20 mars 2010 - LETTRE EN FAVEUR DU GÉNÉRAL RADISLAV KRSTIC |
Comme vous pouvez le lire dans le n° 155 de juin de B. I. qu’accompagne ce bulletin (p. 17), le général serbe Radislav Krstic, inculpé de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à 35 ans de prison, a été égorgé le 7 mai dernier dans sa cellule de la prison de haute sécurté de Wakefield, au Royaume Uni.
A la suite de cette honteuse agression, Diana Johnstone a rédigé une lettre ouverte dont nous publions la version française ci-dessous, et qui a déjà recueilli des centaines de signatures, parmi lesquelles celles de personnalités comme Samir Amin, Patrick Barriot, David Binder, James Bissett, Christopher Black, George Bogdanich, Jean Bricmont, Edward Herman, Hans Köchler ou Michael Parenti.
Citoyens préoccupés par le traitement des prisonniers des tribunaux ad hoc internationaux.
L’agression brutale dont a été victime le général Radislav Krstic, Ie 7 mai dernier à l'intérieur de la prison de Wakefield (Royaume Uni), est un exemple dramatique de l'incapacité d’assurer la sécurité des prisonniers des tribunaux internationaux.
Serbe de Bosnie, Ie général Krstic a été condamné à 35 ans de prison par Ie Tribunal pénal International pour l'ex-Yougoslavie pour complicité dans les massacres de Srebrenica en 1995, bien qu’il ait été reconnu qu’il n’avait pas été directement impliqué dans des exécutions criminelles. Le général Krstic n'a cessé de nier avoir eu connaissance de ces massacres à l’époque, et sa lourde condamnation est jugée excessive et politiquement motivée par de nombreux observateurs bien informés qui considèrent que son cas devrait etre réexaminé.
Le 7 mai, Ie général Krstic a été attaqué par trois détenus identifiés comme "musulmans". Selon la presse britannique, un certain Indrit Krasniqi, 22 ans, d'origine albanaise, a égorgé le général en ratant de peu une veine jugulaire. Le général a survécu de justesse grièvement blessé.
Krasniqi était condamné à perpétuité pour la torture et l'assassinat en bande d'une jeune fille de 16 ans. La prison de Wakefield, dans Ie nord de l'Angleterre, est réservée normalement aux longues peines de délinquants ayant commis des crimes sexuels particulièrement graves.
II nous paraît extrêmement irresponsable de la part des autorités britanniques d'avoir incarcéré Ie général Krstic, avant tout un prisonnier de guerre, dans un tel environnement. Agé de 62 ans, Ie général Krstic est handicapé, ayant perdu une jambe dans la guerre de Bosnie. Le danger est évident d’emprisonner un Serbe de Bosnie, accusé de crimes perpétrés sur des musulmans, dans une région d'Angleterre à population musulmane particulièrement importante. L'hypothèse d’un attentat motivé par une “vengeance musulmane" ne sert qu’à masquer la responsabilité des autorités britanniques.
Cette agression, qui aurait pu être mortelle, suit une série extraordinaire de morts de détenus des Tribunaux pénaux pour l’ex-Yougoslavie et Ie Rwanda.
Nous les soussignés demandons:
• Qu’une enquête officielle soit entreprise sur l'incident du 7 mai.
• Que le général Krstic soit immédiatement transféré dans un pays capable d'assurer sa sécurité personnelle, par exemple en Norvège, ou en Serbie comme le requièrent les autorités de Belgrade.
• Que les gouvernements, les organisations des droits de l'homme et les médias cessent d’être indifférents au sort des prisonniers de ces tribunaux ad hoc, souvent stigmatisés à l’excès par les médias et ne bénéficiant pas de la protection assurée lors des procédures judiciaires habituelles devant des cours nationales.
Pour signer cette lettre ouverte, envoyez par mail la déclaration “je soussigné signe la lettre en faveur du général Radislav Krstic”, suivie de votre nom, profession et adresse à :
davidepet@comcast.net
ou écrivez à :
Mme Diana Johnstone
65, rue Marcadet, 75018 Paris
Nous vous tiendrons bien sûr au courant des initiatives faisant suite à la diffusion de cette lettre, notamment de la création éventuelle d’un Comité de défense des prisonniers condamnés par les tribunaux ad hoc de La Haye et du Rwanda.
Inutile de dire que nous avons besoin d’aide pour tout ce que nous entreprendrons. Si vous avez la possibilité de faire un geste, merci d’avance de votre générosité.
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22 janvier 2010 - SUGGESTIONS POUR UNE VRAIE GAUCHE |
Dans le n° de Libération du 18 janvier 2010, Jacques Julliard résume en vingt thèses le fondement d’une renaissance de la gauche française. Son analyse est un mélange de lapalissades, de constatations justes et de recommandations valables mais insuffisantes.
Les lapalissades consistent à dénoncer la déréglementation de la production, la financiarisation de l’économie et les travers de la mondialisation, c’est-à-dire les éléments du néo-capitalisme prédateur à l’origine de la crise actuelle. C’est un truisme que de le rappeler : la faillite du libéralisme Reagano-Thatchero-Bushien est devenu une évidence.
Les constatations justes évoquent la faiblesse de l’Europe ; le fait que les droits de l’homme et l’écologie, tout en étant des obligations ne sont pas des politiques, mais “des religions substitutives de salut” ; la nécessité pour le socialisme révolutionnaire, s’il veut se faire accepter par les masses, de prouver qu’il ne porte pas atteinte aux libertés civiques. On ne peut qu’être d’accord avec ces observations.
Les recommandations valables concernent la nationalisation du système bancaire, la formation d’un bloc syndical unifié et la création d’un “grand rassemblement populaire, ouvert à toutes les forces hostiles au néo-capitalisme” et ayant l’ambition “comme à la Libération, d’une réforme en profondeur des structures financières et économiques du pays.” C’est bien, mais c’est insuffisant.
Il semble utile de compléter cette analyse en évoquant six points.
Le premier est la lutte contre l'impérialisme et l'hégémonie de Washington. Cela veut dire s'affranchir des idées néo-libérales et de la toute-puissance du marché, traiter la crise financière non pas comme une suite d'erreurs à corriger mais comme la faillite d'un système à changer de fond en comble. C'est-à-dire ne pas se contenter de sauver les banques et les compagnies d'assurances en les regonflant avec l'argent des contribuables, mais profiter de l'occasion pour introduire une régulation efficace de l'économie et une réappropriation par l'Etat de certains organismes et établissements essentiels. Cela veut dire aussi ne pas se plier à la globalisation, refuser les mesures d'adaptation économique imposées par la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI). Entre autres, s'opposer aux privatisations abusives et aux braderies des industries locales, empêcher les grandes compagnies de s'emparer à bas prix des richesses des petits pays, réduits à la dépendance économique par leur pauvreté ou leur endettement. Cela suppose le soutien sans failles à tous ceux qui mènent le même combat, notamment en Amérique latine, comme Chavez au Vénézuéla ou Morales en Bolivie. Cela signifie nouer des liens sérieux avec les puissances qui émergent comme de forts contre-pouvoirs, comme la Russie, la Chine et l'Inde et s'élever contre les opérations américaines d'encerclement préventif d'ennemis imaginaires ou de multiplication de bases de l'armée US. Cela implique le refus de participer aux guerres néocoloniales de Washington, donc le retrait de nos troupes d’Afghanistan et d’Irak, et l’exigence d’utiliser l’argent des budgets militaires à la lutte contre la famine dans le monde.
Le second est la préservation de l'indépendance nationale. Les grandes nations sont aujourd'hui attaquées par le haut et par le bas. Par le haut, elles sont dominées par le globalisme qui veut transcender les frontières au bénéfice de structures mondiales ou européennes. Par le bas, elles risquent d'être démembrées par le régionalisme qui veut les découper en ensembles locaux. On les coiffe par une gouvernance capitaliste et on les sape par une fragmentation géographique. Or une nation comme la France est un modèle de valeurs républicaines qui représentent des acquis fondamentaux de civilisation : le pluralisme des citoyens, l'égalité de droits, les avancées sociales, la neutralité religieuse entre autres. Il faut défendre ces valeurs contre ce qui les menace : le globalisme qui efface les histoires et les cultures nationales, le capitalisme transfrontières qui accumule les injustices sociales et le régionalisme qui n'est qu'une agglomération d'intérêts économiques sans consistance historique ou culturelle.
Cela implique de considérer l'OTAN comme un organisme qui n'a plus sa raison d'être et de s’en retirer. Cela implique de refuser l'Europe de la haute finance et des sociétés transnationales.
Il est intéressant de noter au passage que de telles positions sont loin d'être utopiques, ni même originales : elles étaient celles de la Résistance sous l'occupation allemande, durant la Seconde guerre mondiale, quand les forces clandestines ont été rassemblées dans le CNR par Jean Moulin. Le programme commun se dressait contre l'empire nazi de l'époque et militait pour la nation souveraine et sociale qui émergerait de sa chute. L'empire américain n'a bien sûr pas l'aspect violent de l'envahissement hitlérien, mais son infiltration sournoise aboutit à une forme comparable de domination.
L'éloge du nationalisme qui s'en affranchit ne touche en rien au sentiment d'appartenir à une civilisation commune, celle de l'Occident. Ni à l'amitié traditionnelle qui lie l'Amérique à l'Europe. C'est dans le cadre de cette amitié que la différence est à faire entre le singe qui imite son maître et le souverain qui accompagne son allié. Le Bureau Ovale n'a pas le monopole du patriotisme. Son occupant doit se rendre compte – et nous devons le lui faire comprendre – que les habitants d'autres nations ont le droit d'être patriotes, de tenir à leur indépendance, de vivre s'ils le veulent sous un régime différent. Qu'il foute la paix aux Cubains, aux Chinois, aux Serbes, aux Coréens, aux Syriens, aux Iraniens, aux Vénézuéliens, aux Boliviens, qu'il arrête de vouloir tout réduire au modèle du parlementarisme évangélisé. A cette condition, Washington améliorera son image et retrouvera son aura, car le monde ne veut pas d'un gendarme étoilé, mais il est prêt à s'associer à un entrepreneur puissant. Nous dénonçons une politique, pas un peuple. Si Obama renonce aux guerres préventives, à l'ingérence, à l'imposition de la démocratie par la force, aux pressions économiques et à la stratégie antisociale, et respecte la souveraineté des autres nations au même titre que la sienne, il trouvera des partenaires fiables parce que libres de leurs décisions, et fera de nouveau admirer et envier son pays par le monde entier.
Le troisième point est la nécessité de lutter contre ce qu'on pourrait appeler l'ethnicisme. C'est un point capital. Aujourd'hui, toute la géopolitique est vue à travers un filtre ethnique. On ne parle plus que de groupements liés par le sang. Les Basques, les Kurdes, les Bretons, les Flamands, les Catalans, les Gagaouzes, les Sicules, les Roms, les Ouïgours et bien d'autres en Asie ou en Afrique. Une mode née d'un mécanisme simple : la globalisation déroute les gens en les privant de leur identité. Ils sont perdus dans une masse anonyme. Comme ils refusent en quelque sorte de disparaître, ils se replient sur ce qui peut les définir.
Or les nations perdent de leur consistance devant les offensives mondialiste et régionaliste. Le nationalisme est montré du doigt comme un obstacle à l'adaptation réaliste à un monde qui a changé. Avec cette dénonciation du nationalisme on discrédite la notion de citoyenneté. Difficile de se reconnaître citoyen d'un espace abstrait, lointain et inconnu comme l'Occident ou l'Europe ; inutile d'apprendre à devenir citoyen d'une entité dont on fait déjà partie en naissant. Qu'est-ce qui reste qui permette de s'identifier ? L'appartenance à un groupe de même origine. Une communauté ou une ethnie. C'est le communautarisme qui se sublime en culte des minorités. Le soi-disant respect des différences, et la soi-disant défense du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Chaque ensemble veut rester homogène et avoir sa petite nation. Et les maîtres du monde encouragent cette fragmentation, parce qu'elle affaiblit les grandes nations.
C'est d'ailleurs l'absurdité du système : au moment même où l'on veut faire éclater les nations qui existent, on en encourage la naissance d'autres. Au moment où l'on clame la nécessité de faire l'Europe, c'est-à-dire d'entreprendre un processus d'unification, on multiplie les petits morceaux séparés en coupant la Tchécoslovaquie en deux, en fractionnant la Yougoslavie, en reconnaissant des Etats fantaisistes comme celui du Kosovo.
Cette absurdité a une logique. Ces nouvelles nationettes sont ethniquement homogènes, ce qui contribue encore au dépérissement de la notion de citoyen, et trop faibles pour ne pas dépendre de l'aide économique internationale, donc de la domination politique de l'empire. C'est en fait le but recherché. La vieille maxime divide ut regnes n'a jamais été aussi vraie.
Toute une façon de voir la géostratégie est à remettre d'aplomb. Le monde est vu comme une collection de braises, que le globalisme et l'européisation essaient d'éteindre en les fourrant dans un même cabas. Mais comme des cailloux, ils ne se mélangeront jamais. Au contraire, ils continueront à brûler séparément et finiront par crever le fond du sac.
La gauche doit s'opposer à cette conception ethnique du monde et y substituer la conception citoyenne. C'est-à-dire ignorer les origines qui différencient les hommes pour exalter les principes qui les rassemblent. Le pluralisme, la mixité, le métissage, tout ce qui s'oppose à l'isolement communautariste et à la coagulation des minorités. J'ai beaucoup insisté sur ce point dans mon livre "Le crépuscule des élites"(1)
Un quatrième point est mentionné pour mémoire, parce que si évident qu'il semble inutile de le développer. C'est la redistribution de la richesse, la réaffectation des milliards de l'inégalité sociale. La colère qu'ont suscitée la découverte de sommes colossales réservées aux riches après avoir été refusées aux pauvres, les rémunérations indécentes des grands patrons et leurs parachutes dorés, la disproportion entre la recapitalisation colossale des banques et la maigreur de la lutte de l'ONU contre la sous-alimentation et la misère du Tiers monde, le gigantisme de la fortune dépensée à préparer ou à faire la guerre au lieu d'améliorer les conditions de vie, devrait inciter à des réformes autrement plus radicales que les exorcismes paternalistes de Washington ou l'aspirine velléitaire de Sarkozy. C'est de chirurgie dont on a besoin, pas de pansements. Et cette colère des défavorisés n'ira qu'en s'accentuant jusqu'à ce qu'un bouleversement profond leur donne satisfaction.
La lutte de classes n'a pas disparu. Elle s'est durcie. En ce sens que la classe dominante a des moyens de défendre ses privilèges qui n'ont aucune commune mesure avec ceux dont elle disposait dans le passé. La propagande s'est perfectionnée, le conditionnement de l'opinion publique est devenu d'une redoutable efficacité, les techniques de corruption atteignent des sommets d'habileté. Combattre avec et pour le peuple sera un véritable apostolat.
Le cinquième point concerne l'anti-racisme, qui doit toujours être un combat capital et permanent. Or la classe politique française n'a tiré aucune leçon de ses trahisons à ce sujet. Pendant plus d'une décennie, elle a participé à une campagne de racisme antiserbe comparable à celle dont ont été victimes les juifs en Allemagne au début du nazisme. Elle n'a cessé de traiter les Serbes de barbares, coupables des pires atrocités, alors que leurs adversaires croates ou musulmans baignaient dans le halo de l'innocence. Elle a contribué à broyer une Yougoslavie qui était un modèle de pluralisme, où cohabitaient une vingtaine de nationalités ou d'ethnies différentes. Elle continue à faire pression sur la Serbie, aussi multiethnique que l'ancienne Yougoslavie. Le tout au bénéfice de nations ethniquement purifiées, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, et tout récemment la caricature d'Etat musulman du Kosovo. Et le plus triste est de constater que cette haine des Serbes a été le leit-motiv de réquisitoires à sens unique, repris en chœur par une poignée d'intellectuels à majorité juive, oublieux des horreurs qu'avaient infligés à leurs parents d'autres racistes utilisant les mêmes arguments. La moindre des choses, pour un politicien honnête, serait de reconnaître cette indignité et d'en réparer l'injustice.
Enfin le dernier point est celui de la laïcité. Là aussi, la politique française est contestable. Passons sur les entorses répétées à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, marquées par le financement gouvernemental de lieux de culte ou d'éducation religieuse. Le sommet symbolique de l'agenouillement national a été le titre de chanoine du Vatican décerné à Sarkozy par un des papes les plus réactionnaires de l'Histoire, Ratzinger, le théoricien de l'absolutisme confessionnel. La “fille aînée de l'Eglise”, représentée par son tuteur obséquieux de l'Elysée, a été couronnée pour sa bonne conduite. C'est dire qu'à Rome, on a considéré qu'elle faisait ce qu'il fallait pour mériter cette distinction.
Le soutien du gouvernement d'Israël, dans le sillage de Washington, fait aussi partie d'une certaine compromission cléricale. Le conflit du Proche-Orient a d'autres motivations qu'un affrontement de cultes, mais l'indulgence à l'égard des excès politiques et militaires de l'Etat hébreu témoigne d'une reconnaissance discutable des principes religieux revendiqués par son gouvernement.
Passons sur le Tibet, à propos duquel nos dirigeants se sont répandus en lamentations sur le sort des moines féodaux qui enserraient la province dans un corset religieux. Venons-en à l'islam, face auquel Marianne est à plat ventre. En Bosnie, la France s'est félicitée de l'armement par les grandes puissances des ennemis musulmans des Serbes, et n'a rien trouvé à redire à la création par Izetbegovic, l’ancien président de la Bosnie, d'un Etat musulman au cœur de l'Europe. En Irak, elle a salué avec joie le renversement de Saddam Hussein, qui était sans doute un despote, mais qui était aussi le plus fort bastion laïque du Proche-Orient. Au Kosovo, elle s'est rangée du côté des Albanais et a piteusement accepté la création du nouvel Etat-croupion à majorité musulmane. Enfin, soulignant une fois de plus sa désertion du front laïque, elle s'associe à la diabolisation du général Ratko Mladic, pourchassé comme criminel de guerre, alors qu'elle devrait lui élever une statue pour son courageux combat contre l'islamisation des Balkans.
Le communautarisme ethnique dénoncé plus haut est à combattre non seulement pour son contenu raciste, mais pour le tremplin qu’il offre à l’implantation religieuse. Quel meilleur ciment peut-on rêver pour ce genre de regroupement que l’homogénéité d’une conviction spirituelle ? Les grandes confessions veulent toujours que leur emprise sur la mentalité individuelle introduise à une influence sur l’action collective, c’est-à-dire que leur contrôle s’étende du spirituel au temporel et assujettisse la politique à la foi. Quel milieu peut être plus approprié à cette assimilation qu’un ensemble déjà soudé par son origine, qui ne peut que se renforcer en croyant au même dieu et en pensant de la même façon ! Les communautés sont les laboratoires de la fusion de l’Eglise et de l’Etat, et leur soutien, au nom du respect d’autrui, n’est que la simulation en petit de l’identification religieuse d’un peuple ou d’un pays. Les ghettos, les quartiers “nationaux” dans les grandes villes (chinois, italien, grec, etc.), les coagulations autour d’une mosquée, sont autant de modèles réduits de pays religieusement définis, comme la Russie orthodoxe, l’Irlande catholique, l'Israël sioniste ou l’Amérique protestante. Le culte y profite de la moindre faiblesse pour étendre son contrôle sur la société.
Enumérer reniements et dangers est tracer la voie à suivre : s’opposer à toute entorse à la laïcité, quel qu'en soit l'auteur confessionnel. La République doit permettre toutes les religions, mais n'en favoriser aucune.
Opposition à l'impérialisme, respect de l'indépendance nationale, combat contre l'ethnicité, redistribution des richesses, rejet du racisme et défense de la laïcité, voilà les six piliers auxquels devrait s'arc-bouter une grande politique française. Ajoutons-y la protection de l'environnement et la défense à organiser contre le réchauffement climatique – des objectifs qui ne sont pas une politique mais des devoirs – et nous aurons le lourd plan de bataille d’une gauche renouvelée. Ce sont des prises de position qui exigent de la hauteur de vue, de la volonté et du courage. On aimerait voir l’opposition s’en recommander.
(1) Editions Tatamis, 2008
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Louis DALMAS.
Ecrivain, directeur de B. I. Dernier livre paru : “Le Bal des aveugles”, 2009, Ed. Le Verjus. |
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11 janvier 2010 - POLÉMIQUE À PROPOS DE LA BOSNIE |
Le 26 décembre dernier, l’hebdo Marianne a publié un article de Daniel Salvatore Schiffer sur la Bosnie et la Serbie, que peut-être certains d’entre vous ont lu, mais qui méritait d’être signalé par nous pour la justesse, à quelques nuances près de la plus grande partie de son contenu. Cet article a motivé un “droit de réponse” de l’ambassadeur de Bosnie en France, qui a été publié par Marianne le 8 javier dernier. A son tour, Daniel Salvatore Schiffer a réfuté les arguments de l’ambassadeur dans une “lettre ouverte” que, cette fois, Marianne n’a pas publiée.
Les trois textes sont reproduits in extenso ci-après.
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| (1) Serbie et Bosnie : et si le méchant n'était pas celui qu'on croit |
Le discours dominant depuis les années 90 consiste à dépeindre les Serbes comme les Nazis de l'Europe de l'est, et les Bosniaques comme les parangons du multiculturalisme. A la lumière de quelques faits récents, Daniel Salvatore Schiffer nous explique qu'il n'en est rien.
Quel extraordinaire, paradoxal et historique retournement de situation, au regard de l’opinion publique internationale, que celui que vivent actuellement, depuis ce mardi 22 décembre 2009, deux des pays les plus douloureusement touchés, lors de la guerre civile qui les vit s’affronter entre les années 1991 et 1995, de l’ex-Yougoslavie : la Bosnie et la Serbie.
La Bosnie, tout d’abord, celle-là même que ne cessèrent d’encenser au prix de mensonges souvent éhontés, en voulant nous la présenter comme un modèle de société multiculturelle et pluriethnique, quelques-uns de nos intellectuels les plus médiatisés, au premier rang desquels émerge un imposteur de taille : Bernard-Henri Lévy. Je me souviens, en particulier, de la manière, aussi partisane qu’effrontée, dont ce grand mystificateur s’évertua, durant toutes ces années de guerre et contre le sens de la vérité elle-même, à glorifier les soi-disant mérites de son idole politique d’alors : Alija Izetbegovic, premier Président de la Bosnie indépendante, mais, surtout, fondamentaliste musulman dont la tristement célèbre “Déclaration Islamique”, publiée à Sarajevo en 1970, affirme textuellement, niant là les valeurs de nos sociétés laïques, qu’“il n’y a pas de paix ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques”. Et encore, ces mots terribles, dignes de l’intégrisme religieux le plus dangereux pour la sauvegarde de nos démocraties mêmes, sinon du sens de la fraternité entre les peuples : “Avant le droit de gouverner lui-même et son monde, l’islam exclut clairement le droit et la possibilité de la mise en œuvre d’une idéologie étrangère sur son territoire. Il n’y a donc pas de principe de gouvernement laïc, et l’Etat doit être l’expression et le soutien de concepts moraux de la religion.”. Edifiante, cette étrange conception de la tolérance chez les amis de BHL et Cie, pour la plupart anciens “maoïstes” ou “trotskystes-léninistes” repentis de surcroît !
Eh bien c’est cette Bosnie prétendument multiculturelle et pluriethnique, celle-là même que Bernard-Henri Lévy et ses acolytes “nouveaux philosophes” (André Glucksmann, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner…) s’échinèrent à angéliser, qui vient à présent (et enfin !) de jeter le masque : elle s’est vue très justement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ce 22 décembre 2009 donc, pour discrimination raciale à l’encontre de ses minorités ethniques. Et, en particulier, des Juifs et des Roms, interdits, par la Constitution Bosniaque actuelle, de se présenter à certains scrutins nationaux et élections de toute première importance pour la vie politique du pays, dont la présidence de l’Etat.
Le vrai visage des Etats de l'ex-Yougoslavie.
Le motif de cette condamnation, de la part des juges européens, de la Bosnie ? Celle-ci, aussi fondée qu’imparable : l’interdiction faite aux minorités de se présenter à certains scrutins “ne repose pas sur une justification objective et raisonnable” et est donc contraire, comme telle, à la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
A propos : ces Juifs et ces Roms, n’étaient-ils pas déjà ceux-là mêmes que les divisions SS Handjar du grand mufti de Sarajevo, alors alliées inconditionnelles des encore plus terrifiants Oustachis d’Ante Pavelic, persécutèrent avec une effroyable cruauté, à faire pâlir d’horreur les nazis eux-mêmes, lors de la Seconde guerre mondiale ?
La Serbie, ensuite, ce pays que ces mêmes “nouveaux philosophes”, et l’impayable BHL en tête toujours, s’acharnèrent, avec un zèle inégalé, à démoniser systématiquement, jusqu’à contribuer, y compris lors de la guerre du Kosovo (1997-1999), à sa longue et éprouvante mise au ban des nations.
Et bien, c’est cette Serbie, guidée aujourd’hui de main de maître par son Président pro-occidental, le très éclairé et très démocrate Boris Tadic, qui a déposé formellement, ce même 22 décembre 2009, sa candidature à l’adhésion, après avoir obtenu quelques jours auparavant la libéralisation des visas pour ses citoyens, à l’Union Européenne.
Reste à espérer que l’Europe accédera rapidement à cette demande, en tout point légitime, de la Serbie. Et que le manichéisme pour le moins étriqué de ces intellectuels en chambre, aveuglément “pro-bosniaques” et unilatéralement “anti-serbes ”, retrouvent enfin les lumières, qui leur a si longtemps fait défaut, de la raison.
Quel cinglant démenti, par les voix les plus officielles, à leurs diverses manipulations idéologiques: un véritable boomerang ! Et quelle leçon d’Histoire, magistrale, pour eux !
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| Daniel Salvatore SCHIFFER. |
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| (2) DROIT DE RÉPONSE DE L’AMBASSADE DE BOSNIE-HERZÉGOVINE |
Almir Sahovic, ambassadeur de Bosnie-Herzégovine en France, nous a envoyé un droit de réponse quant à la tribune de Daniel Salvatore Schiffer (qui n'est pas membre de la rédaction de Marianne) parue le 26 décembre sur notre site sous le titre “Serbie et Bosnie : et si le méchant n’était pas celui qu’on croit ?”
Nous avons été stupéfaits à la lecture de l’article intitulé “Serbie et Bosnie : et si le méchant n’était pas celui qu’on croit ?” paru sur la page Web de Marianne.
Il s’agit d’un article d’une partialité absolue, plein de haine, dont les termes provocateurs n’ont rien à voir avec la réalité. Sans nul doute pourrait-on même dire que le seul but de l’auteur est de dénigrer certaines personnalités françaises, amis de la Bosnie-Herzégovine, et d’en tirer une sorte d’autopromotion pitoyable.
Aussi, nous voudrions attirer votre attention sur les faits suivants :
• La condamnation récente de la Bosnie-Herzégovine par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour une discrimination contre les minorités ethniques est le résultat des dispositifs de la Constitution bosno-herzégovinienne imposée par la Communauté Internationale en 1995 dans le cadre des Accords de Dayton. Dans ces Accords, les trois peuples constitutifs (Bosniaques, Serbes et Croates) sont les seuls à pouvoir accéder à certains postes au nom de l’équilibre des positions entre les trois communautés. Les recours des plaignants, qui ont amené la Cour Européenne à se prononcer sur cette question, ont été pleinement soutenus par les autorités et toutes les principales forces politiques du pays, comme moyen le plus rapide pour permettre le changement de la Constitution. Par conséquent, il faut être soit d’une ignorance extraordinaire de la situation actuelle en Bosnie-Herzégovine, soit vraiment mal intentionné pour se permettre d’expliquer cette décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme comme se l’est permis l’auteur de cet article.
• Les allégations de l’auteur de l’article sur “l’histoire nazie de la Bosnie-Herzégovine” sont tellement grotesques et stupides qu’elles ne méritent aucun commentaire. Peut-être juste une suggestion, celle de lire au moins un ouvrage historique sur la Seconde guerre mondiale dans cette partie de l’Europe avant d’en faire des commentaires. Ainsi, il aurait pu apprendre que les bosno-herzégoviniens ont été les plus actifs dans la résistance antifasciste et la libération de la Yougoslavie conte les nazis. Il aurait aussi appris qu’à cause des grands mouvements de résistance, 5 des 7 grandes offensives nazis contre les partisans ont eu lieu sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine. S’il connaissait un peu la situation actuelle des pays de l’ex-Yougoslavie, il pourrait savoir que Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, est la seule ville de toute l’ex-Yougoslavie dont la rue principale porte toujours le nom du maréchal Tito, chef de la résistance et libération yougoslave.
• La Bosnie-Herzégovine se félicite du progrès européen de nos voisins, et elle soutient pleinement l’adhésion de tous les pays de notre région à l’Union Européenne. Nous considérons que l’adhésion de tous ces pays à l’Union Européenne et à l’OTAN est la meilleure garantie pour l’établissement de la prospérité et de la stabilité durable dans toute la région du sud-est de l’Europe. A ce titre, nous trouvons d’autant plus très incongru l’esprit général de l’article qui essaie de défendre le régime de l’ancien président serbe, Slobodan Milosevic, – mort dans la prison du Tribunal pénal International de l’ex-Yougoslavie à La Haye pendant son procès pour le génocide et les crimes contre l’humanité commis en Bosnie-Herzégovine – en essayant de l’identifier à la politique du président actuel de la Serbie, M. Boris Tadic, qui a également combattu la dictature de Milosevic. Sans vouloir entrer dans les détails de l’histoire récente de la Bosnie-Herzégovine et des Balkans, ni du rôle du régime de Milosevic, nous conseillons à l’auteur de l’article de consulter quelques-uns des jugements rendus par le Tribunal Pénal International de Justice des Nations Unies, qui sont les témoins des plus objectifs sur cette période. Après cette lecture, peut-être ressentira-t-il un peu de honte quant à ses écrits sur l’histoire récente de la Bosnie-Herzégovine.
• Pour finir, nous voudrions souligner notre détermination à poursuivre la reconstruction et la défense de la société multiculturelle et pluriethnique qui existe depuis des siècles en Bosnie-Herzégovine, au profit de tous les citoyens de notre pays quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique, et à progresser sur le chemin de la Bosnie-Herzgovine vers l’Union Européenne que cela plaise ou non à l’auteur de l’article. Nous dirions même que son langage de haine et ses commentaires nous donnerons une force supplémentaire à progresser encore plus rapidement dans cette direction.
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| Almir SAHOVIC, Ambassadeur de Bosnie-Herzégovine. |
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| (3) LETTRE OUVERTE A ALMIR SAHOVIC, AMBASSADEUR DE BOSNIE-HERZEGOVINE EN FRANCE |
Cher Monsieur,
Je sais pertinemment bien que, m’adressant à vous, je devrais vous appeler “Votre Excellence“, comme me l’impose, en matière de diplomatie, l’étiquette protocolaire. Permettez cependant que, au vu du ton que vous employez à mon égard, je m’en abstienne.
Car, que vous répliquiez, par un droit de réponse, à mon article paru, le 26 décembre dernier, sur le site internet du journal Marianne, me paraît tout à fait légitime et même, dirais-je, bienvenu. Ce principe, inaliénable à mes yeux, fait partie du débat démocratique, auquel je suis particulièrement attaché. Mais que vous vous autorisiez, pour cela, à m’insulter, me diffamer ou, pis, me prêter, moyennant une série d’amalgames absolument infondés, des sentiments et pensées que je n’ai pas, ni n’ai jamais eus, s’avère en revanche, tant sur le plan moral qu’humain, inacceptable.
Ainsi souhaiterais-je donc préciser ici, à mon tour, quelques points essentiels à la juste compréhension de mon texte intitulé “Serbie et Bosnie : et si le méchant n’était pas celui qu’on croit ?”.
1.Il est exact, comme tient à le stipuler Marianne, que je ne fais pas partie de la rédaction de ce journal. Mais il est tout aussi vrai, et cela n’est point mentionné dans l’introduction à votre droit de réponse, que le titre de ma tribune, n’est pas de moi, mais bien de cette même rédaction. L’intitulé original, axé sur la polémique qui me voit depuis longtemps opposé à une certaine frange de l’intelligentsia française, en était “Bosnie-Serbie : la guerre des intellos et les leçons de l’Histoire”. Par ce titre, plus neutre et objectif, je souhaitais ainsi éviter de verser, à mon tour, dans le piège d’un manichéisme inversé et de tout aussi mauvais aloi que celui que j’ai toujours condamné en cet épineux dossier.
2.Jamais, dans le texte que vous incriminez, je n’ai fait l’apologie du régime de l’ancien Président de la Serbie, Slobodan Milosevic. Pas plus n’y ai-je nié, ni même minimisé, l’ampleur ou la gravité des crimes perpétrés par les forces militaires serbes, lors de la guerre qui ensanglanta l’ex-Yougoslavie entre les années 1991 et 1995, dans votre malheureux pays. Tel n’était d’ailleurs pas le sujet de mon article.
3.Au contraire, j’ai écrit et fait publier, le 5 février 1994, dans Le Quotidien de Paris, journal aujourd’hui disparu, une lettre ouverte, intitulée “Pitié pour les innocents !”, à Radovan Karadzic, alors Président des Serbes de Bosnie, où je lui demandais instamment de mettre un terme à l’abominable siège de Sarajevo. De même ai-je rédigé et fait paraître, le 1er avril 1997, dans le journal Le Soir, l’un des plus importants de Belgique, une opinion ayant pour très explicite titre “Dérive fasciste chez quelques intellectuels proserbes”. Ce point de vue, je l’ai réitéré quelques mois après, le 15 décembre 1997 (à l’occasion des obsèques de mon ami Ivan Djuric, l’un des plus fermes opposants serbes, exilé à Paris, à Milosevic), dans Marianne, alors dirigé par Jean-François Kahn, sous le titre non moins clair de “Serbie : ce fascisme qui s’installe”. Tous ces papiers me valurent les foudres, et parfois les pires ennuis, tant de Belgrade que de Pale, alors fief des Bosno-Serbes. Mais voilà : j’y avais aussi l’impardonnable tort, aux yeux des Bosno-Musulmans, d’y stigmatiser également, en un même et impartial souci de justice pourtant, les crimes commis également, par vos tout aussi indignes dirigeants, à l’encontre des Serbes, victimes en outre, quant à eux, d’un incroyable lynchage médiatique, à de rares exceptions près, de par le monde !
4.Ce n’est pas moi qui viens de condamner la Bosnie-Herzégovine pour discrimination à l’encontre de ses minorités ethniques, mais bien la très estimable et très objective Cour Européenne des Droits de l’Homme.
5.Il m’étonnerait beaucoup que ce soient les promoteurs des Accords de Dayton, au sein desquels figuraient Européens et Américains, à y avoir expressément établi que Roms et Juifs ne pouvaient accéder aux plus hautes instances et fonctions de votre Etat : cela est en effet tout simplement contraire aux principes les plus intangibles tant de l’Organisation des Nations-Unies que de l’Union Européenne.
6.Ce n’est toujours pas moi qui ai écrit la tristement célèbre Déclaration Islamique, texte dangereusement fondamentaliste, mais bien le premier Président de la Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic, que bon nombre de vos pairs considèrent encore comme un héros national. Nier l’existence de ce texte équivaudrait à faire preuve d’une très suspecte dose de révisionnisme historique : ce qui, j’ose l’espérer, n’est pas votre cas !
7.Le passé nazi de la Bosnie, tout comme celui de la Croatie, est une réalité, hélas pour nous tous, historiquement avérée. La nier serait faire preuve là, carrément, de négationnisme. Ceci dit, qu’il y ait eu alors, dans ces deux pays, une minorité de résistants, comme sous l’Italie fasciste, la France pétainiste ou l’Espagne franquiste, personne, et moi moins que quiconque, ne le conteste. Mais vous en exagérez et surévaluez, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à vous, la véritable portée ou incidence historique !
8.La “haine” que vous m’attribuez indûment au regard de votre peuple, pour lequel j’éprouve au contraire un infini respect, n’est que le reflet d’un autre et injuste procès d’intention, de votre part, à mon encontre. Bien plus : mon amitié et ma compassion ont toujours été telles, pour les musulmans de Bosnie, que j’ai supervisé en personne, parfois au péril de ma vie, la libération pacifique, les 14, 16 et 18 décembre 1992, suite à la visite que j’en avais faite avec le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, du plus grand camp de prisonniers qu’avaient alors les Serbes : le camp de Manjaca, en Bosnie Nord-Occidentale, non loin de Banja Luka, où 3.000 musulmans Bosniaques et près d’une centaine de Croates ont ainsi échappé à la mort. Ce fait, attesté tant historiquement que médiatiquement (la télévision nationale italienne, la RAI, a filmé cet événement), est longuement relaté, par le menu détail, dans mon récit de guerre “Requiem pour l’Europe”, publié, en 1993, aux Editions L’Âge d’Homme.
9.Mais le pire, cher Monsieur, c’est que les autorités politiques de votre pays, au lieu de me remercier d’avoir ainsi contribué à la survie de quelques milliers de ses propres citoyens, m’en ont toujours voulu, jusqu’à me menacer des pires extrémités – la mort – si je persistais à vouloir enfreindre le dogme antiserbe qui sévissait, à cette époque-là, au sein de la communauté internationale. Je me souviens, à ce sujet, des propos que m’avaient alors tenus un des ministres (dont je préfère taire le nom par charité) du premier gouvernement de Bosnie-Herzégovine : ces 3.000 hommes, me déclara-t-il alors, devaient mourir en martyrs pour le bien de la cause bosniaque, et il ne fallait surtout pas, insista-t-il, que les Serbes passent pour de bonnes âmes, face aux médias, en fermant ce camp ! Est-ce donc là, cher Monsieur, plus encore que votre conception de la démocratie, votre sens de l’humanité ?
10.Peut-être ne savez-vous pas, à propos de cette menace de mort dont je fus donc naguère l’objet de la part de l’un de vos ministres, que le vendredi 21 mai 1993, aux environs de dix heures du matin, un de vos concitoyens – un sniper juché sur le toit du building de l’Holiday Inn – essaya de me tuer, froidement, alors que je traversais, en courant, une rue de Grbavica, le quartier serbe, où vivaient quinze mille personnes terrées comme des rats, de Sarajevo ? C’est une unité de “casques bleus” français, alors commandée par un homonyme, le capitaine Schiffer (ça ne s’invente pas !), qui me sauva de ce traquenard. Une équipe de la télévision de Pale, qui m’accompagnait ce jour-là, filma entièrement la scène : on y voit distinctement, lorsqu’on l’actionne au ralenti, la balle filer, comme par miracle, à quelques centimètres au-dessus de ma tête, que j’eus juste le temps de baisser, mû par je ne sais quel réflexe de survie, lorsque j’entendis retentir le coup de fusil. Cet épisode fit la une, le lendemain matin, du journal Politika, le plus sérieux et important des quotidiens de Belgrade. Rien, par contre, chez vous : la conspiration du silence ! Je conserve précieusement en mes archives, à titre de preuve, la bande vidéo de cet assassinat manqué. Aussi, si vous souhaitiez d’aventure la visionner, afin d’en avoir le cœur net et de regarder ainsi la vérité en face, vous l’offrirais-je volontiers. Ce serait enfin faire montre là d’une salutaire honnêteté intellectuelle au regard de l’Histoire.
11. N’essayez pas, enfin, de vous mêler d’un débat qui, souvent vif et même virulent, mais toujours respectueux des idées comme des personnes, anime parfois les grands combats, en France, entre intellectuels. C’est là une tradition qui existe, aux pays des Lumières, depuis le fameux J’accuse d’Emile Zola au temps de l’affaire Dreyfus, mais qui, à l’évidence, semble vous échapper. Vous êtes là une fois encore – j’ai l’immense regret de vous l’apprendre – hors sujet !
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| Daniel Salvatore SCHIFFER. |
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24 décembre 2009 - LE NOËL DORÉ DU RÉNÉGAT |
La galerie des renégats, déjà illustrée par les Glucksmann, Kouchner, Besson et Cie, vient de s‘enrichir d’une nouvelle vedette : l’ex-ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer. A vrai dire, on connaît depuis longtemps les trahisons du personnage. Le rebelle qui tabassait à coups de pied des flics à terre dans sa jeunesse, a gravi les échelons de la politique jusqu’à la direction des Verts de son pays avant d’empocher le portefeuille ministériel. A la tête des soi-disant pacifistes, il a réclamé le bombardement de la Yougoslavie ; en missionnaire de l’écologie, il a été le champion de la pollution militaire ; en charge de la politique internationale, il s’est montré le larbin dévoué de l’Alliance atlantique. Complétant l’apostasie par la vénalité, il vient de se faire embaucher par le consortium pétrolier qui envisage la construction du pipeline Nabucco.
Pour ceux qui n’ont pas suivi les nombreux articles que B. I. a consacré au sujet, le pipeline Nabucco est un projet de 8 milliards d’euros d’une longueur de 3.000 km, concocté par l’association des compagnies énergétiques OMV d’Autriche, Bulgargaz de Bulgarie, Botas de Turquie, RWE d’Allemagne, MOL de Hongrie et Transgaz de Roumanie, et destiné à transporter le pétrole et le gaz du Moyen Orient et d’Asie centrale à travers la Turquie jusqu’en Autriche en contournant la Russie. L’idée est d’affranchir la bonne Europe américano-libérale de la tutelle du géant russe Gazprom qui est en mesure de couper la fourniture d’énergie continentale à son gré, comme il l’a fait lors du conflit avec l’Ukraine en janvier 2009.
Nabucco fait partie de la stratégie occidentale d’élimination de la Russie. Mais dans la guerre du pétrole, Gazprom a pris de l’avance. La compagnie russe a mis en chantier un oléoduc concurrent appelé Nord Stream, passant sous la mer Baltique, et s’est engagée depuis 2007, avec la compagnie italienne ENI, dans la construction d’un troisième conduit, appelé South Stream, passant sous la mer Noire. Elle se renforce, alors que le plan occidental en est à ses premiers balbutiements. Comme le dit Borut Grgic, le président de l’Institut d’études stratégiques de Bruxelles : “Près de huit ans se sont passés depuis que l’Union européenne a conçu l’idée de construire le Nabucco, et on ne sait même pas encore quels pays vont fournir le gaz.” Sans parler du fait que les coûts de transit n’ont pas encore été discutés avec la Turquie.
Cela n’a pas empêché Joschka Fischer de s’assurer une fin de carrière grassement rémunérée en rejoignant les pétroliers antirusses. En le faisant, il fera face à un autre spécialiste de la retraite dorée, l’ex-chef de gouvernement social-démocrate Gerhard Schröder qui, lui, s’est fait embaucher de l’autre côté, par le rival Gazprom. Mais Fischer est beaucoup plus fourbe – et efficace – que son collègue. En plus du nouveau ratelier énergétique, il jouissait déjà d’un cumul royal. Il est consultant en stratégie de trois des plus grandes entreprises allemandes : BMW, Siemens et RWE.
On peut lui tirer le chapeau. C’est un retournement de veste plus luxueux que la légion d’honneur de l’ex-maoïste Glucksmann ou les sinécures gouvernementales des ex-socialos Kouchon et Bessner…
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20 décembre 2009 - DEUX RAISONS DE L’ÉCHEC DE COPENHAGUE |
Le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique s’est terminé, comme prévu, par un échec. Et nos médias se sont lamentés sur une Amérique qui ne s’engage pas, une Europe incapable de parler d’une seule voix, une Chine qui ne pense qu’à ses intérêts, une Inde ne sachant pas prendre parti et un Tiers monde se querellant dans l’impuissance. Bref, des larmes de crocodile sur un spectacle de cirque raté.
Et, comme d’habitude, personne n’évoque l’essentiel. En l’occurrence, deux points qu’on aurait bien aimé voir traiter dans les grands journaux et à la télévision, et qui expliquent ce qui s’est passé.
1) Le rôle du “Groupe des 77”. Vous ne savez pas ce que c’est ? Et pour cause. Nos brillants commentateurs évitent soigneusement d’en parler. Pourtant son action a été capitale. Fondée le 15 juin 1964, cette coalition de pays en voie de développement compte aujourd’hui 130 nations membres, emmenées par la Chine et l’Inde. Elle est devenue un redoutable instrument de lutte contre l’hégémonie de l’impérialisme américain. Or, les analystes honnêtes de la situation internationale savent que toute cette énorme offensive de “sauvetage de la planète”, si elle pose des problèmes de pollution qu’il faut en effet résoudre, a aussi comme objectif de rassembler le monde sous la houlette de Washington. La réunion de Copenhague était conçue comme une étape importante dans ce formatage des Nations Unies par l’Occident.
Notre bonne “gauche” officielle, toujours à la botte du shérif, a vendu la mèche : “La simple combinaison des intérêts nationaux, cadre intellectuel des stratèges à l’ancienne, ne suffit plus à assurer l’avenir de la planète, dit Laurent Joffrin dans son éditorial de Libération du 18 décembre dernier. C’est la marche vers un directoire mondial démocratique qui conditionne maintenant l’avenir de l’humanité. Il dépend d’Obama que cette utopie nécessaire prenne ou non un début de consistance.” Inutile de dire que cette idée de gouvernance mondiale américaine ne plaît pas aux 130 pays du “Groupe des 77”, et ils n’ont pas manqué de le faire savoir. Avec le résultat que l’on sait. Mais ça, ça ne figure pas dans les causes de l’échec répertoriées dans nos grands médias.
2) Un autre grand sujet a été passé sous silence. Quand a-t-on entendu les chantres de la dépollution, du style Nicolas Hulot, déplorer les dégâts causés à l’environnement par les guerres impériales ? Où a-t-on vu tous ces mesureurs de CO2, si acharnés à rationner nos automobiles ou nos radiateurs, se donner la peine de calculer ce que diffusent les milliers de chars, de véhicules blindés, de camions qui sillonnent sans arrêt les pistes d’Irak ou d’Afghanistan ? Dans quelle émission de télé a-t-on entendu les camelots de l’écologie, comme Cohn-Bendit, dénoncer les ravages des bombardements ou la contamination de régions entières par l’uranium appauvri ? Combien de fois nos représentants dans la capitale danoise ont-ils pris la parole pour dénoncer la destruction miliaire de la planète ? On peut penser que cette occultation des formes armées de la colonisation moderne n’a pas rassuré les cibles éventuelles dans le Tiers monde, et a aussi contribué à l’échec. Mais ça non plus, ça n’a pas eu l’honneur d’être évoqué dans nos médias.
Résistance à l’Empire US, dénonciation des guerres : voilà la véritable trame de la faillite du sommet. Que nos médias n’en disent pas un mot prouve simplement la servile médiocrité de notre information.
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Louis DALMAS.
Directeur du mensuel B. I. Dernier livre paru : “Le bal des aveugles” (Editons Le Verjus). |
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18 décembre 2009 - L'arnaque de Copenhague |
A l'heure où ces lignes sont écrites, le grand barnum danois, plus communément appelé “sommet climatique de Copenhague”, semble se diriger tout droit vers un échec, comme le claironne avec dépit et jusqu'à plus soif toute la cléricature médiatique.
Et si au contraire, ce prétendu échec était une grande victoire pour tous ceux qui estiment que ce “réchauffement climatique anthropogène” est une pure escroquerie intellectuelle doublée d'une fumisterie rarement égalée ?
Car n'en déplaise à tous les “réchauffistes”, de nombreux scientifiques contestent radicalement les conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Et tous ne sont pas pilotés par le lobby pétrolier, contrairement à une idée largement répandue. Parmi les plus grands savants mettant en doute les diagnostics et dénonçant les recommandations du GIEC, on compte des hommes aussi prestigieux que Vincent Courtillot, Youri Israël et Youri Osipov, pour ne citer qu'eux.
Mais que cache réellement cette obsession autour du “réchauffement climatique causé par l'homme” ?
Pour quelques uns des défenseurs les plus acharnés de la thèse, on remarque un curieux mélange des genres. A commencer par le plus emblématique de tous, l'ineffable Al Gore. L'ancien vice-président des Etats-Unis a fondé un hedge-fund nommé Generation investment management avec un ancien de la banque Goldman Sachs, David Blood. Ce hedge-fund (un fonds hyper-spéculatif) basé à Londres, plus connu sous le nom de “Blood and Gore”, est spécialisé dans ... les droits d'émission de carbone. Juge et partie, dites-vous ?
Pas la peine de trop s'attarder non plus sur les écolo-télévangélistes à la sauce millénariste du type Yann-Arthus Bertrand (YAB pour les intimes) qui, lorsqu'il ne passe pas plusieurs heures dans son hélicoptère (à polluer réellement pour le coup), réalise des films généreusement sponsorisés par son ami, le philanthrope célèbre, François-Henri Pinault.
Et pour l'impayable Nicolas Hulot, inutile de rappeler ses liens avec TF1 et Bouygues, des entreprises respectées pour leur éthique et leur sens moral, comme nul ne l'ignore.
Il est évident qu'au moment où la deuxième vague de la crise (“double deep recession”) n'a pas encore frappé, il est urgent et vital pour une partie de l'oligarchie de trouver une porte de sortie. Et “l'économie verte” et les “nouvelles technologies” paraissent toutes désignées pour éviter aux élites économico-financières planétaires de voir le sol se dérober un peu plus sous leurs pieds.
A ce propos, il faut noter que Gordon Brown, lorsqu'il était encore chancelier de l'Echiquier, avait fait la promotion d'un système permettant la négociation de 100 milliards de dollars de droits à l'émission d'oxyde de carbone, marché sur lequel la City était assurée d'une position dominante. Elle contrôle le European Emissions Trading Scheme (Organisation européenne des droits échangeables), par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde et 80 % de sa valeur.
Autre point capital, les fanatiques du “réchauffement climatique” ont beaucoup de mal à masquer le caractère malthusien de leurs propositions.
Les grandes tirades sur la “surpopulation”, la “bombe démographique”, l'“empreinte climatique”, ne visent qu'à encourager des politiques anti-natalistes et favoriser des cures d'austérité et de désindustrialisation. Des “thérapies de choc” pour reprendre une formule chère aux économistes ultra-libéraux.
On a déjà pu assister à ces reportages hallucinants visant à culpabiliser les consommateurs de viande et de fruits et légumes “hors saison” en raison de “l'impact carbone” important provoqué par ces importations de denrées alimentaires.
Encourager les productions locales et enracinées est une excellente chose (mais de cela d'ailleurs il n'est nullement question car les “réchauffistes” sont avant tout des mondialistes et des libre-échangistes), mais c'est tout simplement la consommation de certains produits qui est condamnée par ces ayatollahs d'un nouveau genre.
Tous ces “verts” (anciens ou fraîchement et opportunément convertis) ont un point commun, comme le faisait remarquer très justement Jean-Pierre Chevènement. Ils ne croient nullement en la capacité d'innovation et de création de l'homme. Leur croyance est que l'humanité vit dans “un monde fini”. Leur technophobie est palpable et manifeste. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer leur refus obstiné d'aborder la question du nucléaire, et plus particulièrement du nucléaire de quatrième génération, qui résoudrait pourtant un grand nombre de problèmes environnementaux.
Autre donnée fondamentale : comme dans le cadre de l'effondrement du système financier, de la grippe H1N1, le “réchauffement climatique” est un nouvel épisode de dimension globale qui permet à tous les thuriféraires du New World Order de faire avancer leur projet de “gouvernement mondial”. Des essayistes comme Jacques Attali le reconnaissent désormais très ouvertement. Dans ce domaine, le temps des précautions oratoires est bel et bien révolu au sein de la ploutocratie transnationale.
Toutefois, certains pays ne semblent pas totalement dupes et ne sont pas prêts à abandonner leur souveraineté au profit d'une entité supranationale. La Chine et l'Inde en premier lieu. Mais ils ne sont pas les seuls.
Les dirigeants de ces pays ont probablement prêté une oreille attentive aux avertissements de Lord Monckton, virulent opposant et détracteur du GIEC, sur la volonté d'une partie des factions impérialistes d'utiliser le sommet de Copenhague pour mettre en place une structure surplombant l'autorité des Nations et faisant fi de leur souveraineté.
On peut être certain que les “réchauffistes” vont revenir à la charge très rapidement et là il faudra encore espérer que des pays résistent.
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| Maurice GENDRE. |
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15 décembre 2009 - L'Europe est-elle en voie de "balkanisation" ? |
Quand on fait preuve de mauvaise foi, autant ne pas s'arrêter en si bon chemin : l'hypocrisie ne fait pas de mal. C'est peut-être ce type de pensée qui traverse l'esprit des journalistes qui titrent, "scandalisés", sur Nauru, le petit îlot du Pacifique peuplé de 12.000 habitants, qui vient de reconnaître les régions "séparatistes" d'Abkhasie et d'Ossétie du Sud. Mais ces journalistes oublient que certains lecteurs – et le blogueur de Serbian Watch y compris – ont une mémoire tenace : la reconnaissance du Kosovo, par le même confetti de l'empire du secret bancaire, en août 2008, n'a pas du tout entraîné la même réaction chez nos "philosophes".
Mais alors, comme le rappelle l'édito du Monde du 13 décembre, Européens, nous avons un problème. Car il y a, à l'évidence, un parallèle entre le Kosovo et les régions russes que l'on ne peut s'empêcher d'établir que si l'on est de très, très mauvaise foi...
Et le parallèle va bien plus loin que vous ne le pensez : aujourd'hui, on nous révèle que Nauru a touché 50 millions de dollars d'aide de la Russie, pour faire face à la crise, et a "en retour" fait un geste diplomatique. Mais on oublie de dire que les Etats-Unis ont fait le même coup l'an dernier!
Alors, si demain les Catalans ont envie de constituer leur petit Etat autour d'une Barcelone capitale, ils savent combien d'ores et déjà combien il faut "mettre de côté". Dans le monde, tout a un prix, la drogue (50 euros pour le gramme de cocaïne, histoire de ne pas aller à une soirée branchée les mains vides), 4 millions d'euros pour révéler à un Etat 300 noms de clients coupables d'évasion fiscale, 50 millions pour se faire reconnaître "Etat" parmi les 192 autres.
Certes, à ce prix, on a pas le siège à l'ONU, mais qu'importe. La reconnaissance internationale unanime, cela coûte cher, l'ancien président croate Tudjman l'avait compris : selon lui la Croatie avait besoin d'une guerre pour être reconnue internationalement. Et qu'on accuse pas l'auteur de ce blog de mensonges: c'est Stipe Mesic, l'actuel président croate, qui a révélé cela...
Revenons-en à "l'Europe", car malheureusement, rares sont les sujets de Sarkozy qui connaissent ou s'intéressent aux Balkans. (Je ne jette la pierre ni à lui, ni aux 60 autres millions, mais condamne plutôt la télévision, les manuels scolaires...)
L'Espagne fait face à des mouvements séparatistes. La Grande Bretagne aussi ; cette dernière risque d'avoir des surprises, quand la crise de la dette refera surface, et se combinera à la question de l'identité nationale. Un rapport interne d'une grande banque occidentale pointe que la livre sterling pourrait avoir un taux de change 1-1, dans un avenir proche, avec l'euro. Voire avec le dollar...
Cette inflation ressemble à la situation yougoslave entre 1981 et 1984, lorsque les salaires réels ont été divisés par deux, suite à une inflation nécessaire pour corriger l'excédent de la dette.
La Yougoslavie en a payé les conséquences par le sang. Je ne souhaite absolument pas les mêmes conséquences au Vieux continent.
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Predrag CVIJIC. Serbian Watch |
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LA PARODIE DE JUSTICE DE LA HAYE
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| Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) refuse d’accorder à Radovan Karadzic le temps de préparation de son procès dont ont bénéficié d’autres accusés non-serbes. |
Le procès pour crimes de guerre intenté à l’ex-président bosno-serbe Radovan Karadzic devant le TPIY de La Haye est une honte. Il figurera dans l’Histoire dans la catégorie des procès fabriqués en Union soviétique à l’époque stalinienne.
Le 3 septembre dernier, Karadzic a demandé au tribunal de retarder de dix mois le début de son procès pour pouvoir préparer sa défense. Si l’on avait accédé à sa requête, le procès aurait débuté le 3 juillet 2010.
Le tribunal a refusé et a ordonné que le procès commence le 26 octobre, juste une semaine après que l’accusation a fourni son acte d’inculpation mis à jour.
Karadzic est entré dans la prison du tribunal le 30 juillet 2008. La date du 26 octobre ne lui a laissé que un an et trois mois pour préparer sa défense, ce qui est un délai substantiellement inférieur à celui qui a été accordé à plusieurs importants accusés non-serbes.
Le chef albano-kosovar de l’UCK et ex-Premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj s’est vu accorder deux ans pour préparer sa défense avant le début de son procès. Il a été emprisonné par le tribunal le 9 mars 2005 et son procès a commencé le 5 mars 2007.
Le général croate Ante Gotovina a eu deux ans et trois mois pour se préparer. Emprisonné le 10 décembre 2005, il a fait ses débuts devant la cour le 11 mars 2008.
Le chef d’état-major de l’armée bosno-musulmane Rasim Delic a pu se préparer pendant deux ans et quatre mois. Ila été placé sous la garde du tribunal le 28 février 2005 et son procès s’est ouvert le 9 juillet 2007.
Le fait que soit refusé à Karadzic un délai de préparation équivalent à celui de Delic, Haradinaj ou Gotovina ne peut s’expliquer que par la discrimination anti-serbe du tribunal. D’autant plus que Karadzic n’a même pas demandé un délai aussi long. Sa requête était plus que raisonnable, car si le tribunal lui avait donné suite, il aurait eu trois semaines de moins que Haradinaj, trois mois de moins que Gotovina et quatre mois de moins que Delic. Il aurait même pu demander plus de temps, car il est l’objet de plus de chefs d’inculpation et d’accusations plus graves que les trois autres. Aucun d’entre eux n’a été accusé de génocide.
Cela dit, même dans cette situation, Karadzic a eu plus de chance que l’ex-président serbe Slobodan Milosevic qui n’a eu que sept mois et demi pour préparer sa défense avant que son procès ne commence, une preuve de plus de la partialité du tribunal. Emprisonné le 29 juin 2001, il a vu débuter son procès le 12 février 2002.
Le refus intransigeant du tribunal a obligé Karadzic à avoir recours à une désobéissance civile non-violente. Il a refusé de participer aux sessions tant que sa défense ne serait pas prête.
Au lieu d’accéder à sa demande raisonnable et de lui accorder un temps de préparation semblable à celui dont ont bénéficié les trois personnalités non-serbes, le tribunal a annoncé qu’il dégradait encore plus ses droits en lui imposant un avocat contre sa volonté.
Dans son arrêt du 5 novembre, le tribunal a considéré que Karadzic avait “substantiellement et constamment entravé la poursuite appropriée de son procès en refusant d’assister aux sessions tant qu’il ne se considérerait pas prêt, malgré la décision de cette chambre, soutenue en appel, qu’il avait eu assez de temps pour se préparer.”
L’article 21 des statuts du tribunal accorde à l’accusé la garantie minimum d’un “délai adéquat et des conditions appropriées pour la préparation de sa défense.” Malheureusement, c’est au tribunal de décider ce qui est “approprié”, et sa décision n’est fondée que sur sa propre appréciation. De toute évidence, il considère que d’importants inculpés non-serbes comme Delic, Haradinaj ou Gotovina ont droit à des délais “appropriés” plus longs que d’importants inculpés serbes comme Karadzic ou Milosevic.
En réponse à la prétendue “obstruction” de Karadzic, le première Chambre a annoncé qu’elle ordonnait de désigner un avocat (choisi par le tribunal) “pour représenter les intérêts de l’accusé”. Le tribunal s’est ensuite ajourné jusqu’au 1er mars 2010, de façon à permettre à l’avocat désigné d’office de prendre connaissance “des milliers de pages de documents” et d’être en mesure de “mener correctement les contre-interrogatoires de témoins présentés par l’accusation”. Selon la décision prise à propos de cet énorme travail, le tribunal “considère que la période adéquate de préparation est de trois mois et demi.”
Même avec la date reportée au 1er mars 2010, Karadzic dispose donc de trois mois de moins que Haradinaj, de neuf mois de moins que Gotovina et de dix mois de moins que Delic.
Au cas où Karadzic refuserait de se plier à cette discrimination antiserbe, et s’il persiste dans son refus d’assister aux sessions tant qu’on ne lui accorde pas un temps de préparation semblable à celui dont ont bénéficié les non-Serbes, il est l’objet de la menace suivante que le tribunal a incorporé à sa décision : “Si l’accusé continue à s’absenter lors de la reprise de la procédure en mars, ou s’il se comporte d’une façon quelconque pouvant (dans l’opinion du tribunal) entraver la poursuite appropriée du procès, il perdra son droit de se représenter lui-même et ne pourra plus bénéficier de l’assistance de son équipe de défenseurs ; l’avocat désigné les remplacera en tant que représentant désigné d’office.”
Karadzic demande à la chambre d’appel d’annuler cette désignation d’un avocat. Si les juges refusent, cet avocat désigné d’office doit comprendre qu’il n’exercera pas son métier de juriste dans une zone exterritorialisée, mais sous l’autorité du barreau hollandais qui n’épargnera aucun effort pour le faire rayer s’il essaie de représenter Karadzic contre sa volonté.
Il doit aussi comprendre que tout ce qu’il fera sera scruté de près. Des centaines d’articles traiteront de sa performance durant le procès. Etant donné qu’il n’a que trois mois et demi pour se préparer, il est probable qu’il ne sera pas à la hauteur de la tâche. Toute erreur sera abondamment commentée devant le monde entier. Si son accusé Karadzic est en fin de compte condamné, le compte rendu public des insuffisances du prétendu “avocat de la défense” sera hautement préjudiciable pour sa réputation et sa solvabilité.
Enfin il doit réaliser que personne ne collaborera avec lui. Quand le tribunal a tenté d’imposer à Milosevic un avocat contre sa volonté, les témoins de la défense ont boycotté le procès. Ils ont refusé de témoigner et le procès a été bloqué. Il n’y a aucune raison de croire qu’il en sera différemment avec le procès de Karadzic. L’avocat imposé aura une tâche difficile, il sera sévèrement critiqué s’il n’arrive pas à trouver des témoins de la défense.
Seul un avocat soudoyé par le tribunal pourrait accepter de représenter Karadzic contre son gré. Les conséquences de ce genre de représentation d’un personnage aussi important seraient impossibles à supporter pour un avocat honnête.
Le tribunal de La Haye est une parodie pourrie de justice. Il est manifestement injuste car il fait preuve de discrimination ethnique en ce qui concerne ses inculpés. On refuse à Karadzix son temps de préparation parce qu’il est serbe, alors que Delic, Haradinaj et Gotovina ont eu les leurs perce qu’ils ne le sont pas. Tout doit être tenté pour que ce tribunal soit supprimé, et que ses inculpations et sentences soient annulées.
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| Andy WILCOXSON. |
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Communiqué : L'ACTION EN JUSTICE CONTRE LA VACCINATION ANTI-GRIPPE
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Maître Jean-Pierre Joseph a déposé devant le Doyen des Juges d'Instruction du Tribunal de grande instance de Grenoble une plainte contre X pour tentative d'administration de substances nuisibles à la santé pouvant entraîner la mort, au nom de 9 habitants de l'Isère, dont une professionnelle de santé et un député. (Voir sur Google News : Jean-Pierre Joseph plainte vaccin Grenoble).
Les premières victimes des vaccins arrivent de Suède : au moins deux morts au lendemain des premières vaccinations et plusieurs dizaines de victimes d'effets secondaires immédiats
Nous publions avec la présente le texte de cette plainte, afin qu'elle soit le plus rapidement possible utilisée par des centaines de parties civiles et déposée en nombre dans les tout prochains jours devant les différents Tribunaux de grande instance français.
Nous appelons tous les citoyens libres et souverains qui ont compris les enjeux et les mensonges de la campagne de vaccination qui a commencé dans toute l'Europe – tout en suscitant une résistance civile remarquable – à prendre connaissance de cette plainte et du mode d'emploi que nous vous en proposons, en se regroupant en collectifs d'une douzaine de parties civiles pour des dépôts effectifs dès que possible.
Cette plainte a été rédigée par un collectif d'auteurs et va d'ores et déjà être déposée à Nantes, Pau, Évry, Paris... par différents groupes déjà constitués. Le fait qu'elle soit déposée dans le même temps par plusieurs groupes dans le même tribunal est tout à fait souhaitable et n'est en rien un inconvénient.
Nous proposons donc à tous ceux qui veulent agir concrètement pour empêcher la campagne de vaccination antigrippe, de se regrouper à une douzaine d'acteurs, d'accompagner le texte de la plainte de l'ensemble des coordonnées de chaque personne, de la signer et de la déposer en deux exemplaires au secrétariat du Doyen des Juges d'Instruction du Tribunal de grande instance dont dépend votre domicile (ou bien de l'envoyer en recommandé avec AR, en deux exemplaires). Il est important que les parties civiles que vous regroupez habitent toutes dans le ressort du TGI auquel vous allez vous adresser.
Le texte de la plainte peut être légèrement modifié, sans être alourdi, en mettant en évidence des motifs plus individualisés par une expérience personnelle récente d'une partie civile. Il est important que ce premier texte reste bref et relativement simple, tel qu'il a été rédigé. Le dossier sera ultérieurement très largement nourri par l'apport de dossiers scientifiques documentés au juge d'instruction lorsqu'il sera nommé.
Pour le moment, il est inutile de désigner un avocat (sauf si vous le souhaitez vraiment), une telle plainte peut être déposée sans avocat. Par contre, il sera certainement utile, ultérieurement, de le faire. Nous vous transmettrons les informations utiles le moment venu.
Bien entendu, toute association peut aussi se porter partie civile sous réserve d'avoir au moins cinq ans d'existence, au nom de ses membres qui peuvent en même temps être parties civiles individuelles, seule ou avec d'autres associations.
En préparant la plainte, chaque partie civile devra faire une déclaration d'élection de domicile. Celle-ci peut être faite sur le nom d'une des parties civiles ou chez un avocat du ressort du TGI dans lequel la plainte sera déposée si vous décidez de désigner dès maintenant un avocat.
Pour participer aux plaintes en cours de dépôt ou nous informer d'un projet local précis (important pour la suite), vous pouvez contacter :
Dr Marc Vercoutère : cri-vie@neuf.fr- Tél. : 06 61 55 34 73 - 05 47 41 50 22 - Pau. http://www.cri-vie.com
Maître Jean-Pierre Joseph : jp.joseph-avocat.grenoble@wanadoo.fr- Tél. : 06 09 42 47 77 - Grenoble (38).
http://avocats.fr/space/jean-pierre.joseph
Frédéric Morin - redaction@morpheus.fr- Tél. : 01 39 72 59 40.
Conflans-Ste-Honorine (78). http://www.morpheus.fr
Isabelle Dardare - isabelle.dardare@orange.fr- Tél. : 06 81 60 23 28 - Evry (91).
Christian Cotton : politiquedevie@orange.fr- Tél. : 01 69 20 38 61 - 06 89 52 06 41 - Evry (91).
http://www.politiquedevie.net
Liliane Portehaut : lianeporte38@aol.com -Tél. : 04 76 08 44 91 - 06 67 64 17 72 - Grenoble (38).
René Bickel : bickel@wanadoo.fr- Tél. : 03 89 47 83 06 - Ostheim (68). http://www.bickel.fr
Christian Basano : cb2510@gmail.com- Tél. : 06 13 25 37 66 - Carmaux (81).
Liste à compléter avec ceux qui vont décider de passer à l'action judiciaire avec nous. Merci de nous informer.
Merci à tous ceux qui prennent l'initiative de déposer une plainte de nous le faire savoir, nous publierons sous peu leur adresse courriel pour aider à des regroupements.
Pour ceux qui ne s'engageront pas dans une plainte mais veulent nous soutenir dans notre travail : participation financière de soutien à envoyer au Dr Marc Vercoutère - Association Cri-Vie - 3 bis rue Henri Faisans - 64000 PAU.
Le texte de la plainte : voir sur notre site :
http://www.politiquedevie.net/Medecines/VaccinsPoisonsResistanceCivile9521.htm
Copyright http://www.planetenonviolence.org
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Communiqué : POUR UNE CONVERGENCE NATIONALE RÉPUBLICAINE
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Le 10 octobre 2009, l'Arc républicain de progrès (ARC) , (qui regroupe le comité Valmy, le Rassemblement des citoyens pour la république, le Pôle de renaissance communiste en France, Résistance et renouveau gaulliste et le Collectif républicain des gaullistes de gauche) a organisé à Paris un colloque sur l’actualité des principes du programme du Conseil National de la Résistance de la Seconde guerre mondiale. Il a rendu public un appel pour une Convergence nationale républicaine, dont les principes sont résumés ci-dessous.
Dès mars 1944 et à la Libération, alors même que notre pays était ruiné, des résistants de tous horizons ont su s’associer sur la base du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), présidé par Jean Moulin, pour permettre à la France de retrouver son indépendance nationale, de renouer avec le progrès social, de reconstruire son industrie et son agriculture. Le gouvernement du général de Gaulle de 1945 avec les ministres communistes mit en place la Sécu, les retraites par répartition ainsi que de puissants services publics et un secteur public et nationalisé industriel performant.
Aujourd’hui, après plus de 50 ans d’intégration européenne à marche forcée, cet héritage progressiste issu de la Résistance est menacé et notre pays, en dépit de ce qui peut rester de sa puissance économique et de son rayonnement international, court au désastre.
• Les acquis sociaux sont dévastés, les inégalités se creusent.
• Le "produire en France" industriel et agricole est en perdition.
• 80 % des lois adoptées par le parlement sont des transcriptions des diktats de Bruxelles.
• Les libertés sont menacées par un régime qui n’a plus de républicain que le nom.
• La structure territoriale héritée de la Révolution s’efface devant la féodalité (Europe+métropolisation).
• Nos élites euro-formatées veulent substituer à la langue française le "tout-anglais" dans tous les secteurs.
• Notre pays renonce à sa défense nationale pour s’aligner sur les ambitions hégémoniques des États-Unis.
Désintégrée par la construction européenne, dépecée par la mondialisation néo-libérale, étranglée par un régime liberticide, notre France républicaine se meurt, assassinée par ses propres "élites".
Or, non seulement l’opposition établie n’appelle pas notre peuple à entrer en résistance, mais elle accompagne cette désintégration de la Nation et de la République. Le PS et le MODEM n’ont-ils pas, comme Sarkozy, parrainé l’intégration européenne, du Traité de Rome au Traité de Lisbonne adopté au parlement en violation de la souveraineté populaire et du "non" émis par notre peuple-nation le 29 mai 2005 ?
Quant au prétendu "Front national", il nuit à la cause de la nation en l’amalgamant à celle de l’extrême droite raciste. Tous ceux enfin qui, y compris à la gauche de la gauche, continuent de s’accrocher au mensonge de l’"Europe sociale", s’interdisent de dessiner une perspective nouvelle permettant à notre pays de se reconstruire dans l’amitié avec tous les peuples épris de paix.
C’est pourquoi, même si les conditions sont différentes dans la forme de celles de 1940, les Français doivent se regrouper dans une alliance patriotique, progressiste, antifasciste et anti-impérialiste tournée vers une stratégie nouvelle.
Dans cet esprit, l’ARP appelle tous les citoyens à travailler à la mise en place d’un nouveau projet populaire, républicain, patriotique et de progrès, pour la libération et la renaissance de la France.
Ce programme impliquera notamment :
• Le retour total à l’indépendance nationale de notre pays, ce qui implique le retrait sans délai de l’Union européenne et de l’OTAN, pour reconstruire les instruments de la souveraineté du peuple et de la nation.
• L’essor de la démocratie et de la participation populaire aux décisions, le déploiement de la démocratie communale, l’élargissement des libertés des salariés dans les entreprises.
• La remise au centre de la vie nationale du monde du travail, aujourd’hui trop souvent méprisé et humilié comme le révèle la manière dont sont traités tous ceux qui vivent ou qui voudraient vivre de leur travail.
• La reconstruction du "produire en France" industriel et agricole, avec la reconstruction d’un large secteur public et nationalisé pilotant notamment la re-industrialisation du pays dans le respect de l’écologie.
• La reconstruction et l’élargissement des acquis sociaux, Sécurité sociale, retraites par répartition, indemnisation du chômage, réduction des inégalités.
• La défense et la promotion de la culture et de la langue française, un nouvel élan pour la recherche publique et pour l’université, le respect de la laïcité, facteur de paix et de cohésion sociales.
• Le retrait de la France des traités européens, sans renoncer à la construction de nouveaux traités internationaux mutuellement avantageux et "tous azimuts" fondés sur la coopération entre nations libres.
• Une politique internationale de paix, fondée sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, sur le rejet de toute hégémonie, de tout néo-colonialisme, sur l’égale dignité de tous les peuples.
Pour construire cette large alliance, l’ARP appelle les vrais républicains, patriotes et démocrates sans inscription partisane, à s’unir dans une large Convergence nationale républicaine.
Toutes celles et ceux qui se retrouveront dans les principes énoncés ci-dessus et dans la Charte nationale républicaine du 10 octobre (consultable sur Internet) sont invités à nous contacter. Le 14 mars prochain seront en effet organisées dans plusieurs départements des rencontres républicaines pour discuter d’un nouveau programme s’inspirant du CNR. Au mois de juin, une rencontre nationale fera le point sur ces discussions. L’émancipation de notre peuple sera ainsi l’œuvre de notre peuple lui-même.
Contacts :
Comité Valmy : info@comite-valmy.org – www.comite-valmy.org
PRCF, www.initiative-communiste.org
écrire à Léon Landini, 8 rue du Clos Lapaume, 92220 Bagneux
Résistance et Renouveau Gaulliste : pgblache@wanadoo.fr
www.r-c-r.org - redaction@r-c-r.org
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