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o Le dossier caché du "génocide" de Srebrenica
     Recueil de documents
     Editions Le Verjus


En publiant l'an passé, sous le titre "Ma vérité", la version française du plaidoyer que Slobodan Milosevic a prononcé devant le Tribunal pénal international de La Haye en introduction à sa défense, l'association Vérité et Justice ne prenait pas le parti de l'ancien président de la République fédérale de Yougoslavie, mais celui d'une information complète et équitable. Si ce procès était le "procès du siècle", comme le proclamait la presse en France et ailleurs, les comptes rendus de son audience auraient dû être constants et abondants. Or ils ne l'ont été que dans les périodes où le procureur portait ses accusations, mais pour ainsi dire jamais lorsque l'accusé démontrait leur inanité. "Ma vérité" visait ainsi à rétablir pour le public français un équilibre négligé par les chroniqueurs de La Haye. Et elle permettait dans le même temps de faire entendre sur la tragédie yougoslave une argumentation et des réalités auxquelles, durant une quinzaine d'années, les colonnes des journaux de ce pays étaient hermétiquement closes.

C'est avec le même souci de fournir une information complète que parait aujourd'hui le deuxième ouvrage de l'association Vérité et Justice, consacré, cette fois, au dossier de Srebrenica. A l'occasion du 10e anniversaire des crimes commis après la prise par les Serbes de Bosnie de cette "zone de sécurité" de l'ONU en juillet 1995, la communauté internationale a organisé, l'été dernier, dans la région du drame, une cérémonie du souvenir, en lui donnant une solennité conforme à la thèse qu'elle avait soutenue durant la décennie écoulée et qui assimilait ces crimes à la "pire horreur perpétrée en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale". En rendant compte de cette manifestation, tous les médias ont répété, sans la moindre réserve, la version officielle en l'honneur depuis dix ans et selon laquelle les forces serbes de Bosnie, après avoir pris le contrôle de la ville, avaient exécuté de sang froid de 7 à 8.000 prisonniers musulmans, aussi bien civils que militaires, selon un plan conçu à l'avance, connu et autorisé par les principaux dirigeants de la Républika Srpska, à savoir Radovan Karadzic et le général Mladic, et même par Slobodan Milosevic, président alors de la Serbie. Et dans cette présentation des faits, la tuerie n'apparaissait pas seulement comme un massacre ordinaire, mais comme un génocide caractérisé, perpétré délibérément contre la population musulmane en vue de l'éliminer de la région.
Cette version a été d'autant plus ressassée à l'occasion de la commémoration qu'elle avait été "légalisée" auparavant par le TPI.

Le 2 août 2001, la chambre de première instance du tribunal de La Haye avait, en effet, jugé que les évènements de Srebrenica en juillet 1995 constituaient un "génocide" et avait condamné pour ce crime (et d'autres) le général Ratislav Krstic, commandant une unité engagée dans cette opération, à 46 ans de prison. Certes, la chambre d'appel du même tribunal avait réduit, le 19 avril 2004, la sentence à 35 années de détention, estimant que l'officier serbe n'était coupable que "d'aide et de complicité", mais elle avait maintenu la qualification de "génocide" pour le cas de Srebrenica dans son ensemble.
La presse française a applaudi à ces deux jugements qui satisfaisaient son attente parce qu'ils justifiaient ses engagements passés. Elle a omis de signaler que son avis était loin d'être partagé par des experts de réputation mondiale.

Ainsi Michael Mandel, professeur de droit international à l'université York de Toronto déclarait, dans un texte figurant dans l'ouvrage de l'association Vérité et Justice : "L'affirmation du Tribunal qu'un génocide a eu lieu à Srebrenica, n'est corroborée ni par les faits relevés ni par le droit invoqué". Rien de moins, et il en faisait une brillante démonstration qui aurait dû, à coup sûr, retenir l'attention. Le juriste soutenait aussi : "Si le cas de Krstic (le général condamné) a un sens quelconque, il signifie qu'il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica. La conclusion de la cour ne peut être considérée que comme une forme légale de propagande, et comme une nouvelle contribution à l'impression grandissante que le tribunal est plus un 'instrument politique' qu'une 'instance juridique', pour paraphraser son plus célèbre accusé" (Slobodan Milosevic).
Michael Mandel travaille depuis des années au sein du Srebrenica Research Group réunissant des personnalités anglo-saxonnes indépendantes décidées à faire la lumière sur le cas de Srebrenica en bannissant tous les préjugés. Ce groupe de recherche a publié récemment ses conclusions où il apparaît qu'aucune des propositions articulant la version officielle de l'affaire de Srebrenica ne résiste à un examen sérieux des faits, du nombre des victimes musulmanes jusqu'à l'accusation de génocide commis par les forces serbes de Bosnie, en passant par la préméditation et la planification, deux conditions nécessaires pour que ce crime soit constitué, et sans même parler des responsabilités remontant au sommet de la hiérarchie serbe qui ne sont jamais sorties du domaine des présuppositions du Tribunal de La Haye. Qu'il y ait eu des exécutions sommaires, donc des atrocités, ne fait aucun doute pour tous les collaborateurs du groupe. Simplement ils estiment, s'appuyant sur leurs analyses, que le nombre et la nature des victimes, ainsi que le contexte général des évènements de Srebrenica, ont été présentés de manière tendancieuse et qu'il faudrait les réexaminer sans parti pris. Et pour y parvenir, écrivent-ils, il est indispensable de replacer ces crimes à la fois dans les conditions de la guerre civile qui a ravagé cette région de Bosnie occidentale depuis 1992, et dans le déploiement par les principaux protagonistes des dispositions tactiques et stratégiques qui, durant l'année 1995, ont précédé et préparé le nettoyage des Serbes de la Krajina et la réduction, toujours par la force, des dimensions, donc aussi du poids, de la Republika Srpska, à laquelle les accords de Dayton finiront par attribuer les droits et les frontières actuelles.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" réunit la traduction d'un certain nombre de textes étrangers, indispensables à la manifestation de la vérité, et sur lesquels la presse française a observé un mutisme complet, donc coupable, quelles qu'en soient les véritables raisons.

Dans une première partie figurent trois contributions du Groupe de recherche sur Srebrenica : celle de Michael Mandel sur le TPI et le concept de "génocide" ; l'analyse générale (et lumineuse) des évènements faite par le directeur du groupe, Edward Herman, de l'université de Pennsylvanie ; et, enfin, le témoignage de Philip Corwin qui a été le coordinateur des affaires civiles en Bosnie.

La deuxième partie présente les témoignages personnels du général canadien Lewis MacKenzie, premier commandant des forces de la paix de l'ONU à Sarajevo, et d'un officier portugais, Carlos Martins Branco, ancien observateur militaire de l'ONU en Bosnie et selon lequel les chefs bosniaques musulmans auraient facilité la reprise de Srebrenica par les Serbes en juillet 1995 pour pouvoir mieux les isoler sur le plan international en les culpabilisant à outrance pour les méfaits qu'ils ne manqueraient de commettre.
Dans cette même partie, on trouvera deux témoignages sur le chef musulman Nasser Oric et ses hommes qui avaient massacré des civils serbes et harcelé sans cesse cette population avant et après la création à Srebrenica d'une zone de sécurité de l'ONU.

La troisième partie est constituée par le rapport sur Srebrenica que deux organismes de la Republika Srpska (le Centre de documentation et le Bureau gouvernemental chargé des relations avec le TPI) ont rendu public le 3 septembre 2002.
C'est un document inédit car il n'a jamais pu être diffusé. Dès sa présentation, il était dénoncé avec violence par les milieux musulmans, le Haut commissaire Paddy Ashdown, l'ambassade des Etats-Unis et celle du Danemark parlant au nom de l'Union européenne. Le TPI le déclarait "scandaleux et honteux" parce qu'il ignorait "les preuves établies par le Tribunal lors du procès (en première instance) du général Ratislav Krstic pour génocide commis sur les musulmans de Srebrenica".
Le gouvernement de Banja Luka était contraint de le retirer et d'abandonner son projet de lui donner une suite. Il sera plus tard forcé de parrainer un autre rapport, autrement plus en phase avec les désirs de la communauté internationale, mais ce texte n'a pas été publié jusqu'à ce jour, sans qu'on en connaisse le vrai motif. Il était en tout cas normal que le rapport condamné de 2002 figure dans ce livre car il montre de manière indirecte ce que cette "communauté" refuse d'entendre dans son souci pragmatique d'imposer une vérité au lieu de s'intéresser à la vérité.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" témoigne que l'enquête sur cette affaire est loin d'être terminée car, pour satisfaire l'esprit et le cœur, elle doit être complète non seulement sur les faits eux-mêmes, mais aussi sur leurs manipulations et sur les auteurs de celles-ci, avec leurs mobiles et leurs calculs. "L'hypocrisie, disait Péguy, est la forme la plus abjecte de la violence". C'est dans le but précis d'illustrer ces évidences que ce livre a été conçu et publié.

Kosta CHRISTITCH.

Le VERJUS




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