sommet de l'Organisation Atlantique.
Le gouvernement refuse de restituer leurs biens à la famille royale serbe, comme ses membres en ont fait la demande. La princesse Elisaveta réclame notamment la villa de Milocer .Elle est décidée à porter l'affaire devant la Cour de Strasbourg.
 
12 mai 2008
Serbie Serbie.
La liste DS/G17+SPO du président Tadic a obtenu 400.000 voix (7,5 %) de plus que les radicaux du SRS de Nikolic. Elle a ainsi 103 députés au Parlement alors que le SRS en a 77. Le DSS/NS vient ensuite avec 30 députés, puis le SPS/PUPS/JS (les socialistes avec le parti des retraités et celui de Markovic “Palma”) 20 députés. Le LDP de Ceda Jovanovic suit avec 13 députés et les partis des Minorités obtiennent globalement 6 députés. Bien que n'ayant que 4 députés de moins que lors du précédent scrutin, la relative défaite du SRS a surpris. Par contre ce qui a le plus étonné est l'excellent résultat des socialistes.
Le président Boris Tadic, leader de la liste “gagnante”, a annoncé dimanche soir qu'il allait immédiatement commencer ses consultations en vue de la formation du nouveau gouvernement qui devra à la fois faire entrer le pays dans l'UE et “se battre” pour le Kosovo.
De son coté, le premier ministre sortant Vojislav Kostunica a précisé que les principes de la coalition DSS/NS étaient “totalement différents de ceux du DS” et ne changeraient pas. “Les différences entre nous se sont accentuées ces derniers temps et ne peuvent être surmontées. Il n'y a pas de compromis possible”, a-t-il déclaré. En disant cela, le chef du DSS a pratiquement annoncé la possibilité de faire une coalition DSS-Radicaux- Socialistes.
Peu de temps après Kostunica, Tomislav Nikolic, le vice président du SRS, a confirmé cette possibilité. Il a ajouté que la Serbie ou bien aurait un gouvernement SRS/DSS-NS/SPS ou bien n'en aurait pas et irait alors à de nouvelles élections.
La coalition autour du DS ne peut former le gouvernement sans le SPS car, même avec le LDP et les Minorités, elle ne peut disposer que de 123 mandats.
Après la proclamation des résultats définitifs par la Commission électorale, le 15 mai, le parlement aura 30 jours pour se constituer , et le gouvernement devra être formé dans un délai de 90 jours, donc au plus tard à la mi-septembre.
Si les pourparlers ne réussissent pas, le parlement sera dissous et il y aura de nouvelles élections. Selon les déclarations dimanche soir de Tadic, Kostunica et Nikolic, il semblerait que l'on ne doive pas attendre trop longtemps le nouveau gouvernement. Tous les trois se sont exprimés sur la nécessité de former un conseil des ministres rapidement.
Dès lundi matin, Tomislav Nikolic et Vojislav Kostunica se sont rencontrés dans un endroit secret. Plus tard dans la journée, Aleksandar Vucic, le secrétaire général du SRS, a confirmé la rencontre lors d'une conférence de presse en affirmant que les deux hommes avaient “parlé du caractère et du programme du prochain gouvernement”. Selon les analystes cités par la BBC, les Radicaux tentent de faire de leur défaite une victoire, aussi bien au plan national qu'au plan local. Dragoljub Micunovic (DS), estime qu'il s'agit d'un “geste désespéré” qui ne change pas la réalité de la défaite. Slobodan Bujosevic, le journaliste de NIN, pense que “le SPS penchera vers le DS” pour cesser d’être le parti de Milosevic que l'on montre du doigt.
En ce qui concerne les élections régionales et locales, la coalition du DS remporte en Voivodine le premier tour. A Novi Sad notamment, sur 110 mandats, il en obtient 45 et le SRS 21. Maja Gojkovic, l'ancien maire radical de Novi Sad qui a fondé son propre parti, obtient 8% des suffrages, nombre de Radicaux l'ayant suivi.
15 villes de Serbie ont une majorité démocrate, mais insuffisante à elle seule pour former le conseil municipal. C'est le cas de Belgrade (44 mandats, SRS 40), Novi Sad, Valjevo, Sabac, Kraljevo. A Kragujevac, le maire a obtenu un triomphe. Même chose à Novi Pazar où le parti de Rasim Ljajic (dans la coalition DS) a remporté la victoire, balayant Suleiman Uglanin (à la grande satisfaction du Grand Mufti Muamer Zukorlic). Les Radicaux ont gagnés à Zemun, à Surcin, et le DSS à Lazarevac.
Au Kosovo, les Radicaux et les partis qualifiés de “populistes” par les Occidentaux ont remporté la victoire partout et à tous les niveaux. Selon les analystes, les électeurs ont voté pour les partis qui s'occupaient d'eux alors que le DS pense d'abord à l'UE. Une nouvelle fois, le chef de l’UNMIK a déclaré que ces élections étaient sans valeur et qu'il n'en serait pas tenu compte.

Réactions.
L'UE a été la première à se montrer satisfaite des résultats. Le ministre slovène des A. E. Dimitri Rupel a constaté qu'ils correspondaient aux attentes de Bruxelles. Il espère pour la Serbie une “voie vers l'UE claire et différente du passé”. Oli Rehn, le commissaire à l'Elargissement, souhaite que les réformes se poursuivent et souligne la volonté de Bruxelles d'accélérer l'entrée de la Serbie dans l'UE. Javier Solana a exprimé sa satisfaction et Bernard Kouchner, le ministre français des A. E., dans une conversation téléphonique avec Boris Tadic, a apporté son soutien à la Serbie et a redit qu'elle pouvait compter sur la France. Les Etats Unis, l'Allemagne, l'Italie se sont réjouis, ainsi que le président croate Stjepan Mesic et le président du parlement de la BiH, Nikola Spiric.
A Pristina, le premier ministre Hachim Thaçi a “conseillé” au président Tadic de se préoccuper plus de Bruxelles et de l'OTAN. Pour lui, ce résultat est une bonne nouvelle pour les Serbes car ils ont décidé de regarder plus vers l'UE et moins vers le Kosovo. La presse albanaise, qui couvre très largement les élections, écrit que le grand perdant est Kostunica.
Le presse anglaise, citée par la BBC, dit que Milosevic doit rire dans sa tombe en voyant son parti et ses successeurs sur le point d’entrer au gouvernement. The Independent craint que si les Radicaux prennent le pouvoir, ils permettent à la Russie d'installer des bases militaires en Serbie.
Selon la BBC, un porte parole de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, a déclaré que ce parti préférerait voir un gouvernement SRS/ DSS car Boris Tadic, se conformant aux volontés de l’UE qui ne veut pas voir la Russie entrer dans son “espace”, a mal soutenu l'accord énergétique russo-serbe.
 
3 mai 2008
Kosovo Kosovo.
Le ministre russe des Affaires étrangères Serguej Lavrov a déclaré à Londres, lors d'une conférence de presse, que la Russie ne se sentait pas exclue des discussions sur le Kosovo, bien que n'ayant pas été invitée à la réunion du Groupe de contact. Il a ajouté : “Quoi qu'il se passe au Kosovo et autour, tout doit être fait avec l'accord des deux parties – Belgrade et Pristina.”
Dimitri Rupel, le ministre slovène des A.E., a déclaré, au cours de la même conférence de presse que “le rôle de l'UE au Kosovo est écrit dans la résolution 1244 et, dans le cadre de ce document, on peut créer de nombreux mécanismes pour résoudre le problème.”
Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, est d'un avis contraire à Lavrov. Elle constate que le processus de reconnaissance du Kosovo est en cours et qu'il n'y a “aucune chance qu'il s'arrête”. Elle a promis une aide financière au Kosovo pour “devenir un Etat à succès”. Elle a ajouté que les Etats-Unis désirent que soient condamnées toutes les tentatives de partition. Selon la Voix de l'Amérique, elle a dit que la situation au Kosovo, après la proclamation de l'indépendance, “n'était pas si mauvaise et que toutes les parties s'étaient comportées de façon assez responsable”. Elle s'est félicitée que la Serbie, qui rejette cette indépendance, continue à collaborer avec l'UE.

Slovaquie et Tchéquie.
Le ministre slovaque des A.E. et président du conseil des ministres du Conseil de l'Europe, Jan Kubis, a déclaré à la presse allemande que le développement de la situation au Kosovo était un exemple pour tous ceux qui voulaient créer leur Etat national dans le style du XIXe siècle. “La Slovaquie, qui est un Etat multi-ethnique, ne salue pas un tel exemple qui mène à la création d'un grand nombre de petits Etats sur une base ethnique. Le parlement slovaque a décidé jusqu'à présent de ne pas reconnaître l'indépendance du Kosovo”. De son coté, le président tchèque Vaslav Klaus a annoncé à Ohrid, où il se trouve au Sommet d'Europe centrale, qu'il est très satisfait que la Tchéquie ne reconnaisse pas le Kosovo. “Je ne peux pas empêcher que 40 pays l'aient fait, mais je trouve que c'est une mauvaise chose”, a-t-il dit.

Macédoine Macédoine.
Le sommet des présidents d'Europe centrale s'est ouvert vendredi à Ohrid, en présence de 17 pays membres (Serbie, Croatie, Moldavie, Bulgarie, Tchéquie, Monténégro, Slovaquie, Autriche, Allemagne, Ukraine, Pologne, Bosnie, Albanie). La Roumanie et l'Italie étaient représentées par leurs ambassadeurs. Dans son discours d'ouverture, le président macédonien Branko Crvenkovski a dit que ce sommet est un signal clair aux citoyens des pays d'Europe centrale que se poursuivait le processus d'unification européenne. Selon lui, le bilan des pays des Balkans occidentaux est satisfaisant, mais il reste encore des facteurs de risque. “Le Kosovo est une question sur laquelle l'UE n'a pas une position unie et la Macédoine, comme proche voisin, est très intéressée par la création d'une situation stable et durable”, a-t-il déclaré. La frontière nord-est de la Macédoine fera l'objet d'une rencontre avec le président serbe Boris Tadic.
Le deuxième jour du sommet, ce dernier a été très clair : la Serbie ne renoncera jamais ni à son intégrité, ni à son identité, pas plus qu'à son entrée dans l'UE. “Personne ne doit douter que la Serbie remplisse ses obligations à l'égard du TPIY, malgré la déception des Serbes à la suite de l'acquittement de Ramuz Haradinaj” a-t-il dit, saluant la décision du procureur Serge Brammertz de demander que le procès soit repris. Le prochain sommet de l'Organisation aura lieu en Serbie et jamais, a déclaré Tadic, le Kosovo n'y sera invité.

Bosnie Bosnie.
Les réactions en BiH après la signature avec la Serbie de l'Accord de stabilisation et d'association de l'UE sont très contrastées, allant de l'enthousiasme à l'écœurement, selon qu'il s'agit des Serbes, des Musulmans ou des Croates. Bien que tous les partis de Republika Srpska ne soient pas non plus d'accord, le premier ministre serbe Milorad Dodik a salué la “voie européenne” de la Serbie. Pour le président du parlement Igor Radojicic , l'UE a envoyé “un message que, malgré tout, Belgrade est le plus important centre des Balkans”.
Selon le président musulman de la présidence de la BiH Haris Silajcic , cette signature montre “que la Serbie jouit d'avantages comme aucun autre pays et, encore une fois, que l'UE ignore les exigences du TPIY de la Haye alors que la Serbie les viole ouvertement en ne présentant pas à la justice les inculpés de crimes de guerre.” De son coté, le représentant croate à la présidence, Zeljko Komcic, n'a pas caché sa déception. “Cela montre encore une forme d'injustice quand il est question de la BiH, a-t-il dit, c'est-à-dire qu'il n'y a aucun standard dans ce que fait la bureaucratie européenne ; c'est de la pure politique et des intérêts.” a-t-il dit. Pour le ministre des A.E Sven Alkalaj, cette signature est “un message négatif”, car la Serbie “n'a pas de collaboration suffisante avec le TPIY”.
 
30 avril 2008
Serbie Serbie.
Les représentants de Fiat ont signés ce mercredi à Kragujevac avec le ministre des Finances serbe Mladjan Dinkic un Mémorandum (non contraignant) sur une collaboration et un partenariat entre Fiat et Zastava d'une valeur de 700 millions d'euros. Il a été décidé que deux nouveaux modèles de Fiat seront fabriqués en Serbie. Dinkic a parlé "d'accord du siècle". Le président Boris Tadic, qui était présent, a constaté que "de nombreux politiciens ont un langage creux, mais que lui ne croit qu'aux résultats". Il a espéré que la Serbie deviendrait le centre automobile de l'Europe du sud-est. Il a fait état de plusieurs entreprises étrangères qui veulent s'implanter en Serbie et a cité Wolkswagen et Siemens.
Le ministre de l'Economie a déclaré qu'une nouvelle réunion était prévue le 6 mai prochain avec les dirigeants de Fiat pour concrétiser les termes de l'accord, car les choses doivent aller très vite. 200.000 voitures sont prévues cette année et 300.000 l'an prochain.
Cet accord intervient au lendemain de l'Accord de stabilisation et d'association entre la Serbie et l'UE. En fait, le retour de Fiat n'est pas vraiment une nouveauté, car elle la firme eu de très bonnes relations pendant 50 ans avec l'ex Yougoslavie.
Le vice-Premier ministre Bozidar Djelic, à son retour de Bruxelles où il a signé l'accord avec UE, a tenu à Belgrade une conférence de presse au cours de laquelle il s'est déclaré très satisfait de cet "accord historique" et s'est félicité des avantages qu'il apporte à la Serbie, à commencer par l'accord avec Fiat. Il a reconnu que l'accord ne deviendrait effectif qu'après le feu vert de Bruxelles à la suite du rapport de Serge Brammerz, le procureur du TPI. Il a qualifié les menaces d'annulation de l'accord par les radicaux et le DSS de "menaces vides et de faux patriotisme". Le porte parole de Javier Solana, interrogé par la BBC, a expliqué ce qui était entendu par "une complète collaboration avec le TPI" : une volonté de totale transparence et de collaboration.
Les réactions en Serbie à l'accord de Bruxelles ont été immédiates. Le SRS et le DSS ont annoncé leur intention de le faire annuler par le Parlement, car selon eux, Djelic n'avait pas le pouvoir de le signer. Mais, Zoran Milosevic, un ancien juge à la Cour Suprême, interrogé par la BBC, a estimé "qu'il s'agissait d'une menace politique, sans aucune base juridique". Pour Vuk Draskovic dans une émission sur B 92, les radicaux et Kostunica veulent ramener la Serbie a la fin du XIXe siècle, à l'époque du Congrès de Berlin. Les slogans sont les mêmes, rien n'a changé.
Les premiers sondages sont intéressants. Selon Strategic Marketing, les 2/3 des personnes interrogées sont pour, soit 66 % pour et 21 % contre. Au niveau des partis, le LDP soutient l'accord de Bruxelles à 100 %, le DS/G17+/SPO à 84 %,le DSS/NS à 45 %, le SPS à 64 % et le SRS à 41 %.
Le ministre russe des A.E Serguej Lavrov, qui se trouvait mardi à Bruxelles, a regretté que cet accord ait été signé si tard. Il aurait dû l'être beaucoup plus tôt, ce qui aurait évité à l'UE bien des problèmes, dont celui de la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo.
La presse anglaise, citée par la BBC, voit dans la signature de mardi un geste symbolique, car jamais le TPI n'a réussi a convaincre qu'il n'était pas un tribunal politique. Sur le nombre des accusés, une énorme majorité de Serbes ont été condamnés, peu de Croates et presque aucun Musulman ou Albanais. En ce qui concerne les tribunaux locaux, seuls des Serbes ont été condamnés.
La semaine prochaine une délégation européenne est attendue à Belgrade à propos de l'accord sur les visas. Bien qu'il ait été signé il y a plusieurs mois, aucun résultat concret n'a été constaté. Les ambassades en Serbie continuent leur ancienne politique, notamment la Grèce. On attend le détail du plan qui devrait permettre la gratuité des visas, ce qui n'est pas évident car, comme le constate Bozidar Djelic, ils sont pour les ambassades une source de profit non négligeable. (Il a été très dur à l'égard de ces ambassades de pays riches qui profitent des pays pauvres comme la Serbie).

Bosnie Bosnie.
Nouvelles polémiques. Il s'agit de la formation d'une Corporation des émetteurs publics de télévision au niveau de la BiH. Le premier ministre de RS Milorad Dodik s'est affronté au président du SDP Zlatko Lagumcija et le Haut Commissariat a dû intervenir. La polémique a commencé il y a quelques jours lorsque Serbes et Croates se sont opposés au parlement à la formation de cette Corporation. Les Serbes ont souligné que la télévision BHRT était en déficit et que la radio télévision de RS avait dû la soutenir financièrement. De plus les Serbes sont mécontents de l'état des emplois et de la politique menée dans le service public RTB de la BiH .En effet sur 977 employés, 67,3 % sont bosniaques, 11,7 % bosniens, 7,9 % serbes et 9,3 % croates. De plus, les Croates réclament des émissions dans leur langue. Dodik a exigé que le service public soit déclaré en faillite. De plus, il souligne que la politique menée est celle d'une élite musulmane, pour une centralisation et une unification de la BiH. Zlatko Lagumcija a immédiatement accusé Dodik de "comportement anti-Dayton" et il a appelé le Haut représentant Miroslav Lajsak a intervenir contre Dodik. Un communiqué du Haut Représentant critique sévèrement le SDP, en même temps que Dodik et Lagumdja qui attaquent une institution d'Etat. Il est également reproché au chef du SDP d'être très critique à l'égard de la communauté internationale au lieu de travailler à l'avenir européen de la BiH.
La seconde polémique est au niveau de la Fédération, dont le budget accuse un déficit de 134,8 millions d'euros, indiquent les médias de la RS citant un député croate du Parti paysan. Selon ce dernier, Ante Colak, le déficit augmentera si le Parlement adopte quatre nouvelles lois qui prévoient une augmentation des indemnités des anciens combattants de l'armée de la BiH et de la Défense croate. Lors du vote du budget, le vote des ministres croates a été ignoré, ce qui a encore envenimé l'ambiance. Dans sa déclaration publique, Colak a déclaré "qu'il s'agit seulement de la poursuite de la centralisation des ressources et de leur utilisation au niveau de la Fédération", ce qui fait du tort aux dix cantons et surtout à ceux où les Croates sont majoritaires. Le HDZ BiH 1990 met en garde les ministres musulmans qui mènent une politique dangereuse pour un équilibre national concernant les revenus et ce à trois niveaux : communal, cantonal et fédéral. "Ce qui est le plus important, c'est que cela détruit la confiance réciproque entre les peuples croate et musulman". Les experts de la Banque mondiale ont mis en garde contre une augmentation des indemnités des anciens combattants sur le budget de la Fédération, d'autant que le nombre des invalides augmente régulièrement ainsi que sur les œuvres sociales, ce qui entraîne une instabilité dans cette partie de la BiH et n'aide même pas la lutte contre la pauvreté.
 
29 avril 2008
CREATION D’UN COMITE POUR LA DEFENSE DE TAREK AZIZ
ET DES PRISONNIERS POLITIQUES IRAKIENS

Maître Vergès confirme qu’il ira à Bagdad défendre Tarek Aziz
Le procès de Tarek Aziz a été renvoyé au mardi 20 mai après la courte audience tenue le 28 avril dernier, au cours de laquelle le vice-Premier ministre irakien a nié toute implication dans les charges retenues contre lui et réclamé un nouvel avocat irakien. Le sien, Me Badie Aref, étant réfugié à Amman pour des “raisons de sécurité” : les Américains ne voulaient plus assurer sa protection après qu’il ait reçu des menaces de mort et qu’un mandat d’arrêt ait été lancé contre lui...
Me Jacques Vergès nous a déclaré qu’il assurera la défense internationale de Tarek Aziz comme le lui a demandé le vice-Premier ministre il y a deux ans, demande confirmée le 29 avril 2008, par télécopie, par Ziad Aziz , fils du dirigeant irakien, et par Me Badie. Me Vergès va demander un visa à l’ambassade d’Irak à Paris pour se rendre à Bagdad défendre son client.
Un Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens est créé à l’initiative de Gilles Munier qui contactera les signataires de l’appel qu’il a lancé en mai 2003 pour qu’ils manifestent à nouveau leur soutien au vice-Premier ministre irakien. Le Comité se réunira pour élire son président. L’appel pour la libération de Tarek Aziz, reprenant les premiers signataires, a été relancé et élargi au niveau international par le parlementaire britannique George Galloway .
Amitiés franco-irakiennes.
 
24 avril 2008
Serbie Serbie.
A la question de savoir si la Serbie pouvait entrer dans l'UE sans reconnaître le Kosovo, le commissaire à l'Elargissement, Oli Rehn, a répondu : “Deux pays potentiellement membres (de l'U.E) doivent respecter des bonnes relations de voisinage.” Vojislav Kostunica a immédiatement réagi en déclarant à Tanjug : “L’affirmation du commissaire Oli Rehn que la Serbie doit avoir des relations de bon voisinage avec le Kosovo et que le Kosovo a une perspective européenne, représente apparemment la position officielle de Bruxelles, qui considère qu’en signant l’Accord de stabilisation et d’association de Solana, la Serbie reconnaît l'indépendance du Kosovo et s'oblige à des relations avec ce faux Etat. Ce qui signifie que personne ne peut le signer au nom de la Serbie”.
L’accord n'a d’ailleurs pas été présenté à la Serbie pour signature, la Hollande s'y opposant toujours. Le parlement de La Haye se réunit dans la soirée pour en discuter, indique la BBC.
Autre sujet de polémique : la ratification de l'accord énergétique avec la Russie. Le successeur désigné de Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev, a regretté que les politiciens serbes tentent de se servir de cet accord pour des raisons électorales. La Russie, dit-il, s’inquiète du retard car le gouvernement serbe, lors d'une récente réunion, n'a pas pris de décision définitive. Il comprend la situation en Serbie, mais cela pose problème pour le début de la construction du gazoduc. Le gouvernement serbe, réuni jeudi à ce sujet, n'a pas encore pu se mettre d'accord, car les ministres du DS et du G17+ (obéissant aux ordres de Washington et de Bruxelles qui veulent saboter le projet) estiment qu'un gouvernement et un parlement techniques ne sont pas habilités à ratifier cet accord. Le vice président du SRS, Tomislav Nikolic, veut obtenir la réunion du parlement pour arriver quand même à cette ratification.

Albanie.
Le ministre albanais des A. E., Ljuljzim Bacha, a qualifié d’“inventions” et d’“absurdités” les révélations de l'ancienne procureure du TPIY de La Haye, Carla del Ponte, qui évoque, dans le livre qu’elle vient de publier, un trafic d’organes de victimes serbes organisé en 1999 par l’UCK, dont les chefs sont aujourd’hui à la tête de l’Etat auto-proclamé du Kosovo. “Nous regrettons que l'ancien procureur ait écrit un livre plein d'inventions et d'absurdités, qui ne sont pas seulement immorales mais aussi calomnieuses”, a-t-il dit.
 
22 avril 2008
ONU ONU.
Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Kosovo, le président serbe Boris Tadic a appelé à trouver une nouvelle solution et a vertement critiqué la rapport du chef de l'UNMIK, Joackim Rücker.Selon des sources informées – la séance était à huis clos – il n'y a eu aucun rapprochement entre Belgrade et Pristina, pas plus qu'entre Moscou et Washington. La Russie et la Chine ont soutenu la demande de Belgrade d'une poursuite des discussions sur le statut de la province, alors que les Etats Unis et les autres pays occidentaux membres du Conseil s'en tiennent au fait que le Kosovo a reçu “une indépendance sous surveillance” et qu'il faut “continuer la mise en œuvre du plan Ahtisaari”. Un nouveau “front” a été ouvert a propos des élections locales serbes sur le territoire du Kosovo. Les ambassadeurs américain et britannique, ainsi que Rücker, ont déclaré aux journalistes que de telles élections seront considérées comme “illégales”, ce que Boris Tadic a nié. L'ambassadeur américain a constaté que dans l'avenir, la mission européenne aura de plus en plus de poids et celle de l'ONU de moins en moins, ce à quoi Belgrade s'oppose, affirmant que l'EULEX n'a aucun mandat de l'ONU. Le président Tadic a souligné que les Serbes du Kosovo, qu'ils vivent au nord de l'Ibar ou dans les enclaves, n'ont aucune confiance dans les autorités de Pristina. Ils sont prêts a collaborer avec l'EULEX si celle ci a un mandat de l'ONU, a-t-il dit, ajoutant que la République de Serbie est prête a aider à résoudre ce problème complexe.
Hachim Thaçi a également pris la parole, mais à titre privé – à la différence du président Tadic qui représentait l'Etat. Dans un texte distribué aux journalistes, Thaçi n'a pas mentionné la résolution 1244, se bornant a dire que son gouvernement tentait de mettre en place le plan Ahtisaari. Contrairement à ce qui avait été annoncé, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, n'a pas participé à la réunion. Il se trouve en Afrique pour prendre connaissance des résultats des élections africaines.
Dans une article à l'hebdomadaire moscovite Profil, le ministre russe des Affaires étrangères Serguej Lavrov déclare que la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo secoue tellement les mouvements séparatistes que l'on pourrait voir rapidement une fragmentation de l'Europe. Cette proclamation unilatérale, l'installation de missiles américains en Europe de l'est et le soutien constant à l'admission de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN vont dans ce sens.

Kosovo Kosovo.
Le premier convoi d'aide d'urgence russe aux Serbes du Kosovo est arrivé ce mardi dans plusieurs communes des enclaves serbes .Cette aide en nourriture, matériel et autres est distribuée par la Croix rouge serbe aux familles serbes. Il s'agit de 120 tonnes d'une valeur de 7 millions de dollars. Un deuxième convoi est en préparation sur ordre du président Poutine qui insiste sur le fait qu'il n'a pas une connotation politique.

Macédoine Macédoine.
Les pressions sur la Macédoine pour trouver un compromis dans son conflit avec la Grèce se font plus pressantes, constatent les médias. Une délégation de l'OTAN est à Skoplje, conduite par Jaap de Hoop Scheffer . Rencontrant les dirigeants macédoniens – le président Branko Crvenkovski, le premier ministre Nikola Grujevki et le ministre des A. E. Antonio Milosovski – il a insisté sur la nécessité d'un compromis. La Mission chargée “d'assouplir” la position macédonienne rentre d'Athènes où la direction grecque serait satisfaite de son travail. Un compromis doit être trouvé avant la fin juin. Scheffer a regretté le veto grec et exprimé le désir que la Macédoine, la Croatie et l'Albanie intègrent l'OTAN le 9 juillet, lors de la réunion de l'Alliance Atlantique. Pour lui, la Macédoine a deux possibilités : “Regarder en arrière et gémir, ou bien aller de l'avant et continuer à tout faire pour devenir membre de l'OTAN et de l'UE”.
Avant la visite de Scheffer à Skoplje, le ministre grec des A. E. Dora Bakojani avait adressé un message aux Macédoniens indiquant que la Grèce est prête à augmenter son aide économique et à assouplir le système des visas si la Macédoine abandonne sa position sur son nom. Elle a avancé le chiffre de 75 millions d'euros pour la construction du corridor 10 et une augmentation des investissements. Dans le même temps, à Strasbourg, au Parlement européen, des messages sont adressés à la Macédoine concernant la date du début des discussions sur son éventuelle candidature à l'UE. La presse macédonienne a immédiatement traduit que le Parlement européen mélangeait les dossiers et soutenait ouvertement la Grèce.
Pour le moment Skoplje rejette énergiquement tout compromis. “Nous refusons tout chantage, a déclaré Milosovski, nous ne trafiquons pas sur notre nom. Nous sommes des Macédoniens, notre pays est la République de Macédoine et le restera”. Un communiqué du gouvernement macédonien lundi était rédigé dans le même sens. La position macédonienne est rendue encore plus difficile à cause de la campagne électorale. A Bucarest, le président Crvenkovski avait accepté l'idée d'un compromis sur le nom, mais pas sur l'identité nationale macédonienne, ni la langue. Nikola Grujevski est plus dur, affirmant que seul le peuple macédonien, par un referendum, peut décider du nom du pays.

En bref. La Serbie n'a pas encore été appelée à signer le Pacte de stabilisation et d'association avec l'UE – la Hollande s'y oppose toujours – mais déjà Velja Ilic, le chef de Nouvelle Serbie s'y oppose, affirmant qu'un tel accord est anti-constitutionnel et accusant le président Tadic de vouloir l'imposer. La polémique fait rage. Par contre, le premier ministre slovène Janez Jansa et son ministre des A.E. Dimitri Rupel s'engagent à Bruxelles pour que la Bosnie signe cet accord.
Une société roumano-serbo-croate pour la construction d'un gazoduc transeuropéen a été constituée mardi à Bucarest. Ce gazoduc partira du port de Constanza pour arriver à Trieste. Bruxelles a donné son accord pour que le siége de la compagnie soit à Londres qui possède une Bourse pour le pétrole.
La maison de l'homme d'affaires de Republika Srpska, Goran Marinkovic, à Banja Luka, a été perquisitionnée mardi par l'EUFOR. Il est soupçonné de faire partie de la chaîne d'aide à Radovan Karadjic. Des documents et ordinateurs ont été saisis.
 
20 avril 2008
SPECTACULAIRE INTERVIEW DE L’EX-MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES TCHÈQUE JIRI DINSTBIER

“Si j’étais dans la peau d’un politicien serbe, je ne reconnaîtrais jamais l’indépendance du Kosovo” a dit Jiri Dienstbier.
Cette déclaration a du poids. L’homme est à la fois une autorité et un personnage de qualité. Nos lecteurs se souviendront peut-être qu’en 2000, en tant que rapporteur aux Nations Unies sur les droits de l’homme en Yougoslavie, il avait demandé la levée des sanctions imposées à Belgrade par la communauté internationale. Nous avons fait écho à cette courageuse prise de position dans le n° 44 de Balkans-Infos de mai 2000. Il a aussi été ministre des Affaires étrangères de la République Tchèque. C’est dire que son opinion n’est pas à négliger.
Dans une interview donnée le 20 avril dernier au journal de Francfort en langue serbe Vesti, il a affirmé que la province du sud de la Serbie était dans un “chaos légal” depuis que certains pays ont reconnu l’autoproclamation d’indépendance des albanophones.
“Le chaos a été engendré par l’interprétation politiquement arbitraire et matériellement intéressée des normes de la légalité internationale, ce qui est sans précédent dans l’histoire des systèmes légaux”, a-t-il dit. Il a ajouté que beaucoup de pays dans le monde n’avaient pas emprunté ce chemin de l’illégalité parce qu’ils avaient un “sentiment de honte”, et que certains d’entre eux avaient des problèmes semblables à ceux de la Serbie.
Heureusement ces pays sont la majorité, a dit Dienstbier, en précisant que le nombre d’Etats ayant reconnu l’indépendance du Kosovo était inférieur à 25 % de l’ensemble du monde.
“Le pression exercée sur les pays ‘désobéissants’ est énorme, à la fois par l’Amérique et l’élite de l’UE. Il est difficile de prévoir combien d’entre eux cèderont à cette pression. Mais il est clair et certain, en fin de compte, que le Kosovo ne sera jamais, mais vraiment jamais, un pays indépendant légal et légitime”.
Selon l’ex-diplomate, “Le Kosovo non seulement ne peut pas devenir un membre de l’ONU, mais il ne peut pas rejoindre la plupart des organisations internationales. De plus, il faut conserver à l’esprit l’impuissance économique d’un Etat de ce genre, et le fait que la communauté internationale n’a pas réussi, au cours de la dernière décennie, à transformer les extrémistes du Kosovo en démocrates européens.”
“Il est ridicule d’essayer de nous convaincre que l’affaire du Kosovo est unique, qu’elle ne peut pas créer un précédent. Il faudrait expliquer cela aux Kurdes, aux Basques et à beaucoup d’autres, et que ces peuples ‘le comprennent et l’acceptent’, pour qu’il n’y ait pas de précédent.”
Dienstbier a conclu : “Les nationalistes se réjouissent de ce qui arrive au Kosovo. Selon les termes mêmes du Président Vaclav Klaus, en reconnaissant le Kosovo, nous avons ouvert la boîte de Pandore.”
 
Serbie Serbie.
Le journal Blic écrit que Vojislav Kostunica et Vojislav Seselj se sont mis d'accord sur une coalition gouvernementale, ce que le DSS et le SRS démentent. Mais le vice président radical a proposé ce dimanche que Kostunica reste Premier ministre à moins d'un accord entre eux sur une autre personne.
Polémique au sujet de la ratification de l'accord énergétique avec la Russie. Le ministre russe pour les Situations spéciales, Serguej Sojgun, était la semaine dernière à Belgrade au sujet de cet accord, signé en janvier à Moscou par le président Boris Tadic, mais pas ratifié par le parlement serbe à cause de la dissolution de ce dernier. Vojislav Kostunica et le DSS insistent pour que le parlement le ratifie jeudi prochain lors d'une réunion spéciale, alors que le président Tadic et le DS estiment que c'est au nouveau parlement, après les élections, de le faire. La partie russe en comprend pas comment l'accord a pu être signé à Moscou en janvier, et ne peut pas être ratifié maintenant par le parlement.

Croatie Croatie.
Commémoration à Jasenovac en présence du président Stjepan Mesic, de personnalités croates, d’autorités religieuses et du corps diplomatique. Le président croate a rappelé que rien ne doit être oublié bien que “certains salauds” tentent de faire croire que tout a été inventé et que les prisonniers vivaient bien dans ce camp d’extermination. Ils craignent que le peuple croate soit accusé de génocide contre les juifs, les Serbes et les Roms. Selon Israël plus de 500.000 personnes sont mortes à Jasenovac. Ce chiffre est contesté par certains historiens croates qui tentent de le minimiser.

France France.
Un site Internet (massviolence.org) traite du projet encyclopédique des “violences de masse” dans le cadre de l'Institut de sciences politiques à Paris. Ce site se veut sérieux, compte tenu du fait qu'il en existe d’autres traitant du même sujet et notamment du génocide sous toutes ses formes. En cours de mise au point, il devrait évoquer les faits qui confirment que les grandes puissances, avec leurs églises et leurs politiciens, se battent pour que soient occultés les crimes, génocides, destructions massives et violences dont elles sont responsables. Par exemple, il n’est jamais fait mention du génocide des Serbes, Roms et juifs perpétré le régime d'Ante Pavelic en Croatie, ni de la responsabilité du Vatican dans ces génocides. Pas plus qu’on ne parle du génocide à l'époque austro-hongroise, lors de la Première guerre mondiale, de centaines de milliers de Serbes, notamment dans les camps austro-hongrois.

Bosnie Bosnie.
S'adressant aux étudiants à Sarajevo, l'ambassadeur américain en Bosnie, Charles English, a lancé “un avertissement sérieux” aux Serbes, Bosniaques et Croates de la BiH. Il a conseillé aux Serbes “d'accepter leur avenir au sein de la BiH”, ajoutant que “ la séparation de n'importe quelle partie de la BiH n'était en aucun cas acceptable.” “Aucune voie vers l'indépendance d’une Republika Srpska séparée de la BiH, a-t-il dit, ne pourra lui permettre une intégration euro-atlantique.” L'ambassadeur américain a reconnu que la RS avait l'année dernière “eu un développement sans précédent” mais, selon lui,“une RS à succès ne peut exister que comme une partie forte et prospère de la BiH.”
English a appelé les musulmans à ne pas permettre “que le passé inspire leurs plans politiques ou bloque leur approche des réformes”, les avertissant qu'“une politique de vengeance ne pouvait pas les mener vers l'OTAN et l'UE”. Il a appelé les Bosniaques à trouver un consensus et à faire des concessions car la BiH a besoin d’“un pouvoir équilibré à même de protéger les intérêts de tous les peuples constitutifs et des minorités”.
Le procureur général de BiH à Bjelina a déclaré à Politika avoir arrêté un Belgradois, Djordje Vasiljevic (26 ans), qui a reconnu être membre d'un groupe de gens voulant liquider certains dirigeants de la RS. Il n'a pas démenti les affirmations de Press RS selon lesquelles une des personnes visées était le Premier ministre de la RS, Milorad Dodik,. Ce n'est pas la première fois qu'il y a des menaces d'attentats contre Dodik.
 
La lettre écrite par Aimé Césaire à Maurice Thorez en 1956,
lorsqu'il a démissionné du parti communiste,
est toujours d'actualité.
http://lmsi.net/spip.php?article746
 
18 avril 2008
Europe Union européenne.
L’UE désire que la Serbie,“évite l'isolation lors des élections-clé du 11 mai” car veut “aider le Kosovo a se tenir sur ses pîeds” a déclaré le commissaire à l'Agrandissement Oli Rehn. “J'espére que les citoyens serbes vont choisir la voie européenne, a-t-il dit. La Serbie est cruciale pour la stabilité régionale et les relations entre voisins.” Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a déclaré à Strasbourg que l'UE est empêchée de signer l'Accord de stabilisation et d'association avec la Serbie car deux de ses membres s'y opposent toujours, la Hollande et la Belgique .Il a ajouté néanmoins que les 27 pays membres sont d'accord pour “tendre la main à la Serbie”.
Le premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, a immédiatement réagi en disant que la déclaration d' Oli Rehn confirmait le soutien de l'UE à la création d'un Etat sur le territoire serbe – le Kosovo – et que c'était pourquoi personne en Serbie n'avait le droit de signer un quelconque accord avec Bruxelles.
Les Iles Marshall ont vendredi reconnu le Kosovo, ce qui en fait le 37e Etat à le faire.
Des sources diplomatiques à Bruxelles ont déclaré à Tanjug que de plus en plus d'Etats européens hésitaient sur l'envoi de la mission EULEX au Kosovo, suivant l'exemple de l'Espagne qui, en mars, a annoncé la possibilité de ne pas y participer “tant que l'UNMIK ne lui passerait pas les pouvoirs”. Selon le site internet Euroaktiv, ces pays attendent du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon qu'il transmette les pouvoirs de l'UNMIK à l'EULEX, ce qui n'est toujours pas arrivé – probablement à cause des avertissements de Moscou. Des sources du Conseil de sécurité affirment que les deux Missions “ont des philosophies différentes”. Il y a peu de chances que l'EULEX puisse s'implanter au nord du Kosovo peuplé de Serbes. De plus, elle est confrontée à un avertissement lancé cette semaine par Moscou à la suite de l'annonce qu’elle s'implanterait de force dans la totalité du Kosovo.

Kosovo Kosovo.
Peter Fejth,le représentant européen au Kosovo, a annoncé que “dans les milieux internationaux” sont menées des discussions sur la possibilité de relancer des pourparlers sur le Kosovo, et que jeudi, à Vienne, il en a été question lors de la réunion du Groupe international de gestion du Kosovo (ISG. Dans une conférence de presse à l'issue de la seconde réunion du Groupe, Fejth a soutenu la position de' l'UNMIK selon laquelle la tenue d'élections locales serbes au Kosovo serait une atteinte à la résolution 1244.
Toujours à propos du Kosovo, dans une réaction au livre de l’ex-procureure du TPI Carla del Ponte, son ancien porte parole Florence Hartmann, dans un texte publié par le journal suisse Le Temps, a estimé que Del Ponte avait affirmé d'une manière irresponsable et indigne des choses pour lesquelles il n'existait pas de preuves.
Le ministre des A. E. français Bernard Kouchner a également réagi jeudi lors de sa conférence de presse à Strasbourg, indique Tanjug..Il s'est déclaré “très surpris” par les affirmations de Carla del Ponte. “Je n'en reviens pas que la procureure elle-même ait caché les enquêtes et des éléments qui auraient pu se transformer en preuves et en procès” a-t-il dit. Selon Tanjug, Del Ponte, qui a été nommée ambassadeur de Suisse en Argentine, a refusé de parler à l'agence russe RIA de son travail d'ancien procureur et de son livre, car a-t-elle dit, elle n'a pas la permission de son ministère.
 
17 avril 2008
Serbie Belgrade.
Le procureur général du TPI, Serge Brammertz, est arrivé ce matin à Belgrade pour une visite de deux jours en Serbie, la première depuis qu'il a été nommé à cette fonction . Il a été reçu par le président Boris Tadic et le premier ministre Vojislav Kostunica. Il a demandé que la Serbie arrête les criminels de guerre encore recherchés par le TPI et qui sont encore en liberté. Il s'agit de Ratko Mladic, Radovan Karadjic et 3 autres. Le président Tadic a réitéré la volonté de la Serbie de remplir ses obligations à l'égard du TPI, mais comme tous les interlocuteurs de Brammertz, il a exprimé sa profonde déception devant l'acquittement de Ramuz Haradinaj. Brammertz a déclaré être du même avis, mais le manque de preuves (9 témoins ont été "éliminés" selon le porte parole du procureur) a empêché sa condamnation. Il l'a regretté. Quant à Kostunica, il s'est demandé si "le TPI avait encore une légitimité".

Kosovo Kosovo.
La police (KPS) a porté plainte auprès de la justice internationale contre 21 Serbes qui ont, selon elle, incendié le 19 février dernier deux postes frontière entre la Serbie et le Kosovo. Or cette liste comprend tous les leaders serbes du nord du Kosovo et des rumeurs courent que l'UNMIK veut les arrêter tous. Ceux-ci ne veulent pas fuir leurs responsabilités, mais le maire de Leposavic refuse de se considérer comme coupable et pose des questions sur le nombre d'incidents provoqués par des Albanais, qui n'ont suscité aucune réaction de la police.
Toujours des controverses à propos des élections serbes au Kosovo. Belgrade est décidé à les organiser malgré l'opposition de l'UNMIK et de Peter Feith, le représentant européen. L'UNMIK n'a pas de mécanisme pour les empêcher, constate-t-on à Belgrade. Des discussions néanmoins sont toujours en cours. Il s'agirait d'un précédent car ensuite Pristina n'aurait plus aucune autorité sur les dirigeants locaux, ce que les albanais ne peuvent accepter, d'où l'opposition de l'UNMIK.

Croatie Croatie.
Un scandale a éclaté à propos de l'allocation attribuée par le Sabor pour la commémoration du massacre de Bleiburg (en Autriche, où les oustachis en fuite ont été tués par l'armée yougoslave de Tito, avec des Tchetniks et des Slovènes). L’allocation est cinq fois plus élevée que celle attribuée à la commémoration des victimes du camp de Jasenovac. Le député serbe Milorad Pupovac a réclamé que le Sabor revienne sur sa décision et y voit un nouveau cas de "relativisation" des victimes et des crimes. Dimanche auront lieu les cérémonies à Jasenovac alors que celles de Bleiburg auront lieu début mai.

Macédoine Macédoine.
A la veille de la reprise des pourparlers entre Skoplje et Athènes sur le nom de la Macédoine, le principal négociateur macédonien Nikola Dimitrov est l'objet d'une violente polémique pour avoir parlé d'un "nécessaire compromis". Le premier ministre Nikola Grujevski l'a vivement critiqué (bien que ce soit aussi l'opinion du président Branko Crvenkovski).Sa démission est réclamée, mais aucune décision n'a encore été prise à cet égard. Il avait tenu a préciser lors d'une émission télévisée qu'un compromis était nécessaire, mais qu'il ne devait en aucune façon mettre en question l'identité nationale macédonienne.

Bosnie Bosnie.
Le Parlement de BiH a adopté mercredi soir la proposition de loi sur la réforme de la police de BiH et le projet de loi sur les organes de surveillance de la police. Rien ne s'opposerait donc plus à la signature du Pacte de stabilisation de d'association avec l'UE. Les députés du SNSD (Milorad Dodik), du Parti pour la BiH (Haris Silajcic) du HDZ et du HDZ 1990 (croates) ont voté pour alors que les députés du SDA, du SDP BiH, et du SDS (serbes) ont voté contre. Le ministre de la Sécurité Tarik Sadovic (un cadre du SDA) a accusé la Republika Srpska d'avoir réussi a ce que la situation reste inchangée et que la réforme s'arrête là.
Le Haut représentant Miroslav Lajsak a salué la décision du parlement et constaté que les chances de la BiH de signer le Pacte avant la fin avril ou le début mai étaient renforcées.
Doris Pak, la députée européenne, a éclaré au Dnevni Awaz qu'il ne fallait pas lier la fermeture du bureau du Haut représentant à la signature du Pacte. Selon elle, la fermeture dépend du "comportement normal des politiciens bosniaques, quand ils commenceront vraiment à travailler sur les questions du pays et les réformes". Pour elle,la réforme de la Constitution concerne en priorité l'organisation intérieure de la Fédération de BiH, qui est "dingue". La Fédération a en effet 10 cantons qui ont leur propre parlement, gouvernement et justice, avec leurs lois. Pour Doris Pak, c'est aux politiciens bosniaques de trouver des solutions, le Haut représentant peut seulement les aider. La Fédération, estime-t-elle, ne peut rester avec de telles structures. Elle dépense pour son administration 60 % de ses recettes alors que la RS n'en dépense que 36 %.
 
16 avril 2008
Le Conseil de l'Europe.
A la demande de la Suède, le débat est ouvert sur le Kosovo ; le parlement est divisé, aucune déstabilisation des Balkans n'est constatée. Le Conseil de l'Europe travaille avec l'UNMIK dans le cadre de la résolution 1244. Aucune résolution n'est attendue, a regretté Milos Aligrudic (DSS) le chef de la délégation serbe. La Russie, quant à elle, réclame une enquête sur le trafic d'organes perpétré les Albanais sur les Serbes enlevés ainsi que l'a dénoncé Carla del Ponte dans son livre “The Hunt”.

Au Conseil de sécurité de l'ONU, vive polémique à propos de la Géorgie.
L'ambassadeur américain proteste contre la levée par la Russie des sanctions prises contre l'Abkhasie, région réclamant son indépendance, et se déclare inquiet de l'ouverture par Moscou d'un Bureau de communications dans la capitale abkhase. Vitali Tchourkine, l'ambassadeur russe, quant à lui, refuse toute discussion sur le sujet, conseillant à Washington, de ne pas se référer au droit international, suite aux conditions de l'indépendance du Kosovo.

A Bruxelles, la mission EULEX.
L'ambassadeur russe à l'UE, Vladimir Cizov demande que l'UE annule la mission EULEX au Kosovo. Néanmoins la Russie admet accepter une résolution du Conseil de sécurité légalisant EULEX à condition que celle-ci soit acceptée par Belgrade et indique clairement que “le Kosovo est une partie de la Serbie”. Vladimir Cizov précise que Javier Solana connaît parfaitement la position de la Russie et ajoute “La seule façon d'aller de l'avant est le dialogue avec la communauté serbe du Kosovo et sur un plan plus large, la reprise des négociations entre Belgrade et Pristina.”

Macédoine, la campagne électorale.
Les élections législatives de juin mettent en scène quatre principaux partis politiques, deux macédoniens et deux albanais. Tous les coups sont permis ; des rencontres secrètes entre dirigeants, la destruction des enquêtes d'opinion et l'ouverture des dossiers sales. Mais l'expérience des précédentes élections montre que les petits partis peuvent jouer un rôle important. Le parti d'opposition, le SDSM du président Branko Crvenkovski, serait dans une position inconfortable par rapport à celui du Premier ministre démissionnaire Nikola Grujevski. Côté albanais, même chose sauf que les électeurs savent que leurs partis collaboreront avec des partis macédoniens. Selon les sondages d'opinion, le parti d'Alija Ahmeti (DUI) serait plus populaire que celui de Menduj Taçi (DPA), mais manquerait de cadres pour défendre les intérêts albanais au sein du gouvernement macédonien.

L'acquittement de Ramuz Haradinaj est un point marquant dans cette campagne. Le “Héros” du TPI a lancé depuis Pristina une initiative d'union des Albanais autour d'une liste unique ; il estime que l'union du DUI et du DPA permettrait une plateforme albanaise en Macédoine et que cela les aiderait moralement et matériellement.

Serbie.
Selon tous les observateurs, le DSS n'aura, après les élections du 11 mai, la capacité à former un gouvernement qu'avec le Parti radical (SRS). Le vice-président du DS (et ministre de la Défense) Dragan Sutanovac a affirmé sur B92 que Kostunica a demandé le soutien du SRS et qu'il s'était même entretenu, plus d'une heure au téléphone avec Vojislav Seselj à la Haye. Slobodan Bujosevic de NIN croit à cette solution. Marko Blagojevic du CESID constate que les électeurs du DSS sont de plus en plus contre l'UE, mais que ce parti risque de perdre des électeurs en s'alliant avec le SRS, à leurs yeux plus démocratique. Et tous de constater qu'un gouvernement DSS/SRS signifierait pour la Serbie un retour éventuel à l'isolation des années 90.

TPIY.
Jeudi le procureur du Tribunal de la Haye qui succède à Carla del Ponte, Serge Brammerc, est attendu à Belgrade pour sa première visite en Serbie. Il rencontrera le ministre chargé des relations avec le TPIY, Rasim Ljajic, le procureur du tribunal spécial pour les crimes de guerre Vukcevic, le président Boris Tadic et le Premier ministre Vojislav Kostunica. Des rumeurs circulent selon lesquelles la Hollande ne s'opposerait plus à la signature du Pacte de stabilisation et d'association par la Serbie, bien que Ratko Mladic soit toujours en liberté, avant les élections du 11 mai. Mais selon le porte-parole du procureur, il ne s'agirait que de spéculations, d'autant que selon la BBC plusieurs autres pays européens sont réticents à cette signature dans la crainte que les partis politiques opposés à l'UE ne remportent les élections. Lilijana Smajlovic le rédacteur en chef de Politika voit néanmoins un rapport entre ces spéculations et la visite de Brammerc, bien que celui-ci n'ait pas le pouvoir de décision.

A Bruxelles, le représentant d'Amnesty International appelle l'UE
a s'intéresser aux crimes de guerre en Croatie, comme par exemple dans la région de Sisak où l'on compte de nombreux disparus (cf. le Dnevni Telegraf de Zdravko Curuvija – tué en 1999 – où Natacha Kandic évoquait les Serbes jetés vivants dans les hauts fourneaux des aciéries de Sisak lors de l'exode de 1995). Il demande que Zagreb recherche les coupables et les punisse, reconnaît que la Croatie a déjà fait des efforts en ce qui concerne la punition des coupables mais regrette le manque de volonté politique. Il demande à Javier Solana et au Commissaire à l'agrandissement Oli Rehn d'en faire une condition à l'entrée de la Croatie dans l'UE. Il n'a reçu aucune promesse, pour le moment.
 
15 avril 2008
ONU ONU.
“Le secrétaire général de l'ONU s'est consacré intensément à la problématique du Kosovo et après notre conversation, il a été clair qu'il a quelques nouvelles idées” a déclaré le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitri Rupel à New York après avoir rencontré Ban Ki Moon, selon l'agence STA. Rupel a reconnu que la conversation de samedi a porté sur les Balkans Occidentaux “et plus précisément sur le Kosovo” et que la conclusion en a été qu'il “est nécessaire que tous les acteurs collaborent”, sans préciser ce qu'il entendait par cette formule. Selon les milieux diplomatiques slovènes, Ljubljana se trouve dans une position inconfortable “entre l'enclume et le marteau” (les intérêts contradictoires de Washington et de Bruxelles dans la région) alors que Ban Ki Moon subit de “fortes pressions”, devant en juin décider de la poursuite de la mission de l'UNMIK au Kosovo ou de la venue pour la remplacer de l'EULEX. Le secrétaire général de l'ONU rentrait de Moscou où il était allé voir ce que Moscou veut exactement au Kosovo. La Slovénie, en tant que présidente de l'UE, doit exactement savoir où en sont les choses, car elle prévu avec optimisme la reconnaissance du Kosovo par une centaine de pays, alors que pour le moment seulement 36 l'ont fait, et pas la majorité des pays de l'UE.
Rupel est actuellement à Washington où il rencontre la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice car les Etats Unis, selon lui, “attendent de la Slovénie qu'elle fasse pression sur ceux qui prennent des décisions a propos du Kosovo et de la Serbie”.
Le Kosovo sera un thème inévitable lors de la réunion de l'OEA (Amérique latine, Caraïbes et Etats Unis) les 16 et 17 mai au Pérou. Le ministre serbe des A. E. Vuk Jeremic, qui se trouve actuellement à Buenos Aires, a déclaré à l'issue de ses entretiens avec son homologue argentin, que l'Argentine s'oppose fermement à la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo.

Serbie Belgrade.
Des controverses se font jour à Belgrade quant à une éventuelle signature du Pacte de stabilisation et d'association avec l'UE. Le président Boris Tadic, qui se trouve à New York, s'est déclaré convaincu que la Serbie doit le signer alors que le Premier ministre démissionnaire Vojislav Kostunica a déclaré lors d'un meeting électoral être prêt a signer ce pacte si Bruxelles reconnaît que le Kosovo fait partie de la Serbie. Pour lui, si Tadic signe, il ne le peut qu'au nom de son parti.
La question de la tenue des élections au Kosovo est également cruciale. Belgrade a en effet l'intention de les organiser dans les régions où résident des Serbes (23 communes) malgré l'opposition de l'UNMIK, mais n'indique pas comment cette décision sera rendue effective. Le porte parole du Secrétaire général de l'ONU a déclaré que sans l'UNMIK, ces élections locales seront nulles.
 
Traduit par Kosta CHRISTITCH.
 
LE NOUVEL OBERVATEUR CONDAMNÉ POUR AVOIR DIFFAMÉ PETER HANDKE.
Peter HandkePar jugement du 3 décembre 2007, la 19e Chambre du tribunal de grande instance de Paris a condamné la société "le Nouvel Observateur"… pour avoir diffamé M. Peter Handke en lui ayant imputé le fait d'approuver "le massacre de Srebrenica et autres crimes commis au nom de la purification" ; imputation ressortant d'un article publié dans l'édition du 6 avril 2006, qui avait provoqué la déprogrammation par la Comédie Française de la pièce de l'écrivain "Voyage au pays sonore, ou l'art de la question", déprogrammation à l'origine d'une large polémique. Dans son jugement, le tribunal a rejeté l'excuse de bonne foi dont se prévalait "le Nouvel Observateur".
B.I. a, à l'époque, couvert tous les développements de l'affaire. On trouvera l'ensemble des documents, ainsi que les réponses de Peter Handke à ses accusateurs, dans les numéros de B.I. publiés entre mai et octobre 2006 ; on pourra aussi se référer au livre de Patrick Barriot "L'affaire Handke", publié aux éditions de L'Age d'Homme.

Le rappel des faits

Le 18 mars 2006, Peter Handke assiste à l'inhumation de Slobodan Milosevic à Pozarevac (Serbie). A la demande de la famille, il y prononce quelques mots.
Dans son numéro du 6 avril, le Nouvel Observateur publie, dans une rubrique "sifflets" sous la signature de Ruth Valentini, une article qui se prétend un compte rendu de la présence de Handke à l'enterrement, mais qui est en fait une charge venimeuse contre l'écrivain. L'article se termine par "Avec son hommage au despote, le poète a définitivement creusé la tombe de son honneur perdu." C'est le point de départ d'une campagne de dénigrement dans de nombreux médias français et allemands.
À la mi-avril, on assiste à un fait sans précédent dans le monde culturel français : l'administrateur de la Comédie-Française, Marcel Bozonnet, annonce qu'il a "déprogrammé" la pièce de Peter Handke "Voyage au pays sonore ou l'art de la question", qui devait être montée la saison suivante. Bozonnet déclare qu'il a pris sa décision en lisant l'article du Nouvel Obs : "C'est vrai que mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai lu cet article", dit-il, "le théâtre est une tribune, son effet est plus large que l'audience de la seule représentation. Même si la pièce de Handke ne fait pas de propagande, elle offre à l'auteur une visibilité publique. Je n'avais pas envie de la lui donner." Cet acte de censure inouï n'attaque pas seulement Handke dans son "honneur", comme la notule du Nouvel Obs qui l'a motivé ; il attente à son œuvre de dramaturge et le frappe, si l'on ose dire, au portefeuille. Il décide de porter plainte contre le magazine. Il est important de souligner que Marcel Bozonnet a pris sa décision régalienne sans prendre la peine de vérifier l'exactitude des faits.
La décision de Marcel Bozonnet ne fait pas l'unanimité. A la Comédie-Française même des protestations sont exprimées. Anne Weber lance courageusement une pétition de soutien à Handke, où l'on relève notamment la signature de Patrick Modiano. Elfr