
A QUOI L’UNION EUROPEENNE PEUT-ELLE BIEN SERVIR ? |
L’Union européenne ne tient que grâce à une incroyable série d’idées reçues positives. Mais le vernis craque. Tour d’horizon de cette galaxie de mensonges.
Premier bobard drôlatique : “L’Union assure la prospérité économique des peuples et défend le pouvoir d’achat des habitants du continent”.
Impossibilité de plafonner la TVA sur les carburants, euro fort qui pèse si lourdement sur les exportations, cour de justice européenne (CJE) qui par des arrêts récents place la liberté de prestation des services des entreprises au-dessus du droit du travail des Etats (dumping social), Banque centrale européenne (BCE) tellement obsédée par l’inflation que son président Jean-Claude Trichet prône le gel des salaires et refuse de se battre pour la croissance et l’emploi, refus d’instaurer des barrières douanières et un minimum de protectionnisme pour protéger les industries européennes… En effet, comme on peut s’en rendre très vite compte l’U.E se bat pour le bien-être de ses habitants…
Chez les européistes béats, on avance aussi de façon permanente l’argument de la “paix”.
En y regardant de plus près, on se demande si ce n’est pas plutôt la guerre que l’Union européenne favorise.
Inutile de rappeler (ça serait mesquin) que l’Union a été incapable d’éviter l’éclatement de la Yougoslavie (quand elle ne l’a pas encouragée) pour mieux se concentrer sur ses relations détestables avec la Russie.
Quand l’Union ne froisse pas inutilement Moscou en plaidant pour un élargissement vers l’Est toujours plus important, elle se pose la question de la possible implantation en Pologne et en République tchèque de sites permettant l’installation d’un système américain de bouclier anti-missiles !
Alors qu’il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à une politique de partenariat avancé avec le Kremlin, notamment dans le domaine énergétique, les eurocrates n’ont de cesse de chatouiller les susceptibilités et éveiller les craintes de la patrie de Soljenitsyne.
Autre bonne blague répétée à l’envi : “L’Union peut faire pièce à l’hégémonie américaine et proposer une alternative à la suprématie US”. C’est certainement la plus hilarante plaisanterie véhiculée par les instances bruxelloises. Alors qu’une politique de défense commune n’a jamais été qu’un vœu pieu et une diversion, c’est plutôt un asservissement total à l’OTAN qui se profile à l’horizon. Les derniers traités successivement rejetés par les Nations consultées par référendum ne laissaient planer aucune ambiguïté sur l’assujettissement des pays membres de l’UE à l’Alliance atlantique. Une restructuration de l’Alliance – fondée sur la doctrine de la “première frappe” (nucléaire) et l’éventualité d’opérations engagées sans autorisation des Nations Unies (décision par simple consensus) – était évoquée.
Autre cliché qui circule : “L’Union est un vaste espace démocratique”.
Cet énorme mensonge ne tiendra plus longtemps. Après les crachats adressés aux visages des peuples français et néerlandais en 2005, après les Irlandais forcés de se prononcer à nouveau sur le traité de Nice, après les Danois renvoyés dans l’isoloir pour le traité de Maastricht, voilà la verte Erin (encore elle!) déjà sommée par Giscard et Sarkozy de “bien” voter la prochaine fois qu’on l’interrogera sur le traité de Lisbonne.
Ajouter à cela, tous ces éditorialistes qui préconisent de ne plus avoir recours à la voie référendaire dès qu’il s’agit de la “construction européenne”. C’est tellement plus simple sans les peuples, cette bande d’ignares !
Enfin dernière ficelle utilisée de façon récurrente : “l’Union est un espace culturel et spirituel avant d’être un espace marchand”. Alors où sont passées les réflexions autour de l’héritage gréco-latin de l’Europe, pourquoi les fondements chrétiens de l’Europe étaient absents de “leur” Constitution, pourquoi une citation de Thucydide, considéré par les spécialistes comme le premier historien, a-t-elle été retirée du préambule de cette même Constitution ? Mais que disait-elle cette citation : “Notre constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grande nombre”. Tout s’éclaire.
Ni sociale, ni militairement indépendante, ni démocratique, ni culturelle…
Mais au fait : à quoi l’Union européenne peut-elle bien servir ?
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| Maurice GENDRE. |
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LES TABOUS DES ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE |
Est-il acceptable qu'une écrasante majorité de la population française ignore toujours qu'un nombre important de ténors politiques étrangers, ainsi que des personnages médiatiques de premier plan, des universitaires respectés et des journalistes d'investigation spécialisés dans le renseignement, remettent en doute voire contestent radicalement la version officielle sur les événements du 11 septembre 2001 ?
Comment peut-on supporter plus longtemps que les Français n'aient jamais eu vent des déclarations faites par l'ancien président italien Cossiga dans la Stampa du 14 septembre 2001 ? Cossiga déclara que le « cerveau » de l’attaque devait être « un esprit sophistiqué, non seulement disposant de moyens très importants pour recruter des kamikazes, mais aussi du personnel hautement qualifié. » (...) « Et j’ajoute une chose, » disait-il : « Cette opération n’aurait pas pu être menée à bien sans infiltration du personnel en charge de la sécurité aérienne et des radars. »
Infiltration du personnel en charge de la sécurité aérienne et des radars ? Rien que ça !
Et pourtant le néant, pas une ligne ou presque pour commenter cette tonitruante sortie de Cossiga. Plutôt que d'être odieux et méprisant avec Cossiga, comme on l'a été plus tard avec la pauvre Marion Cotillard, qui fut la victime d'une véritable excommunication médiatique après la publication de l'article de Bénédicte Charles sur le site Marianne2.fr (article qui exhumait les propos tenus par la jeune actrice dans une émission nocturne de la chaîne Paris Première), on préféra dans "l'affaire Cossiga" opter pour la stratégie du silence.
Comment se fait-il que la "grande presse" n'ait pratiquement jamais évoqué ou réfléchi sur la chute du WTC 7, cette tour haute de 47 étages qui s'est effondrée quelques heures après la destruction des tours jumelles sans jamais avoir été touché par un avion et en proie à un minuscule incendie ?
Bureaux de la Tour 7 qui contenaient pourtant les dossiers explosifs des scandales financiers Enron et Worldcom, ainsi que des sièges d'organisations gouvernementales tels que le FBI ou la CIA...
Pourquoi n'a-t-on jamais signalé non plus que Marvin Bush, frère de W, était l'un des dirigeants de Securacom, une compagnie chargée de la sécurité sur le site du World Trace Center ainsi que de l'aéroport de Washington Dulles d'où décolla l'un des avions détournés ?
Pourquoi ne pas "fouiller" du côté de Larry Silverstein, homme d'affaires, loueur des bureaux du WTC (leasing), qui fit inscrire dans ses contrats d'assurances, et ce, quelques semaines avant les attentats un volet sur les risques terroristes et la possibilité de rebâtir le complexe en cas de destruction ?
De tout cela, la presse hexagonale juge préférable de ne pas parler.
Comment les éditorialistes français pourront-ils justifier le fait de ne pas avoir dit un mot (ou s'ils en ont prononcé un, ils se sont débrouillés pour que personne ne l'entende) sur l’accusation portée par Jesse Ventura, l’ex-gouverneur du Minnesota, qui a qualifié le 9/11 de véritable "inside job" (complot intérieur).
Ou encore celle d’Andreas Von Bülow, ancien secrétaire d'Etat à la Défense et ministre de la recherche scientifique d'Helmut Schmidt, qui décrit le 11-Septembre comme une "opération fausse bannière", ou bien celle du travailliste britannique, ex-ministre de l'environnement, ex-secrétaire à la Santé, Michaël Meacher qui estime que "la guerre au terrorisme est bidon" et que "les attaques du 11 septembre offrent aux Etats-Unis un prétexte idéal pour utiliser la force dans le but d'asseoir leur domination globale".
Pas la peine non plus de s'attarder sur les interrogations formulées par le parlementaire japonais Fujita lors des questions à son gouvernement : "Ce que je souhaite savoir, c'est si ces attentats ont été ou non commis par Al Qaida. Jusqu'à présent, tout ce que le gouvernement a dit est que nous croyons en la responsabilité d'Al Qaida car c'est ce que l'administration Bush nous a dit. Nous n'avons vu aucune preuve réelle de la culpabilité d'Al Qaida".
Mais quelles raisons peuvent expliquer un tel silence, une telle chape de plomb autour du 9/11 ?
Respect mal placé envers les gens qui sont morts dans cette tragédie ? Comme si on ne leur devait pas la vérité, toute la vérité...
Malheureusement, les véritables motifs de cette absence de questionnements sont beaucoup plus inavouables.
Le renforcement des liens transatlantiques depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée peut en partie, mais en partie seulement, donner un début de réponse à cette douloureuse question. Certaines révélations entacheraient sûrement la nouvelle idylle franco-américaine qui a débuté en mai 2007.
Nagy-Bosca ne veut surtout pas se fâcher avec ses amis néo-conservateurs américains, il est donc préférable de ne pas se laisser déborder par une histoire déjà vieille de presque sept ans.
Toutefois, les non-dits et les dissimulations autour du 11 septembre 2001 ne datent pas du mois de mai 2007. Ces « oublis » perdurent depuis sept longues années.
Des personnages comme Lagardère et Dassault, patrons de presse omnipotents et marchands d'armes, ont tout intérêt à laisser prospérer la doctrine du "choc des civilisations". En effet, quelle aubaine pour le complexe militaro-industriel que le 9/11. Il est donc difficile d'imaginer leurs salariés se lancer dans des enquêtes pour le moins périlleuses, à la fois pour leur propre carrière mais aussi contraires aux intérêts vitaux du propriétaire de leur titre.
Ne pas sous-estimer non plus l'influence des instances communautaires juives (le CRIF en premier lieu), pour lesquelles une remise en cause de la version officielle du 11 septembre 2001, constituerait une véritable catastrophe pour l'Etat hébreu. En effet, comment justifier un front commun mondial contre les "terroristes islamistes" après ça ?
Enfin, si certains éléments compromettants venaient à trop s'ébruiter, la politique de surveillance généralisée et de flicage mise en place depuis 2001, prendrait sérieusement du plomb dans l'aile. Qu'adviendrait-il du projet de triplement des caméras de surveillance annoncé par MAM ainsi que des liberticides lois Perben ?
Comme on peut très vite s'en rendre compte, des enjeux colossaux se jouent aussi en France autour du 11-Septembre, d'où le coupable et complice silence qui règne à propos de cet événement dans la presse.
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| Maurice GENDRE. |
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TRISTE MONDE. |
Je me permets de trouver une fois de plus la pensée de M. Thomas Ferenczi, de M. Christophe Châtelot et du Monde, à propos de la Serbie, ridiculement simpliste, outrageusement manichéenne. A lire le numéro du 30 avril, le paysage politique serbe se résume à deux camps, d’un côté les “pro-européens et réformateurs”, autrement dit les bons, ceux de notre bord, de l’autre côté les “populistes, nationalistes et europhobes”, autrement dit les méchants, ceux d’en face. Et en plus bien sûr, cerise sur le gâteau, ou plutôt goutte de fiel sur la pomme empoisonnée, la Serbie est sommée évidemment, c’est devenu rituel, si elle veut adhérer à l’Europe, de livrer Mladic et Karadzic. Très exactement comme une mère serait sommée de livrer ses enfants pour que les portes de l’asile lui soient ouvertes. Est-ce cela la justice ? Non, cela c’est la justice des vainqueurs, la justice des forts, la justice de ceux qui chassent en bande contre des gibiers isolés. Comment en sommes-nous arrivés là, comment le Monde en est-il arrivé là ? C’est absolument révoltant !
Mais rassurons-nous. Les Serbes sont toujours francophiles. Ils savent bien que ce ne sont ni la France ni les Français qui les ont trahis, seulement leurs dirigeants politiques et médiatiques, presque tous europhiles, presque tous européistes ou ultra-européistes comme on dit nationalistes ou ultra-nationalistes, presque tous serbophobes puisque n’aimant les Serbes que soumis, n’aimant la Serbie qu’amputée et soumise.
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| Denis Monod-Broca. |
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LE DALAÏ-LAMA "CITOYEN D'HONNEUR" DE PARIS OU DE “L'ANERIE EN POLITIQUE”... |
La ville de Paris logeait déjà un âne à l'Elysée. Voilà qu'elle en abrite un deuxième dans son Hôtel de ville. Les braiements de cette nouvelle avant-garde de l'ânerie annonce à coup sûr la fusion de leurs semblables dans la nouvelle cavalânerie socialUMPiste en voie de formation.
L'âne de l'Elysée, le premier s'était tiré une balle dans le pied en fonçant, front obtus, sur le chiffon rouge agité par le Ménard sans frontière, mais pas sans dollars. Ses maîtres, atterrés par tant d'ânerie, ont dû lui ordonner un demi-tour sans protestation ni murmure en lui rappelant la fonction mercantile de ses pérégrinations dans l'Empire du Milieu (le Zhong Guo, seule terre entre les Océans et les Barbares) qu'il était en train de saccager. Il a, paraît-il des “conseillers” ! Que serait-ce donc s'il n'en avait pas ? Entre temps, deuxième balle dans le pied : des patrons employeurs de “sans papiers” entreprennent de casser son programme touristique de charters expulsifs laborieusement installé !
Et voilà qu'en écho, un second âne, chaleureusement soutenu par les braiements du marécage vert qui encombre l'Hôtel de Ville, se met à braire vers le vieux lama arrièré, pensionnaire de la CIA et autres fondations pieuses. Admirons au passage l'héroïque audace de ces partis – communistes et centristes – qui ont réussi à s'abstenir peut-être pour ne pas fâcher trop leurs partenaires socialUMPistes, pensant probablement qu'il ne faut pas se mettre à dos une poignée de crétins parisiens pour un malheureux milliard et quelques de lointains chinois à peine sortis de la barbarie et pressés d'y rentrer à nouveau.
Bref, Paris étale jusqu'à l'obscénité la profonde misère politique des "Z'élites" françaises dont la soumission au maître angloricain en pleine débâcle n'en finit plus de nous faire vomir.
A quoi bon s'attarder sur ces lugubres débats d'un spectacle crépusculaire quand l'orage gronde à l'horizon ?
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Charles GILBERT. www.comite-valmy.org |
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LETTRE DE RESILIATION D’ABONNEMENT A TELERAMA, 16 AVRIL 2008 |
Je suis une assez ancienne abonnée, qui supporte mal, depuis de longues années, votre anticommunisme obsessionnel, d’un bout à l’autre de l’univers, et votre cléricalisme aigu. Vous avez montré un enthousiasme brûlant pour la balkanisation de l'URSS et de la Yougoslavie : cette ferveur antislave, calquée sur celle du Vatican d'ailleurs, comme je l’ai fait remarquer par écrit il y a une dizaine d’années à l’un de vos rédacteurs, particulièrement déchaîné contre les Serbes, a pris chez vous le masque de “gauche” de la défense des “droits de l'Homme”. Je mentionne pour mémoire les énormités que vous proférez chaque semaine ou presque sur l’enfer cubain des Caraïbes, preuve formelle que l’antibolchevisme rend idiot, et inculte : il suffirait aux rédacteurs qui se succèdent pour nous faire haïr Cuba et ses dirigeants de lire quelques universitaires américains sérieux, tel Thomas G. Paterson, Contesting Castro : The US and the triumph of the Cuban Revolution, Oxford University Press, 1994, pour mesurer votre ignorance crasse sur la situation cubaine. Mais je conçois bien qu’il s'agit ici de toute autre chose que de connaissance historique ou politique.
Les pires choses ont une fin. La part que vous prenez, comme votre idole de la gauche “américaine”, M. Cohn-Bendit, à la campagne imbécile qui vise à la balkanisation de la Chine – nouvelle manifestation de votre double marotte (anticommunisme et cléricalisme) signalée au début de ce courrier – m’incite à me passer de votre revue. Je vous remercie de résilier immédiatement mon abonnement à Télérama.
Quand les merveilles du capitalisme condamneront les salariés de ladite revue au sort de ceux du Monde, ils pourront réfléchir au rôle qu’ils ont assumé dans le soutien idéologique apporté à ce système.
Bien cordialement,
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Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7 |
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LES ECURIES D’AUGIAS |
Le Tibet, à l’instar d’autres territoires (Xinjiang, Mongolie intérieure) est une région montagneuse peu peuplée de 1a Chine occidentale qui jouit d'une large autonomie. Les peuples de cette partie de l’ex-empire du Milieu sont des minorités variées, contrairement aux Han qui occupent les terres agricoles de l’est et sont les plus nombreux. Jusqu'en 1950, le Tibet vivait sous un régime féodal où les grands propriétaires avaient droit de vie et de mort sur le reste de la population, à savoir 95 % d'esclaves. 333 grands lamas et 230 régents régissaient l’économie et la justice. La femme avait un statut de rang inférieur. La mortalité infantile atteignait 50 % des naissances.
D’abord convoité par l’Angleterre, désireuse d’étendre au nord de l’Inde son empire colonial, le Tibet devient la visée des Etats-Unis qui nouent des liens étroits avec la noblesse et le clergé féodaux. L’armée de libération populaire chinoise entrave ces ambitions en 1950 et 120.000 Tibétains, majoritairement les grands propriétaires terriens, s' enfuient après la réforme agraire de 59. Les prétentions américaines ne faiblissent cependant pas, à preuve la position du département d’Etat qui désigne la Chine comme son futur ennemi dès 2017 et tend à déstabiliser en premier le Tibet par son soutien financier et militaire au Dalai Lama et au Mouvernent populaire tibétain pour la révolte, mouvement fondé par le “parlement tibétain” en exil.
La levée de boucliers de ces derniers jours contre le pouvoir chinois relève d’une propagande bien menée par les fomenteurs de troubles autour de la flamme olympique, ces Reporters sans frontières d’ailleurs blâmés par l’UNESCO pour leur action. Il est surprenant que les nombreux touristes qui visitaient Lhassa par ces temps troublés n’aient ramené aucune image et n’aient pas témoigné de la mort de commerçants chinois aux prises avec des jeunes Tibétains. Le journaliste canadien Guy Allard nous en fournit l’explication : RSF est financé par des filiales des services secrets américains et est en relation avec la CIA. “L’Empire de la honte”, comme se plait à le désigner Jean Ziegler, achète sans vergogne les chefs d’Etats (cf les Young Leaders présentés dans des numéros précédents de B. I.) ou agresse les peuples dont les dirigeants ne se plient pas aux diktats de ses institutions satellites. (OTAN, FMI et même UE). Vae victis...
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| Roger Morelle. Belgique. |
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LETTRE OUVERTE A M. LE PRESIDENT DES PAYS-BAS. |
Depuis que les Pays-Bas ont reconnu l’indépendance du Kosovo, je suis en colère. Terrible colère.
Le Ministre Vechtragen nous a déclaré par la té1évision que les Serbes se réfèrent à l'année 1389 quand ils ont perdu la bataille contre les Turcs. Oui, Monsieur le Ministre, nous nous référons à ceci à beaucoup, beaucoup d'autres choses aussi.
II est manifeste que vous et tous les autres de votre cabinet, vous êtes totalement non instruits en histoire sinon, vous devriez savoir que les Serbes sont présents au Kosovo depuis le Ve siècle, soit déjà huit siècles avant la bataille fatale de 1389.
Les Serbes, ainsi que les Slaves, sont arrivés au Kosovo-Metochie au Ve siècle. Ce territoire, ils l'ont reçu de l'empereur de Rome par une charte. En contrepartie, ils ont dû défendre l'empire romain des attaques des Huns et des Avars. En nation très bien organisée, bons soldats et stratèges, les Slaves ont accompli leur devoir bravement. Déjà au début du VIe siècle, ils ont fondé leur premier Etat – la Serbie – avec sa capitale, son président, son parlement, ses tribunaux, sa police, son drapeau, avec tous les autres signes d'un Etat indépendant. Au Kosovo furent fondées la première Eglise, les monastères, les premières écoles. Le Kosovo est le berceau de nous tous et de toute notre civilisation.
Evidemment l'année 1389 a joué un rôle important dans notre histoire, mais ceci n'est pas l'unique raison pour laquelle le Kosovo est un véritable sanctuaire pour nous.
Permettez que je pose la question à vous et à votre cabinet : qu'est-ce que vous pensez que nous devons faire avec les huit siècles de notre existence et de notre florissante culture avant 1389 ?
II faudrait les oublier ? Les effacer ? Réécrire notre histoire ? En faveur de qui ? De quoi ?
Puisque nous parlons de cela, permettez moi de vous demander : où étaient les Pays-Bas aux Ve et VIe siècles ? Dans les cavernes et marécages. Et où était l'Amérique ?
II semble qu'il est très facile de piétiner des sanctuaires des autres. Surtout pour ceux qui ont à peine deux siècles d’une histoire tyrannique.
Le fait est qu'actuellement il règne l'ère de la “satanisation des Serbes”. La question reste : est-ce que nous n'avons rien appris du passé ? Est-ce que nous ne savons toujours pas où mène la satanisation d’un peuple ? Est-ce que les 6 millions de juifs ne suffisent pas ? Maintenant, c’est le tour de 10 millions de Serbes ?
Les Albanais ont déclaré leur indépendance sur la base du fait qu'ils représentent 80-90 % des habitants au Kosovo. Eux, ils n’ont pas d’histoire, ils n’ont pas d’autres droits, ils n'ont jamais eu ni Etat, ni culture. Tout ce qu’ils ont, c'est un Etat artificiellement créé, l'Albanie, sur le territoire de l'Albanie, dans lequel ils sont incapables de se maintenir et de se gouverner.
A part ça, si c'est le nombre des habitants qui doit jouer un rôle, la Serbie a 10 millions d'habitants, et le Kosovo est la Serbie ! Est-ce que ces 10 millions n'ont pas de voix ? Est-ce que les 800/900 mille Albanais peuvent les “survoter” ?
Si je regarde la situation aux Pays-Bas, là aussi il y a un million de Macédoniens et environ 300.000 Turcs. Est-ce que vous allez leur donner un Etat islamique sur le territoire des Pays-Bas ? Non. Pourquoi pas ? Ils ont autant de droits à leur propre Etat aux Pays-Bas que les Albanais au Kosovo. De même en Amérique, où vivent 20 millions de Latinos. Quand l’Amérique est si généreuse avec les biens des autres, pourquoi elle ne fonde pas pour ces gens-là des Etats distincts sur son territoire ?
Je vous pose encore une question : avez-vous vu quel drapeau les Albanais ont exhibé à l'occasion de la proclamation de leur “indépendance” ? Justement celui de l'Albanie. Puisqu'ils n'ont pas le leur, de “drapeau” ! Le hasard veut que le drapeau des Pays-Bas ressemble à celui du Luxembourg. Puis-je me permettre de proposer que les Pays-Bas portent à partir de maintenant le drapeau de la Finlande, de l'Allemagne, de la Perse ou peut-être du Soudan ? Qu'est-ce que cela peut faire, puisque les Pays-Bas sont indépendants.
Vous ne le savez peut-être pas, mais je ne peux pas oublier que les Albanais ont jusqu'a maintenant “sucé le sang jusque sous les ongles des Serbes” (expression venue du serbo-croate), mais même avec ça, ils ne sont pas devenus meilleurs.
Maintenant qu’ils sont devenus “indépendants”, c’est au tour de l'Europe de trouver les moyens de s'occuper de leurs commerces avec la drogue, les armes et la traite de blanches.
En ce qui me concerne, ils sont libres de s'accrocher aux Cali de l'Europe, mais sans moi !
C’est pourquoi je vous demande, tant à vous qu’à votre cabinet, une attestation écrite d'être libérée du paiement de l’impôt, pendant tout le temps que le Kosovo restera indépendant et reconnu par vous. Mon argent ne peut pas être employé à financer une sale politique.
Vous avez ôté des mains de la Serbie les moyens avec lesquels les Serbes auraient pu entraver leurs actions criminelles. Maintenant c’est à votre tour de vous faire traire par eux – mais sans moi.
J'attends, le plus rapidement possible, que vous m'informiez de mon exonération du paiement de mes impôts en raison de cet état de fait.
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| Ljubica Metselaar-Vidic. Pays-Bas. |
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CRI D’ALARME |
Ce cri d'alarme s'adresse à tous ces gens intègres qui croient encore à la nécessité de la morale et de la justice dans le monde. Un événement grave vient de se produire : un événement révélateur d'un monde sans justice et sans valeurs morales, un monde qui baigne dans un océan d'hypocrisie, un monde soumis à la puissance du plus fort.
Le Kosovo a proc1amé son indépendance voulue par la diplomatie américaine et certains pays européens, dont la France. Un véritable non sens. Comme si rien ne s'était passe, la presse française et la classe politique se sont manifestées par quelques commentaires timides, se gardant bien de vexer notre grand frère.
Et vous, chers amis , où êtes-vous ? Au secours, l'heure est grave et les conséquences imprévisibles.
Voici un territoire serbe, berceau de toute la nation avec ses monastères datant des XIIIe et XIVe siècles pris par la force, sans aucun fondement juridique, en dépit de la résolution 1244 des Nations Unies. Encore aujourd'hui, plus de 70 % de ce territoire, selon les livres des cadastres, appartient aux Serbes (à l’Etat, à l’Eglise ou aux citoyens).
Sur cette terre vit une large majorité albanaise qui s'est constituée grâce aux trois phénomènes suivants :
• une démographie galopante (50 % de la population a moins de 25 ans) ;
• une immigration libre et organisée de l' Albanie voisine ;
• une fuite massive des Serbes sous les pressions et les menaces.
Telle est la situation actuelle, bâtie sur le faux et l'hypocrisie, qui mérite quelques remarques :
• On nous dit qu'il faut respecter le droit des peuples à l'autodétermination mais on ne nous dit pas que le peuple kosovar n'existe pas, ce sont les Serbes et les Albanais qui habitent cette région da la Serbie. Tout est possible aujourd'hui, même la création d’Etats et de peuples imaginaires !
• Pourquoi, dans quel intérêt et à qui profite un deuxième Etat albanais faisant suite à l'Albanie déjà existante ?
• C'est pour quand un troisième et un quatrième Etat albanais sur les mines de Macédoine et de Monténégro aboutissant ainsi au rêve des nationalistes : la création de facto d'une grande Albanie ? Et tout cela sous une forme que la diplomatie américaine va envelopper dans un voile de mensonges pour cacher la réalité de faits. Vive la T.V !
• Peut-on accepter la démographie comme une arme morale en sachant qu’elle entraîne souvent un chantage et pose des problèmes énormes d' équilibre ? En 1940, avant la guerre, la population albanaise du Kosovo est minoritaire. Seulement 50 ans plus tard, elle est à 80 % pour passer à 90 % après l'intervention de l'OTAN en 1999 ! Que deviennent les Nations Urnes si les règles sur lesquelles elles sont fondées ne représentent plus rien ?
• Que devient cette pauvre Europe sans ses fondations élémentaires ? Une Europe en sandwich entre un cheval de Troie américain à l'ouest (G. B.) et un autre a l'est (Turquie) ? Une Europe sans définition géographique, faible et divisée ? Une Europe soumise et vassalisée par la diplomatie du grand frère ? Une Europe ratatouille sans colonne vertébrale et sans âme ? Est-ce cela que nous voulons ?
• Mais pourquoi donc les Etats-Unis se sont-ils acharnés ainsi à défendre l'indéfendable, quels sont leurs objectifs qui justifient une telle grossièreté, le centre militaire d'Urosevac, par son mystère et son importance, explique certaines choses, mais pas tout. Seuls les Russes le savent, ou le devinent, d'où leur réaction justifiée.
• Les 200.000 Serbes chassés du Kosovo, on n'en parle pas. Le loup a mangé l'agneau – c'est tout ! Quelle honte !
• Personne ne dit un seul mot de cette honteuse position de I'Amérique lors des négociations entre les parties opposées ! Mais comment négocier et pourquoi négocier quand l'administration américaine n’a pas cessé de répéter que l'indépendance de Kosovo n'était pas négociable ! Quelle parodie et quelle gifle à l'ordre mondial ! Arrêtez la planète, j' ai envie de descendre ! comme disait un poète yougoslave.
• Notre ministre des Affaires étrangères, tantôt pyromane habile tantôt pompier narcissique, veut supprimer une souffrance pour en créer une autre cinq fois plus importante ! Tout cela n'est pas sérieux et notre diplomatie, naguère exemplaire est devenue le serviteur de grand frère.
• Pauvre Serbie satanisée, détruite, humiliée ! Pauvres Albanais du Kosovo qui se bercent d'illusions, l'Amérique n'est pas au Kosovo à cause d'eux, mais à cause de ses propres intérêts ! Pauvre peuple d' Amérique dont la diplomatie est dirigée par le seul intérêt de domination ! Pauvre Europe qui investit des milliards pour soutenir une politique qui n'est pas la sienne, une politique qui creuse sa tombe de demain !
Chers amis de la vérité, réveillez vous ! Un jour ou l'autre cette parodie de justice va nous revenir dans la gueule. L'homme qui l'a dit n'est pas un charlatan mais un homme de convictions, i1 ne menace pas, il voit plus loin que les autres. Le monde occidental et plus particulièrement la France auraient intérêt à y réfléchir plus sérieusement . J'ai peur !
Au secours, amis, élevez vos voix, faites vous entendre, ne laissez pas ce cadavre pourrir au cœur de l'Europe et ceci pour de longues années ! Nous sommes tous responsables si nous laissons faire.
Français d'origine yougoslave, je suis venu à Paris en 1968, accompagné par la bénédiction de mon père qui m'a demandé, au nom de l'amour pour la France, d'y aller et nulle part ailleurs. Pauvre papa, il doit se retourner dans sa tombe car la France n'est plus la France qu'il a tellement aimée et mon cœur est inondé de chagrin !
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| Velimir Traparic, Lyon. |
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RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ART DE LA RHETORIQUE (Réponse à Alain Jejcic) |
Dans son papier paru dans B. I. n°131 d’avril 2008, à propos de mon article sur le réchauffement climatique dans le précédent numéro, Alain Jejcic a pris la peine d’engager le débat avec moi, et je l’en remercie. Mais son papier appelait une réponse de ma part, car les contre-vérités et désinformations qui y figurent sont trop nombreuses pour être laissées telles quelles.
Première erreur, il part du principe que mon article présente comme scientifiquement vrais les faits apportés par les scientifiques que je cite. Pourtant, je me contente de constater que le débat qui existe au sein de la communauté scientifique n’est pas du tout relayé par les médias, et pour cela je n’ai pas d’autre choix que de publier les avis divergents de ceux que chacun peut entendre à longueur de journée dans les médias.
Seconde erreur, il pense montrer une faiblesse de ma part en indiquant que je ne suis “que” journaliste. Or, cela serait une faiblesse si, en effet, j’avais défendu une thèse scientifique particulière plutôt qu’une autre, ce dont je me suis bien gardé. Et par ailleurs juger son interlocuteur plutôt que ses arguments est une démarche plutôt risquée, et pas vraiment scientifique. Ainsi, lui-même n’est pas climatologue, donc il serait facile de lui reprocher de parler malgré tout de climatologie. Personnellement je ne souhaiterai jamais d’un espace public où seules les femmes pourraient parler des femmes (1), les juifs (2) parler des juifs , ou les scientifiques parler des scientifiques. À moins d’empêcher 99,9 % des journalistes de faire leur travail, puisque la plupart d’entre eux ne travaillent pas sur le sujet des médias ou du journalisme (à tort selon moi, mais c’est un autre débat).
Troisième erreur, Claude Allègre serait “omniprésent” dans mon texte, alors que j’ai clairement expliqué qu’il jouait un rôle de repoussoir commode, je me cite : “Mais le cas de Claude Allègre est symptomatique de la propagande qui est à l’œuvre. […] Allègre est donc l’alibi people pour nier le fait qu’il n’y ait pas de débat public sur le sujet.”.
Enfin, et c’est plus grave, l’article dans son entier fait l’impasse sur la différence entre la science et la recherche, différence pourtant fondamentale et sans laquelle tout le débat sur le réchauffement climatique, voire sur la science en générale, devient biaisé. Le reste de mon argumentation portera donc sur ce point crucial.
Alain Jejcic, de bonne foi, écrit notamment ceci : “Si, dans l’état actuel, l’indépendance des chercheurs du CNRS est garantie statutairement, elle risque de ne pas subsister après l’application des réformes prévues.” Voilà, résumée, la représentation idyllique qu’il se fait de la réalité, alors qu’il s’agit en fait de tout autre chose. Je m’appuierai pour le démontrer sur les travaux d’un sociologue des sciences très respecté dans le monde scientifique, et qui enseigne à Polytechnique, Bruno Latour. Un petit livre de lui résume à mon sens l’essentiel de ce qu’il convient de connaître au sujet de la différence entre science et recherche : c’est la retranscription d’une conférence qu’il a donnée à l’INRA (3) en 1994. Dans ce livre intitulé Le métier de chercheur, regard d’un anthropologue (4), Bruno Latour explique les différences existant entre la science faite et la science en train de se faire, autrement dit entre la science et la recherche. Voici ce qu’il dit dans la première partie : “Autant la science faite est le domaine de la certitude, autant lorsqu’il s’agit de recherche, on baigne dans ce qui précisément passionne le chercheur, c’est-à-dire l’incertitude.” Et il ajoute : “Gardons donc constamment à l’esprit, lorsque nous parlons de recherche, la distance qui la sépare de la science (5).” Quelle est cette distance ? Précisément celle qu’Alain Jejcic a oubliée : “Pourtant reste vivace cette idée reçue selon laquelle une science serait d’autant plus exacte, d’autant plus juste, d’autant plus objective, qu’elle serait détachée des contingences du monde social.” (6)
Et Bruno Latour de donner cet exemple pour le moins éclairant de Pasteur qui écrit, alors qu’il est encore jeune et inconnu, au ministre de l’Instruction publique en 1864. Dans cette lettre, Pasteur parle de science évidemment, mais il parle aussi de politique, et de retour sur investissement ! Il relativise les 2500 francs qu’il demande en les comparant aux bénéfices que la France pourrait en tirer, et notamment l’équilibre de la balance des paiements avec l’Angleterre. Ainsi, un bon chercheur n’est pas qu’un scientifique enfermé dans son laboratoire, à faire des expériences : il doit convaincre d’autres personnes pour financer ses recherches, mais aussi pour les comprendre (“créer des collègues” dit Latour) et pour les valider (par des publications de pairs), etc. On est bien loin de la recherche fondamentale quand on parle de tout cela, et pourtant il n’y a pas de recherche sans relations publiques, pas de recherche sans financements, pas de recherche sans stratégie. Or, précise Latour, “la notion de stratégie n’est pas une notion marginale, périphérique, par rapport à l’activité scientifique, qui ferait que plus nous serions au cœur de la recherche, moins nous aurions à nous en préoccuper ; c’est exactement le contraire.” (7) Voilà pourquoi Pasteur a réussi : pas uniquement parce qu’il était un génie scientifique, mais aussi parce qu’il était un génie des relations humaines.
Latour va même beaucoup plus loin : un scientifique est en fait un capitaliste, dont l’objectif est de maximiser son capital de crédibilité. Sans tabou, il ajoute même que “plus il y a de crédit en jeu, de reconnaissance, de pouvoir, d’argent, plus la science est riche, et plus les mœurs [entre scientifiques] sont féroces et la compétition sans merci.” (8) Quant à sa conclusion, elle mérite d’être donnée tant elle éclaire notre débat : “Nous sommes aux antipodes du mythe du savant qui s’arrache au monde social et politique pour entrer en contact avec le monde objectif.” (9)
Donc, pour revenir au réchauffement climatique, il convient d’admettre que nous sommes dans la recherche et non dans la science, qu’il n’y a donc pas encore de certitudes, tout comme il convient d’admettre que le débat qui a lieu entre scientifiques n’a pas lieu dans les médias, et que c’est regrettable. D’autant plus regrettable que les forces politiques qui sont en jeu et dont je parlais dans mon premier article (10) sont très puissantes, en tout cas plus puissantes que le lobby pétrolier, qui se trouve complètement marginalisé aujourd’hui. Et les travaux de recherche du GIEC et de ceux qui s’en réclament doivent être absolument mis en perspective avec, d’une part, les travaux scientifiques compétents qui parviennent à d’autres conclusions, et d’autre part avec les énormes enjeux politiques et économiques du réchauffement climatique. Les sommes colossales qui sont investies chaque année pour démontrer que le réchauffement climatique existe et qu’il est principalement dû à l’activité humaine ne le sont pas pour démontrer que tel ne serait pas le cas. Au contraire, toute recherche faite dans ce sens est aujourd’hui considérée comme hérétique, d’où mon signal d’alarme. On ne trouve que ce qu’on cherche, mais la vérité ne se trouve pas forcément là où on la cherche…
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| Jean Robin |
(1) Laurence Boccolini, invitée sur le plateau d’On n’est pas couché le 15 mars 2008, fit cette réponse stupide au chroniqueur Eric Naulleau : “Quand vous aurez un utérus, revenez me faire la morale”.
(2) “Roger Cukierman a commis un nouveau dérapage en déclarant sur RTL, le 22 février, à propos du journaliste Jean-François Kahn et de l'essayiste Alain Minc, qui venaient tous deux de s'en prendre vertement à son discours du 12 février : Ni l'un ni l'autre ne sont actifs dans la communauté juive, et dans l'un des deux cas n'est même pas juif.” Le Monde, 3 mars 2005, Xavier Ternisien
(3)Institut National de la Recherche Agronomique
(4) INRA éditions, 2001
(5) pp. 15-16
(6)p. 22
(7) p. 35
(8) p. 37
(9) p. 64
(10)Pour mémoire, les lobbies écologistes et le lobby nucléaire, sans parler du politiquement correct qui vient renforcer encore le tout.
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LA FRANCE EN GUERRE |
La décision régalienne et d’allure dictatoriale d’augmenter sensiblement la participation de l’armée française à la guerre d’Afghanistan a soudain réveillé l’opposition de Sa Majesté de Nagy Bocsa. Il était temps !
Face à ce début d’opposition, la propagande gouvernementale se déploie. Ainsi, le 3 avril, pouvait-on entendre sur les ondes officielles de France-Info un militaire français en Afghanistan chargé de la formation de l’armée afghane – la formation est la mission la plus présentable – expliquer que la difficulté pour apprendre aux soldats afghans à tirer au mortier (sur d’autres afghans) était que ses recrues étaient à 80 % analphabètes.
La France coloniale est toute entière dans ce propos anodin : peu importe que les afghans restent analphabètes, la République Française ne leur apprend pas à lire et à écrire – on laissera ça à une brave ONG chargée d’animer le spectacle humanitaire – mais à s’entretuer.
Cette participation, dans le cadre de l’OTAN, ne date pourtant pas d’hier. Du temps de Chirac et de Villepin, l’armée de l’air française participait activement aux opérations menées sur le terrain contre l’ennemi afghan. Les forces spéciales étaient également présentes.
Cet ennemi est d’ailleurs assez mal défini et les médias évitent maintenant de le décrire tant il est évident que la résistance afghane à l’occupation étrangère dépasse désormais le cadre des seuls talibans ou répertoriés comme tels.
Mais la décision élyséenne intervient à un moment où les Etats-Unis, embourbés en Irak et en Afghanistan et voulant dégager des effectifs pour d’autres aventures, appellent l’OTAN au secours. Ce geste du Président français est, comme tous les autres, un geste destiné aux grands médias : le geste théâtral d’une main secourable tendue à un ami en difficulté.
Que le Président attende pour son geste une récompense sous la forme d’un poste de commandement régional dans l’OTAN montre qu’une nouvelle fois il se rêve dans un siècle aristocratique défunt, qu’il se joue la comédie de la favorite ou du courtisan zélé et qu’il ne veut pas admettre qu’aujourd’hui comme hier, les putains se font payer d'avance.
Au passage, il démontre lui-même à la population française que si les caisses sont vides, elles ne le sont pas autant qu’il le prétend puisqu’il y a de l’argent pour ces activités onéreuses hors de nos frontières : au Tchad où l’armée française est le noyau de la force européenne EUFOR constituée à grand peine, au Kosovo où les Etats-Unis envoient le matériel pour réalimenter la guerre, en Georgie où l’armée française après avoir formé, du temps de Villepin, les troupes de montagne, forme maintenant la marine géorgienne, ses commandos et ses garde-côtes, en prévision du clash militaire avec la Russie que souhaite Washington, sans oublier les activités à l’intérieur des frontières fictives de l’Empire pour conduire dans les eaux de la Nouvelle Calédonie des manoeuvres navales avec les voisins impérialistes : Australie et Nouvelle-Zélande.
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LA LENTE AGONIE DU PCF |
Le maire de Vénissieux André Gerin, issu du courant "orthodoxe" du PCF, présente sa candidature à la direction.
Une bonne nouvelle. Ce dernier semble moins atteint par l'angélisme (notamment en matière de délinquance) que certains de ses camarades. Certes, il a souvent fait preuve d'un soutien désespérant aux clandestins mais contrairement à d'autres, il semble avoir mieux saisi la mue du capitalisme. Une occasion de revenir sur la dégringolade du PCF entamée voilà un peu plus d'une quinzaine d'années.
Le PCF est mort lorsque ses dirigeants ont commencé à parler comme des étudiants encartés à la LCR. En clair, lorsque les bons sentiments dégoulinants ont remplacé la dialectique et le matérialisme historique. Les deux fossoyeurs que sont Buffet et Hue n'ont eu de cesse de nous bassiner avec tous les "sans" (logis, papiers etc...) au lieu de se concentrer sur leur véritable électorat, à savoir : la classe ouvrière et le petit salariat.
Comment le PCF a-t-il pu adopter les discours larmoyants et la rhétorique "gauchiste" des idiots utiles du parti de Besancenot ? Comment peut-on embrasser, toute honte bue, celui qui fut (et qui devrait toujours être ), votre ennemi irréductible?
Très simple : il suffit de céder aux oukases des ours savants de la social-démocratie.
Les "ours savants" en question vous sommant de prendre vos distances avec des positionnements jugés trop "nationalistes" ou des attitudes qualifiées de "xénophobes".
Les petits marquis du PS, sociaux-traîtres éternels, ont voulu étouffer les élans patriotiques du PCF, pour asseoir leur hégémonie à gauche et réduire à une simple peau de chagrin le vieux parti de la place du Colonel-Fabien.
Pourtant, les choses partaient bien. Marchais réclamait au tout début des années 80 "l'arrêt de l'immigration", comprenant sans-doute que celle-ci était une arme efficace au service du patronat le plus réactionnaire. Déferlante migratoire, dont les masses laborieuses allaient faire très rapidement les frais. Tant sur le plan des salaires que de la Sécurité sociale, mais aussi dans leur vie quotidienne, dans leur cité, à l'école, dans les transports, etc...
Depuis le funeste regroupement familial organisé par le duo Chirac-Giscard au milieu des années 70, l'immigration ne représentait plus une force de travail visant à reconstruire le pays comme au cours des "Trente glorieuses", mais elle avait pour seuls objectifs de peser sur les salaires (dumping social), de briser les grèves, la CGT et bien évidemment le PCF. Que le PS et la droite de l'époque s'en réjouissent c'est dans la logique des choses. Mais que le PCF ait emboîté le pas des "réformistes" et des "libéraux" dans cette sinistre affaire relève de l'hérésie pure et simple.
Mais comment en est-on arrivé là? Comment le PCF a-t-il abandonné les travailleurs au profit d'un prolétariat de substitution, électoralement sans impact et dont les intérêts sont parfois totalement opposés à ceux des couches populaires?
Le journaliste Hervé Algalarrondo dans son ouvrage Sécurité : la gauche contre le peuple apporte quelques réponses satisfaisantes à ces deux questions. Pour lui, le "Produisons français" courageusement défendu par le PCF à une époque, a permis à ses plus farouches adversaires de dépeindre le parti communiste en parti "rouge-brun". Accusation très commode et très efficace pour disqualifier un redoutable opposant.
Ajouter à cela, deux épisodes très largement exploitées par la Presse anti-communiste et maladroitement gérées par le PCF, en l'occurrence le foyer d'immigrés défoncé au bulldozer à Vitry et la famille marocaine de Montigny-lès-Cormeilles, et il n'en fallut guère plus pour que les "cocos" n'abordent plus les délicates questions "immigrées" et "sécuritaires". Laissant ainsi les ménages les plus modestes totalement désemparés. Ménages qui se tourneront d'ailleurs très largement vers le FN dans les années qui suivront.
Comme si cela ne suffisait pas, le PCF s'est avéré incapable de comprendre les mutations du néo-capitalisme et le visage du nouveau "précariat".
Où sont les communistes dans les combats des caissières, des livreurs, des ambulanciers privés, des employés des fast-food, des vacataires de la fonction publique, des stagiaires non-rémunérés, des chercheurs ? Pourquoi une telle absence? Evidemment, certains élus locaux se démarquent et font (sur)vivre ce qu'il est convenu de nommer le "communisme municipal", mais les ténors où sont-ils ? Ils sont tout simplement supplantés par le facteur démagogue, ami des chanteurs de rap, chouchou de Claire Chazal et de Michel Denisot et époux d'une papesse de l'édition. Pitoyable.
Dans le même ordre d'idées, un communiste n'a pas à se proclamer "anti-libéral" comme un vulgaire altermondialiste faucheur d'OGM, un communiste est "anti-capitaliste". Point final. User du terme "libéral" c'est déjà faire sien le langage de l'Ennemi.
Dans cette déroute du PCF, il ne faut pas oublier de mentionner comme l'a très bien fait Patrick Besson dans son texte J'accuse Robert Hue, la non-démission du ministre des Transports du gouvernement Jospin, Jean-Claude Gayssot, au moment des frappes de l'OTAN contre la nation serbe en 1999. Avec ce comportement capitulard, le PCF terminait de brader définitivement ce qui avait constitué un de ses "fondamentaux" historiques, dans le cas présent : l'anti-impérialisme US. Finissant ainsi de perdre ses quelques très rares derniers fidèles.
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| Maurice Gendre. |
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LETTRE AU ST-LOUIS POST DISPATCH |
| Les Serbes américains ont prouvé à maintes reprises leur dévotion aux Etats-Unis. Les serbes ont fièrement servi dans la guerre civile, dans les guerres hispano-américaines, dans les Première et Seconde guerres mondiales, en Corée, au Vietnam et en Irak. La famille Dokman de Kansas City (Missouri) a eu sept fils en même temps dans l’armée durant la Seconde guerre mondiale. Un immeuble de l’académie de l’US Air Force à Colorado Springs porte de nom de Lance Sijan, un Serbe, en raison de sa bravoure au Vietnam. Il est mort dans la cellule de prison qu’il partageait avec le sénateur John McCain.
En 1994, les Serbes des Etats-Unis ont célébré le centième anniversaire de la première église orthodoxe serbe bâtie sur le territoire américain. Cette église de Jackson (Californie) est toujours fréquentée et témoigne des convictions religieuses des Serbes et de leur place légitime dans la démocratie qu’ils ont aidé à construire, y compris les églises serbes du Missouri. La destruction de 180 des anciennes églises serbes du Kosovo au cours des sept dernières années montre qui sont les vraies victimes du génocide au Kosovo, avec 350.000 Serbes et non-Albanais “nettoyés” dans la région, sous le nez des 17.000 hommes de l’OTAN, comme si ces Serbes ne méritaient pas une protection et des droits égaux. Les musulmans albanais croient au mouvement mondial du “djihad” à nous tuer, nous les “infidèles”, et c’est une honte que le gouvernement Bush soutienne les musulmans de l’UCK qui, il y a à peine six ans, figuraient sur une liste d’organisations terroristes. Hashim Thaci, le Premier ministre du Kosovo, a les mains les plus sanglantes du Kosovo.
En 1905, Fade Grba, un jeune Serbe-américain du sud de Chicago, a reçu la Médaille d’honneur du Congrès pour son héroïsme dans la marine. Il y a huit Serbes auxquels a été décernée cette médaille. La première personne à en recevoir deux , Lou Cukelja, était un Serbe qui a été récompensé par les plus hautes décorations de la France, de la Belgique et de la Serbie. Il y a des milliers de Serbes qui ont reçu la décoration du Purple Heart. Les Serbes-américains peuvent s’enorgueillir d’avoir le plus jeune général à deux étoiles de l’armée américaine, Rudy Ostovich III, et le général à deux étoiles Mel Vojvodich. Ed Radkovich a dirigé les services de renseignement de l’Air Force en Europe et le brigadier-général George Karamarkovich le US Marine Corp. L’armée américaine a aussi compté l’amiral Stevan Mandarich et le colonel Mitchell Page. Le programme spatial de la NASA comprend de nombreux ingénieurs et savants serbes. Treize hauts responsables du programme spatial sont serbes. Mike Vicelich a reçu le Freedom Award du président Johnson pour sa contribution au programme Apollo.
Envoyer des jeunes Américains au Kosovo pour défendre des terroristes qui ont réussi à réduire la population serbe du Kosovo de 31 % il y a dix ans à moins de 3 % aujourd’hui est se moquer de notre foi dans la démocratie et la liberté. Amputer 15 % du territoire serbe parce qu’il a été envahi par les Albanais est illégal, et viole la Charte de l’ONU, l’Acte final d’Helsinki et de nombreuses lois internationales.
Vous ne mentionnez pas que 40 % des Albanais du Kosovo sont des étrangers illégitimes qui ont traversé la frontière entre l’Albanie et la Serbie aussi facilement que les Mexicains illégaux traversent la nôtre chaque nuit à San Diego. Défendre ces gens à partir du camp Bondsteel, aujourd’hui la plus grande base militaire US en Europe, construite sur le sol serbe sans compensation pour les fermiers serbes qui en étaient les propriétaires depuis des générations, révèle la profondeur de l’hypocrisie américaine et de la trahison de leurs ex-alliés serbes. |
Le 8 mars 2008, William DORICH, Los Angeles. Auteur de cinq livres sur l’histoire des Balkans. |
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Défense de Poutine |
"L'héritage de Poutine, ou les risques du capitalisme autoritaire", par Laura Mandeville (Le Figaro, 29 février 20). Voilà un article qu'il faut consulter pour avoir une idée des succès de la politique de Poutine en Russie, bien que celle-ci y soit présentée par ses détracteurs.
Remarquons aussi dans ces lignes du Figaro, l'impudence des commentaires annexes. A savoir, dans le contexte économique et social calamiteux que nous pouvons déplorer ici-même en Europe de l'Ouest, la façon dont nos "élites" politiques et médiatiques se permettent tous les luxes critiques. En l'occurrence celui de dénigrer les résultats politiques, économiques et sociaux exceptionnels du chef de l'Etat russe et de lui donner des leçons !
Il faut en effet ne pas manquer d'air pour qualifier "d'extrémisme capitaliste" le régime Poutine, alors même que celui-ci a été pris en haine par les extrémistes néolibéraux euromondialistes (dont les méfaits obscènes se cachent sous l'incontournable cache-sexe "libertaire" et "humanitaire"), en raison de sa manière de s'opposer aux OPA du capitalisme financier mondial. Notamment en ne craignant pas de mettre en prison certains de ses plus puissants féodaux, qui s'étaient emparés des richesses gazières nationales russes.
Pointons aussi le dénigrement de la méthode - reconnue efficace - employée par Poutine pour mettre fin aux violences des l'islamistes indépendantistes tchétchènes.
Alors même que ces "belles âmes" néolibérales viennent d'ouvrir en grand cette boîte de Pandore, vecteur de guerres, en reconnaissant et légitimant l'indépendance du Kosovo, proclamée unilatéralement par les extrémistes islamistes et mafieux albanais !
A la lecture de cet article, personne (sinon les idéologues aveuglés et assourdis par la rente élitaire du Profit) ne sauraient conclure autrement qu'à saluer et dire bravo à Poutine ! Homme politique et d'éthique salutaire d'une Russie menacée comme nous par les intégrismes néolibéraux autant qu'islamistes. Homme politique dont nous aimerions avoir l'équivalent en France pour soutenir le peuple français sacrifié par les ploutocraties qui actuellement le gouvernent ! |
| Véronique Hervouët. |
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AUTOPSIE D'UN CRIME : LA RECONNAISSANCE DU KOSOVO
Lettre ouverte à M. Nicolas Sarkozy, Président de la République |
Le 17 février dernier, la province serbe du Kosovo-Métochie a proclamé unilatéralement son indépendance. La France, oublieuse tant de ses valeurs de justice et de droit que de ses intérêts géopolitiques et stratégiques, a été, pour son plus grand déshonneur, le premier pays à reconnaître cet Etat fantoche.
Cette reconnaissance dont vous êtes l'inspirateur est un acte profondément anti-français. Par la politique du fait accompli et de la destruction méthodique, consciente, du droit international, elle consacre de surcroît la fin de l'ONU. Le nazisme avait tué la SDN, la trahison française a tué l'ONU. (1) Quelle honte pour notre pays, que de s'afficher dans une telle lignée ! Paris renie ainsi tous ses principes : l'intégrité territoriale des Etats est l'essence même de la Charte de l'ONU et la base du droit international depuis 1945. L'Acte final d'Helsinki de 1975 proclame l'intangibilité des frontières des Etats européens. La Convention de Vienne de 1980 interdit le recours à la coercition, au chantage ou à la force pour obliger un Etat à signer un traité. La résolution 1244 des Nations-Unies réaffirme la souveraineté de la Serbie sur la province du Kosovo-Métochie. Dans son article 5, notre propre Constitution, loi fondamentale, fait du Chef de l'Etat que vous incarnez, le garant du respect de ces textes internationaux.
Jamais, au grand jamais, l'on a ainsi déchiré autant de traités, renié tant de fois nos propres signatures, nous affranchissant de nos obligations, de nos devoirs.
C'est un acte anti-français parce que l'ONU, malgré ses faiblesses, ses imperfections, représentait non seulement la légalité internationale que vous foulez aux pieds, mais surtout nous octroyait le statut de puissance politique mondiale, comme membre permanent du Conseil de Sécurité disposant d'un droit de veto. C'est cette position seule qui a permis à la France de faire entendre sa voix, son originalité sur la scène mondiale. C'est cette position seule qui nous a permis de peser face à l'hyperpuissance américaine qui voulait nous entraîner contre notre gré dans le bourbier irakien. C'est cette position seule qui peut contrebalancer politiquement et nous permettre de dialoguer, d'égal à égal, avec la Russie ou la Chine. Sans l'ONU, sans la capacité de dire le droit, de pouvoir dire non et de peser sur les événements, la France n'est plus qu'un pays de second ordre, que l'on ne prendra même plus la peine de consulter. Si l'on se fourvoie dans la jungle où la force fait loi, nous ne pourrons en sortir vainqueur.
C'est un acte anti-français parce qu'il couronne le triomphe de l'ethnicisme, au détriment de la notion française de citoyenneté. Partout dans l'ancienne Yougoslavie, nous sommes intervenus au nom du multiculturalisme, et pourtant à chaque fois, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et maintenant au Kosovo-Métochie, l'on a consacré de nouveaux Etats indépendants ethniquement purifiés. En se faisant la championne de la conception allemande du droit du sang plutôt que de celui du sol, la France se manque à elle-même et livre une Europe morcelée à une puissante Allemagne unifiée. "Nous sommes, par tradition et presque malgré nous, les tenants d'un universalisme abstrait qui, sans ignorer les diversités ethniques, s'attache plutôt à l'homme de tous les temps et de tous les pays. Les Allemands défendent, eux, un universalisme de composition qui leur assurerait, par l'irradiation même de leur puissance, la domination sur la périphérie européenne", a écrit Edmond Vermeil dans un ouvrage paru en 1940 pendant la drôle de guerre et, de ce fait, mutilé par la censure (2). Comment mieux dire en effet, que la protection des minorités ethniques, si présente dans la Constitution européenne que le peuple français a courageusement repoussé par la grande porte référendaire, mais qui nous est revenue sournoisement par la fenêtre parlementaire, est une notion totalement étrangère à la conception républicaine qui est la nôtre depuis 1789 ? Enfin, vous comprendrez que les Serbes du Kosovo, devenus "minorité ethnique" dans leur propre pays, ne croient plus guère aux garanties de la Grande Europe de "protection des minorités", depuis que lors des pogroms de mars 2004, ses soldats, notamment français, sont restés l'arme au pied. Ce triomphe de l'ethnie sur la nation me fait horreur.
C'est un acte anti-français car il détourne de nous nos meilleurs amis d'Europe centrale et du Sud-Est. L'Espagne mise à part, tous les pays hostiles à la reconnaissance d'un Kosovo-Métochie indépendant sont des pays d'Europe centrale et du Sud-Est. Un simple regard sur une carte montre qu'une fracture s'est dessinée en Europe. L'alliance contre-nature de Paris avec un Kosovo albanais détruit nos alliances naturelles. Vous vous êtes rendu récemment à Bucarest. Sans doute avez-vous aperçu le monumental lion statufié, face au palais présidentiel de Cotroceni, au pied duquel le soldat roumain est doté d'un uniforme de poilu français
Si vous aviez poursuivi votre visite par le parc Cismigiu, vous auriez pu y voir un autre monument, dédié à l'armée française libératrice. La Roumanie, comme la Serbie, a fait preuve d'un héroïsme extraordinaire aux côtés de notre pays dans le premier conflit mondial. Après guerre, sous l'impulsion de Nicolae Titulescu, président de la SDN, elle a joué un rôle considérable de promotion de la paix en Europe, et comme pierre angulaire du système défensif français, qui prenait l'Allemagne à revers et isolait l'Union soviétique. L'alliance des pays d'Europe centrale et du Sud-Est est d'autant plus ferme que la France est fidèle à ses valeurs. A l'inverse, c'est l'abandon français qui l'a poussé à se chercher d'autres alliances, funestes celles-là. Ainsi en est-il lorsque le pôle d'attraction devient pôle de répulsion. De même un pacte franco-albanais est-il incompatible avec le maintien d'un partenariat stratégique avec Bucarest. La Roumanie est elle-même tenaillée par un irrédentisme hongrois et sicule en Transylvanie, et accorder des droits collectifs à une minorité, comme la France le fait avec les Albanais de Serbie, est un acte indéfendable en Roumanie. C'est grande tristesse, que le Quai d'Orsay ne puisse comprendre cela. De la même manière, la Serbie possède, en plein cur de Belgrade, un monument, non à l'armée française, mais à la France en tant que telle. Non au poilu, mais à Marianne. Dans nulle autre capitale au monde vous ne trouverez semblable témoignage de reconnaissance. Faut-il que la France ait un gouvernement si ennemi d'elle-même pour qu'elle compromette pareil capital d'amitié, et de sécurité.
C'est un acte anti-français car l'effet domino que notre pays a cautionné pourrait fort bien se retourner contre lui. L'indépendance du Kosovo ne représentera pas un précédent dans le droit international, entend-on partout. De qui se moque-t-on ? L'on ne conçoit guère un droit international que sur le plan universel. Que serait un droit international qui s'appliquerait uniquement au Kosovo-Métochie ?
"Si les dirigeants occidentaux continuent de se laisser ainsi guider par la lâcheté et l'égoïsme, s'ils persistent à faire des promesses qu'ils savent intenables, un nouveau droit international se mettra inexorablement en place, dont ils seront un jour, eux aussi, les victimes :
- le droit de rectifier les frontières et de déplacer les populations par la force ;
- le droit d'être reconnu comme interlocuteur valable en violant, massacrant, torturant ;
- le droit de ridiculiser les organisations internationales en leur faisant décider une politique dont elles n'ont pas les moyens. (
) Ailleurs, (
) les riches se sentiront libres de se débarrasser des pauvres, sous des prétextes ethniques ou politiques. On reconnaîtra comme une nation quiconque se déclarera telle", écrivait Jacques Attali dans le journal Le Monde, voici treize ans (3). Certes, le tropisme anti-serbe de cet intellectuel ruine toute crédibilité de son analyse du drame yougoslave et ne démontre qu'une seule chose : une méconnaissance profonde de ce pays, des tenants et des aboutissants de son éclatement. Mais force est de constater que sa vision à terme des conséquences du cynisme des démocraties occidentales sur le droit international était largement prémonitoire.
C'est un acte anti-français car il consacre le terrorisme comme moyen légitime pour parvenir à ses fins politiques. Dois-je vous rappeler que le Premier Ministre de l'Etat fantoche du Kosovo, Hashim Thaçi, est un ancien commandant de l'UCK, une bande d'assassins que la Maison Blanche avait classée comme terroriste en 1998, pour mieux la courtiser moins d'un an plus tard ? Un individu ne devient-il fréquentable qu'à la mesure de son racisme anti-serbe ? Hashim Thaçi avait pour nom de guerre : "le serpent". Tout est dit. Ce galonné du crime a les états de service d'un chacal. Ses cibles préférées ? Les policiers serbes du Ministère de l'intérieur, qui défendaient l'intégrité territoriale de la Serbie, un droit à l'autodéfense que l'on ne concède qu'à Israël et à la Turquie. Depuis 1999, les soldats de la KFOR remplacent ces policiers. Avec la crainte de se retrouver dans l'inconfortable position de leurs prédécesseurs serbes, perçus comme une armée d'occupation étrangère. Ils l'ont déjà été. Ils le seront encore. Du sang qui sera versé alors, vous en serez comptable, M. le Président.
L'organisation terroriste basque ETA s'est réjouie bruyamment de la reconnaissance par Paris de l'indépendance du Kosovo-Métochie. Ne vous semble-t-il pas insupportable de voir notre pays en si mauvaise compagnie ? N'y a-t-il pas contradiction entre les valeurs ethnocentriques des assassins de l'ETA dont on perçoit bien la communauté d'intérêts avec les Albanais du Kosovo, et la position française fourvoyée loin de la tradition de citoyenneté qu'elle défend depuis la Révolution de 1789 ?
C'est un acte anti-français car il ne sert que les intérêts américains et ruinent ceux de notre pays. Dans un article paru fin janvier, le quotidien slovène Dnevnik a publié un document interne du gouvernement américain dans lequel celui-ci indiquait les directives de Washington, notamment sur la question du Kosovo, au pays qui allait prendre la Présidence de l'Union européenne pour six mois. L'UE aux ordres de Washington ? Notre politique étrangère subordonnée aux diktats de l'OTAN ? Certes, je n'attendais rien de l'actuel locataire du Quai d'Orsay, encombré, comme à l'accoutumée, de ses affreuses certitudes, du contentement du Pharisien. Mais de vous, M. le Président, qui venez d'inaugurer l'historial de Charles De Gaulle, du moins espérais-je quelque pâle héritage du grand homme. Se pourrait-il que les Français, qui pensaient avoir placé un lion à l'Elysée, y découvrissent soudain un mouton ?
Pourquoi ne pas révéler au public français l'importance stratégique du Kosovo-Métochie pour Washington, qui y a implanté l'une de ses plus grandes bases militaires au monde, le camp Bondsteel ? Pourquoi n'évoquez-vous pas le projet de corridor énergétique AMBO, l'un des buts de guerre avoués de la Maison Blanche, dans la guerre du Kosovo en 1999 ? Le soutien américain aux peuples musulmans des Balkans, pour faire passer une politique américaine hostile aux musulmans du Proche-Orient ? Les visées hégémoniques de Washington, et l'encerclement de la Russie d'une ceinture de bases militaires ? Aurions-nous sacrifié nos meilleurs atouts en Europe en jouant pour des raisons inavouables de sujétion atlantiste, la carte perverse de Washington ? Chacun sait que l'indépendance du Kosovo n'est pas la fin de l'éclatement de la Yougoslavie, mais le commencement de nouvelles guerres dans la région. La Maison Blanche se frotte les mains par avance, de voir la Grande Europe se fourvoyer dans le labyrinthe balkanique, et prendre le relais d'un ordre qu'elle-même n'a jamais su maintenir. Mais les américains ont la vue courte, et des critères assez désopilants dans le choix de leurs alliés : l'aventure talibane en Afghanistan est là pour le rappeler, et Paris pourrait rencontrer quelques mauvaises surprises dans son mariage albanais de rencontre. Enfin, si le but était de contenir le Kremlin, il est manifestement raté : cette politique n'a réussi qu'à faire redescendre la Russie dans les Balkans.
C'est un acte anti-français parce qu'il grave dans le marbre l'emploi du double standard en matière internationale. En visite officielle à Chisinau, Mme Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, a rappelé le droit à l'intégrité territoriale de la Moldavie, Transnistrie comprise. Au cours de leur longue histoire, les peuples de la région se sont toujours établis entre des frontières naturelles. Le Dniestr fut cette frontière. Pourquoi vouloir à tout pris maintenir en Moldavie un territoire qui historiquement n'a jamais été moldave puisque au-delà du Dniestr, et dans le même temps arracher à la Serbie son sol le plus sacré, celui qui est historiquement le plus serbe ? Prizren a été une capitale de la Serbie. Le Patriarcat orthodoxe de Pec, cur spirituel serbe, a été fondé en 1219. L'Amérique, si prompte à donner des leçons de civilisation, n'existait même pas
Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? Derrière ce sublime fantôme se dissimule la force brutale. Un tel concept s'appliquait aux peuples colonisés, ce qui n'a aucun sens au Kosovo, et pourquoi n'accorder pareil droit qu'aux seuls Albanais ?
Quels sont les critères objectifs pour la reconnaissance de l'indépendance d'une province en état souverain ? Sa démographie ? L'appartenance ethnique ? L'on importe pas impunément le tribalisme dans le débat public. Tôt ou tard, et plus vite qu'on ne le croit, la France se retrouvera piégée à sa propre rhétorique. Avec un tel principe, nous devrions nous séparer de la ville de Saint-Denis, qui abrite pourtant, sous la voûte de sa basilique, les tombeaux de nos rois. Même le plus farouche républicain n'aurait-il pas quelque pincement au cur à abandonner ainsi son patrimoine historique ? Comprenez alors la position de Belgrade. Surtout qu'un poids démographique, cela se travaille, s'organise, se construit. Sur l'échelle de l'Histoire, la balance démographique ne penche que depuis fort récemment en faveur des Albanais.
C'est un acte anti-français parce qu'il fait de notre pays le complice de la destruction barbare d'une vieille civilisation européenne. Vous souhaitez incarner une politique de civilisation, et l'un de vos premiers actes politiques est de livrer aux Philistins le cur spirituel de la Serbie chrétienne ! Un héritage artistique, historique et religieux classé au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, et d'autant plus unique qu'il souligne du même coup la totale absence d'apport civilisationnel albanais au Kosovo ! D'où la violence destructrice de ces derniers
(4)
Dès le joug ottoman, bras armés de l'occupant, les Albanais ont pratiqué dans la région à l'égard des Serbes une politique de terreur et de crimes. Ces seules dix dernières années, et en présence des forces internationales, un quart de million de Serbes a fuit ses terres ancestrales, près de 150 églises ont été pillées, brûlées, rasées, les cimetières profanés, les biens immobiliers spoliés. Tout l'art des Albanais est dans le retournement, de se poser en victimes en accusant les Serbes de leurs propres turpitudes.
C'est un acte anti-français parce qu'il sanctionne le mensonge et une version frelatée de l'Histoire. La première victime de la guerre, c'est la vérité. Il appartiendra aux historiens - et à eux seuls - de rétablir cette vérité historique sur l'éclatement tragique de la Fédération yougoslave, qu'une presse vendue aux puissances d'argent, alliée à un journalisme de bidet, par bêtise, ignorance, ou paresse intellectuelle a travesti en mauvais western. Jacques Merlino, dans un ouvrage retentissant, (5) a parlé de "Tchernobyl de l'information", qui a provoqué sur les opinions publiques occidentales, ce terrible obscurcissement de la pensée.
En 1985, le Kosovo-Métochie était une province autonome au sein de la Serbie, et Slobodan Milosevic encore inconnu sur la scène politique. Pourtant le 1er mai de cette année là, un paysan serbe de Gnjilane, Djordje Martinovic, qui refusait de vendre ses terres à des Albanais a été retrouvé dans son champ empalé sur une bouteille. Cette agression qui rappelait les heures les plus sombres de la domination turque a secoué d'horreur la Yougoslavie toute entière, d'autant que les autorités communistes, au nom de la paix interethnique, ont nié l'événement puis finalement déclaré que la victime s'était automutilée
Mais qui espérait-t-on duper, alors que cet affreux supplice nécessite l'office de trois bourreaux? Cet autisme, ce refus de voir la réalité en face, d'appeler les choses par leur nom, n'ont pas porté chance à la Fédération yougoslave, décédée depuis de mort violente. Qui pourrait dire alors si l'UE, à trop bien l'imiter, ne la suivra pas dans son naufrage ? Un rapport commandé par la Bundeswehr, daté de janvier 2007 et que vous ne pouvez ignorer, conclue que "la communauté internationale se retrouve au Kosovo dans la situation d'un refus grotesque de la réalité. La porte est ouverte pour une escalade de la violence plus terrible encore." (6)
C'est un acte anti-français car il leurre nos compatriotes sur une "influence française" au Kosovo. La France fut une alliée historique de la Serbie. Si Paris l'a oublié, les Albanais, eux, s'en souviennent et se méfient de nous. Aussi est-ce vanité de croire que l'on sera en mesure de leur imposer quoi que ce soit. 40.000 soldats de la KFOR n'ont pu empêcher une épuration ethnique sans précédent, dans le silence général, après juin 1999. En mars 2004, les pogroms anti-serbes n'avaient rien de spontanés et nos soldats, parfaitement informés, ont laissé faire la foule haineuse, comme le confirme le rapport d'information parlementaire publié en décembre. (7) L'impunité totale dont les extrémistes albanais ont bénéficié les rend plus redoutables que jamais. Aujourd'hui, 17.000 soldats sont présents dans la province serbe. Il est illusoire d'imaginer qu'ils suffiront à tenir un territoire montagneux avec une population parfaitement rompue à la désinformation et à la guerre d'embuscade.
C'est un acte anti-français car il accorde une respectabilité à un Etat mafieux dont les trafics n'épargnent pas notre pays. Le Kosovo-Métochie, indépendant ? Soyons sérieux. Il n'y a pas de souveraineté sans souveraineté économique. Or le Kosovo a un PIB équivalent à celui du Rwanda, les 2/3 de sa population sont au chômage. Pristina ne produit rien, importe 100 % de son alimentation et la quasi-totalité de son énergie. La Serbie, qui ne reconnaît pas cet Etat fantoche, est son premier partenaire économique, ce qui est normal, puisqu'il est sa province. L' "économie" du Kosovo, si telle doit-on l'appeler, est de type mafieux. Pristina est la plaque tournante de tous les trafics en Europe, armes, drogues, prostitution, que trahissent les indices bien connus du blanchiment d'argent sale, la prolifération anormale des stations d'essence, des maisons de jeu et des constructions de villas luxueuses, sous le nez de la double administration internationale. Deux milliards d'euros des contribuables européens investis dans le puits sans fond du Kosovo se sont " égarés " dans les poches de la mafia albanaise, et font des Kosoviens l'une des populations les plus subventionnées, les plus assistées du monde. Et l'UE s'apprête à remettre le couvert, avec plus de 300 millions d'euros d'aide supplémentaire.
Bien sûr, ce n'a jamais été le droit ni la justice qui ont guidé les grandes puissances, mais bien l'intérêt. Sans doute des firmes françaises, notamment dans les télécommunications et le bâtiment, espèrent-elles quelques profits juteux. Ce sera le cas tant que l'ONU, bonne fille, règlera l'addition. Car seul un Kosovien sur deux s'acquitte de ses factures d'électricité, pour ne prendre que cet exemple. Et souvenez-vous que Judas n'a guère profité de ses trente deniers.
Seul le respect dû à votre fonction me retiens de vous dire le mépris, le dégoût, la colère que m'inspire une décision indigne et inique. Bien sûr, Droit, Justice, Vérité ne sont que les paravents qui habillent le cynisme des Etats. Mais ces principes sacrés, la France les revendique comme siens, et moi, je la prends au mot ! Et lorsqu'elle manque à ses sublimes mobiles, lorsque la France se manque à elle-même, je lui demande des comptes !
Je serai, sous le sac de cendres qui me couvre,
La voix qui dit" malheur !" La bouche qui dit" non"
(8)
Veuillez croire, M. le Président, en l'assurance de ma grande honte, et de mon profond accablement. |
Jean-Michel BERARD, 27 février 2008.
Chroniqueur au mensuel B. I. (Balkans-Infos)
Membre de l'association Vérité et Justice |
(1) Le quotidien roumain Ziua (Le Jour) titrait le 18 février 2008: "Le Kosovo est né, l'ONU est morte" (éditorial de Cristian Unteanu).
(2) Edmond Vermeil, "L'Allemagne, essai d'explication", Editions Gallimard, 1940, p.17.
Quelques semaines plus tard, le livre était interdit, ses exemplaires détruits, et la Gestapo se rendait au domicile de son auteur, qui avait fort heureusement pris le chemin de Londres.
(3) Le Monde, 14 juin 1995 : "Poker et mat en Bosnie", éditorial de Jacques Attali.
(4) Voir sur les images de CNS, la rage albanaise contre les témoignages chrétiens multiséculaires, tandis que la KFOR prend honteusement la poudre d'escampette : http://www.cnsnews.com/video/2005/KosovoChurchDesecration.wmv
(5) Jacques Merlino, "Toutes les vérités yougoslaves ne sont pas bonnes à dire", Editions Albin Michel, 1993
(6) Institute for European Policy, "Operationalizing of the Security Sector Reform in the western Balkans".
http://www.balkanforum.org/IEP-BND/iep0001.PDF
(7) Assemblée nationale, Rapport d'information n° 448, "Quel avenir pour le Kosovo", décembre 2007, p.32 :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i0448.asp
(8) Victor Hugo, "Les Châtiments", Editions Gallimard. |
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A l'occasion de la commémoration des fusillés de l'Affiche Rouge, l'association Nationale des Garibaldiens par son Président Philippe Guistinati met son drapeau au service de la Serbie contre l'autoproclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo. |
| Allocution au cimetière d'Ivry sur Seine, le 24 février 2008. |
Nous sommes des enfants les uns et les autres. Nous n'avons jamais prétendu être des héros, et nous avons demandé comme dernière grâce de mourir ensemble.
Le dernier jour, il n'y avait que souffrance et désespoir, mais aujourd'hui, 64 ans après, nous les élevons au rang de héros, nous les voulons comme symbole pour demain, nous les transformons en objets de mémoire car nous ne voulons pas que soit oubliées ces années sombres de notre histoire, nous ne voulons pas que la mort de milliers de résistants tombe dans l'oubli alors même qu'ils ont donné leurs vies pour une certaine idée de la liberté, pour refuser la dictature fasciste, pour que nos enfants marchent la tête haute, libres et fiers d'appartenir à une nation courageuse qui a repoussé l'ogre nazi malgré l'occupation allemande et la complicité du gouvernement de Vichy.
Ils étaient jeunes, 22 hommes fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérien et une femme Olga décapitée le 10 mai de la même année car elle ne méritait même pas une balle.
Ils avaient tous les défauts : jeunes, combattants FTP-MOI, juifs, communistes et étrangers. Espagnol, Roumain, Français, Italien, Hongrois, Polonais et Arménien.
L'occupant nazi, assisté de la police Française de Laval et Daladier, les pourchassait et les collabos français les craignaient, car les actions de ces résistants, de ces terroristes, troublaient l'ordre établi en ces années d'occupation. Certains pensaient en 1940 que ces Allemands étaient des gens bien élevés, qui nous débarrassaient de ces juifs qui volaient notre argent, de ces communistes bolchéviques qui voulaient nationaliser nos terres, qui pourchassaient ces étrangers qui nous volaient notre travail, et qui faisaient régner l'ordre public dans nos départements de bons Français.
Heureusement et grâce à cette Affiche Rouge, grâce à des Missak Manouchian, l'histoire française a prouvé une fois de plus que la révolution est par delà les frontières et par delà les patries, elle prouve que nous refusons toute dictature, que la France silencieuse a su se lever d'une manière anonyme à travers des actes de résistances, nombreux, spectaculaires ou modestes, chacun avec ses moyens, ses contraintes ou son courage, mais en tout cas, grâce à la résistance, nous nous sommes relevés pour écrire une nouvelle page pour nos enfants.
Nous sommes aujourd'hui en 2008, nous, les Garibaldiens qui sommes présents ici depuis le début, sommes forcés de constater que la République est de nouveau en péril.
L'année dernière déjà, à cette même place, je parlais de cette police française qui va dans les écoles de la République pour rafler les sans papiers. Et aujourd'hui le mouvement s'accélère, pour les mêmes raisons qu'en 1930, les étrangers sont devenus la cible de nos problèmes. A la télévision, nous voyons des images d'expulsions où une dizaine de policiers républicains tiennent par les bras et les jambes des femmes et des hommes et les mettent de force dans des avions de ligne. Nous voyons aussi comment la justice française condamne certains concitoyens, élus ou anonymes, qui refusent que ces mêmes avions décollent.
Et pourtant généralement ils décollent et ceux qui se sont rebellés sont incarcérés.
J'aimerais tant que la France entière descende dans la rue en cessant le travail, que la résistance s'organise à travers des mouvements comme RESF (Réseau d'éducation sans frontières), et que chacun crie que nous sommes tous des étrangers. Car c'est la réalité.
En 2008, notre gouvernement au service de la finance avance de nouveaux pions, à travers ces bases de données, dénommées Base 2, où il est demandé aux enseignants de ficher nos enfants.
Nous avons le devoir de nous élever contre cela, c'est notre travail à nous ici présents qui commémorons les fusillés de l'Affiche Rouge, car nous savons parfaitement que ces fameuses bases de données auraient fait le bonheur et auraient grandement simplifié le travail de Laval.
Il y a un autre sujet qui touche particulièrement les Garibaldiens, la Serbie.
La Serbie et la France ont toujours été des alliés fidèles et les Garibaldiens se sont toujours engagés à côté des Serbes. Dans le grand parc qui domine Belgrade, en face de l'ambassade de France, il y a une grande statue qui prouve l'attachement du peuple Serbe au peuple Français. Cette même statue que la jeunesse Serbe a recouverte dans les années 2000 d'un linceul noir après les attaques des forces des Nations Unies, soutenues et dirigées par notre ministre actuel pro-américain qui, sous prétexte d'avoir inventé le droit d'ingérence, a envoyé nos avions bombarder nos frères d'armes.
Les Garibaldiens n'ont pas grande sympathie pour Bernard Kouchner.
En 1812, l'État serbe fonde ses premières forces armées sur des milices paysannes, dont les combattants doivent fournir leur uniforme et leur armement personnels. Défaites par une armée ottomane modernisée en 1876, malgré le renfort d'officiers russes panslavistes et de volontaires garibaldiens, ces milices paysannes font progressivement place à une véritable armée, encadrée par un corps d'officiers professionnels.
En 1918, l'Armée d'orient française, aidée entre autres par les Garibaldiens de 1915 transformés en 1917 en Brigade des Alpes italienne, a aidé l'armée Serbe à libérer le pays des Allemands. Le seul rescapé garibaldiens vivant encore en France de cette époque s'appelle Lazare Ponticelli, le dernier poilu de la der des ders.
En 39/45, la Yougoslavie a été envahie par l'Allemagne nazie. La résistance Serbe, dans les mêmes conditions que la résistance française, s'est organisée pour repousser le fascisme. En France, nous avions principalement les Gaullistes. Avec le général de Gaulle à Londres et les communistes, en Serbie il y avait les tchetniks exilés à Londres et les partisans communistes yougoslaves dirigés par Tito. Alors que, dans le même temps, les Croates metaient en place un gouvernement fasciste aux ordres des nazis, avec comme milice les Oustachis, fidèles alliés des Allemands. Aujourd'hui encore la Croatie bénéficie de toutes les considérations de nos alliés outre Rhin et outre Atlantique.
En 1940, 10.000 juifs vivaient à Belgrade, et quand, en 1941, les nazis et leurs alliés prirent des mesures anti-juives avec la signature du traité des puissances de l'Axe, les rues de Serbie se remplirent de manifestants et cela à conduit en avril 41 à l'envahissement de la Serbie. Puis au début du génocide contre les juifs de Serbie et de Yougoslavie organisé par l'armée Allemande et l'organisation para-militaire croate, les Oustachis.
En 1944, quand la Serbie et la Yougoslavie furent libérés, la plupart des juifs Serbes avaient trouvé la mort.
Dobrivoje Kuzmic a écrit : "Pour nous, Belgradois, la libération vint en octobre 1944. Le 19 octobre, à 18 heures, c'était fini, plus un seul Allemand ne résistait. Le lendemain, 20 Octobre 1944, nous étions plus d'un million deux cent mille dans les rues à fêter la libération. Ce n'était pas mal pour une ville de 230.000 habitants à l'époque."
La fédération des communautés juives de Yougoslavie fut fondée au lendemain de la Seconde guerre mondiale à Belgrade, la capitale de la nouvelle république. Pendant la guerre du Kosovo, cette même fédération organisa le transfert vers la Hongrie de nombreux juifs âgés, de femmes et d'enfants dans le but de les mettre en sécurité. Puis, malgré son action depuis la guerre, elle fut dissoute à cause du conflit du Kosovo.
Et aujourd'hui, chez nous, le gouvernement à travers le Medef cherche à dissoudre les acquis du CNR, le Conseil National de la Résistance.
Nous pensons que le droit d'ingérence cher à notre French Doctor, n'est que le droit que se donnent les grandes puissances de l'argent pour conquérir le monde dans des soucis de profit et de pétrole.
L'argent pour l'argent, et l'homme au service de l'argent.
Les moyens employés aujourd'hui pour notre information sur le conflit des Balkans sont les mêmes que ceux employés par le gouvernement de Vichy avec l'Affiche Rouge.
Désinformation et propagande anti-serbe, avec des soit disant attentats, et transformation des morts aux combats en morts par extermination pour diaboliser les Serbes en faisant croire à des charniers. Les historiens se chargeront un jour d'écrire l'histoire mais aujourd'hui ne soyons pas dupes devant nos bulletins d'informations.
Et au même titre que nous avons honte que le navire amiral Italien qui se nomme le Garibaldi soit envoyé en Irak, dans une guerre où jamais un volontaire Chemise Rouge n'aurait été, une guerre pour l'argent. A ce même titre les Garibaldiens condamnent l'ingérence en ex Yougoslavie.
La France s'est empressée de signer le texte du 17 février 2008 qui proclame d'une manière unilatérale l'indépendance du Kosovo. Le gouvernement de France a signé mais sûrement pas le peuple français, car nous n'oublions pas que les Serbes sont nos alliés et qu'ils sont morts en nombre pour combattre le fascisme nazi et l'extermination des Juifs. Nous demandons à notre gouvernement de revoir sa position et nous n'excluons pas de mettre le drapeau des Garibaldiens au service de Belgrade.
En cela il n'y a rien de dirigé contre le peuple Albanais qui avec ses 45 % de chômage dans sa population ne souhaite que l'Europe. Mais une vraie Europe, forte et solidaire, n'oublions jamais que les découpages de territoires organisés et intellectualisés ne mènent qu'au chaos, n'oublions pas la partition de 1946 en Indes qui créa le Pakistan, où en est on aujourd'hui, la paix est elle au rendez vous ?
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.
Tout avait la couleur uniforme du givre à la fin février pour vos derniers moments.
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement :
"Bonheur à tous, bonheur à ceux qui vont survivre.
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand.
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| Philippe Gelsomino GUISTINATI. 24 février 2008. |
Président de l'Association nationale "Les Garibaldiens"
L'Association nationale des anciens combattants volontaires et résistants Etrangers.
Dépendant du ministère des anciens combattants.
Site : www.lesgaribaldiens.com
Email : lesgaribaldiens@yahoo.fr |
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INDEPENDANCE DU KOSOVO : UNE BOMBE A RETARDEMENT |
L'indépendance du Kosovo, en violation du droit international et sans accord au sein de l'ONU, constitue un précédent particulièrement dangereux pour la stabilité du continent européen.
Cet Etat artificiel, sous complète perfusion des Etats-Unis et d'une partie des pays de l'Union européenne, est une véritable bombe à retardement placée au cur des Balkans, zone particulièrement fragile de l'Europe depuis plus de 150 ans.
La décision précipitée de la France de reconnaître cette indépendance témoigne de son alignement de plus en plus grand sur les Etats-Unis et d'une inconscience croissante de sa politique étrangère.
Après l'avoir accordée aux Kosovars albanophones, comment refusera-t-on demain aux Albanais de Macédoine, aux Serbes de Bosnie, aux Catalans, aux Basques, aux Hongrois de Slovaquie et de Roumanie, à toutes les minorités nationales européennes séparatistes ou irrédentistes, des autodéterminations-sécessions grosses d'un réveil dévastateur des rivalités nationalistes en Europe ? |
Nicolas DUPONT-AIGNAN.
Député non-inscrit de l'Essonne
Président de "Debout la République". |
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LE DROIT INTERNATIONAL BAFOUÉ |
Comme l'a fait justement remarquer le ministre des Affaires étrangères d'Espagne Miguel Angel Moratinos," La proclamation d'indépendance du Kosovo du 17 février 2008 ne respecte pas le droit international". En effet, sur le plan du droit international, la Province autonome fait partie intégrante de la République de Serbie depuis 1946, principe réaffirmé dans la Résolution 1244 des Nations Unies en 1999, qui ne remettait pas en cause la souveraineté de la Serbie sur cette province.
La déclaration unilatérale d'indépendance de cette province est d'une extrême gravité, car elle remet en cause le principe d'inviolabilité des frontières internationales, adopté lors des Accords d'Helsinki signés par tous les pays d'Europe, les Etats-Unis et le Canada en 1975 : dans le "Décalogue" figurant dans l'Acte final d'Helsinki, étaient retenus le 1er principe ("Respect des droits inhérents à la souveraineté"), le 3ème ("Inviolabilité des frontières entre les Etats") et le 6ème ("Non-intervention dans les affaires intérieures"). Force est de reconnaître que ces trois principes sont foulés au pied par la reconnaissance de la déclaration autoproclamée d'indépendance du Kosovo de février 2008.
D'autre part, elle est totalement illégale, puisqu'elle n'a pas obtenu l'aval de l'Assemblée générale des Nations Unies, ni de son Conseil de sécurité, la Chine et la Russie refusant cette déclaration d'indépendance autoproclamée. Ceci constitue une grave défaite des Nations Unies, qui sont ainsi "contournées" pour la troisième fois depuis les bombardements illégaux de 1999 et l'invasion de l'Irak, et dont on ne voit plus l'utilité dans le monde.
Contrairement à ce qu'affirme la propagande officielle, l'Union Européenne est très partagée sur ce sujet, pas moins de 7 pays ont déclaré qu'ils refuseraient cette auto-proclamation : en plus de l'Espagne, la Slovaquie, les Pays-Bas (pour non-respect des Droits de l'Homme au Kosovo), la Grèce, la Roumanie 1, la Bulgarie, et Chypre (dont la partie Nord est toujours occupée par l'envahisseur turc, sans aucune justification légale depuis plus de vingt ans). Si le Kosovo est admis dans l'Union Européenne, il en occupera fatalement un jour la présidence : imagine-t-on Achem Thaci, criminel de guerre inculpé par le TPI, président de l'Europe unie ?
En France, on se réjouit que 53 % des personnes interrogées soient opposées à la reconnaissance de cette indépendance, selon un sondage publié dans Le Figaro.
On feint à Bruxelles d'ignorer que le cas du Kosovo est juridiquement totalement différent de celui de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Macédoine et du Monténégro, qui étaient toutes des Républiques faisant partie de la Fédération de Yougoslavie, disposant du droit de sécession au sein de cette Fédération. Leurs déclarations d'indépendance, après référendum populaire, pour critiquables qu'elles soient, ne remettaient pas en cause les frontières internationales. Au contraire, le Kosovo n'est qu'une simple province au sein de la République de Serbie, pays souverain reconnu internationalement et membre des Nations Unies.
Ce processus d'atomisation d'un Etat démocratique, héritier de la Yougoslavie membre fondateur de l'O.N.U., constitue un grave précédent pour l'Europe tout entière. En effet, si quelques grandes puissances reconnaissent le nouvel Etat né d'une province sécessionniste, il n'y a aucune raison pour que les minorités ethniques dans les Etats voisins ne revendiquent pas également leur indépendance ou leur rattachement au pays de leur choix : Albanais de Macédoine (où ils représentent déjà 30 % de la population), du Monténégro et de la vallée de Precevo en Serbie du Sud, de Grèce (Epire), etc..
La forte minorité hongroise de Roumanie (Transylvanie) peut désormais demander son rattachement à la Hongrie proche, de même d'ailleurs que les 1.400.000 Serbes de Bosnie-Herzégovine (Republika Srpska) à la République de Serbie
Dans les milieux européens à Bruxelles, la doctrine officielle prétendait que le Kosovo était "un cas à part" (sic). Les déclarations des derniers jours montrent qu'il n'en est rien : un dirigeant basque, membre du Parlement espagnol, a d'ores et déjà indiqué que la méthode employée par les chefs albanais du Kosovo "constituait un excellent exemple de la marche à suivre pour le Pays Basque" - ce qui explique l'opposition officielle de l'Espagne à la reconnaissance de l'Etat autoproclamé. Il en est de même pour la Palestine, qui, sans perdre de temps, menace maintenant Israël d'une déclaration unilatérale d'indépendance.
En Asie, Taïwan, qui ne constitue qu'une "entité" en droit international, non reconnue par les Nations Unies (le siège de la Chine étant occupé par le régime de Pékin), pourrait être tenté par la même démarche, de même que le Thibet. Les Tamouls du Sri-Lanka, minorité ethnique hindouiste (25 % de la population) dans un pays bouddhiste, pourraient suivre la même voie, etc.. La liste des pays concernés par l'indépendance autoproclamée du Kosovo est interminable.
En sens inverse, la remise en cause des frontières internationales déclenchée par la reconnaissance du Kosovo pourrait jouer en faveur des minorités ethniques de grands pays incluses, contre leur gré, dans les frontières d'Etats qui ont proclamé récemment leur indépendance. Ainsi, le président Vladimir Poutine a déclaré récemment "qu'il considérait le Kosovo comme un précédent valable pour la Transnistrie, l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud et le Nagorni-Karabakh", lesquels pourraient, après référendum, faire sécession de leurs Républiques (respectivement la Moldavie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan) au cas où les grandes puissances occidentales consentiraient à la province autonome du Kosovo l'indépendance complète par rapport à la République de Serbie.
Il faut savoir en effet qu'en 1991, le gouvernement de la Géorgie, nouvellement indépendante, a aboli le statut d'autonomie dont ces régions bénéficiaient à l'époque de l'URSS. L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud ont immédiatement réagi en proclamant leur indépendance, laquelle n'a pas été reconnue par les Nations Unies 2. Depuis 1994, ces deux régions sont des protectorats de fait de la Russie à qui l'ONU a confié la mission de maintien de la paix. Il suffirait d'un référendum pour qu'elles rejoignent la mère-patrie. De même, le Haut-Karabakh, enclave arménienne au sein de l'Azerbaïdjan musulman, pourrait être tenté de rejoindre la République d'Arménie de religion chrétienne orthodoxe, et la Transnistrie la République d'Ukraine. Ceci constituerait un grave revers pour les Etats-Unis et l'OTAN, la Géorgie et l'Azerbaïdjan ayant déposé leur candidature à l'entrée dans l'Alliance Atlantique dirigée par les Américains.
En Amérique même, la Province francophone du Québec se dit intéressée par ce processus, et menace de faire sécession de la Fédération du Canada. A l'intérieur même des Etats-Unis, les Indiens du Dakota, se basant sur les traités signés par Washington au XIXe siècle et non respectés par la capitale fédérale, pourraient exiger leur indépendance 3.
L'on voit donc que le processus déclenché par la proclamation unilatérale d'indépendance des Albanais du Kosovo est à double tranchant : dans leur aveuglement, les dirigeants des pays occidentaux qui se sont hâtés de reconnaître cette proclamation, sans en étudier les conséquences juridiques, n'ont pas vu qu'elle donnait une arme redoutable à la Russie
et à la Serbie elle-même : d'une part, les Serbes de Bosnie-Herzégovine, comme on l'a vu, pourraient se rattacher à la République de Serbie par référendum ; d'autre part, au sein du Kosovo lui-même, on ne voit pas pourquoi une Région autoproclamée du Nord du Kosovo, autour de Mitrovica, ne verrait pas le jour. Le processus enclenché par la reconnaissance de la proclamation d'indépendance unilatérale du Kosovo n'a pas de fin.
Il est inadmissible que la France, alliée traditionnelle de la Serbie pendant les deux guerres mondiales, et qui pourrait être elle-même touchée par les retombées de ce tsunami diplomatique (les Basques espagnols revendiquent une partie du territoire français), reconnaisse cette auto-proclamation d'indépendance doublement illégale, tant vis-à-vis des Nations Unies que vis-à-vis de l'Acte final d'Helsinki. |
1. B .I . n° 128, janvier 2008, Jean-Michel BERARD, "Roumanie : Opposition à l'indépendance du Kosovo".
2. B .I. n° 113, septembre 2006, pp. 12-13, Geneviève BEDUNEAU, "Géorgie, une guerre dont personne ne parle".
3. B .I. n° 129 de février 2008. |
| Gilles TROUDE, Toulon. 22 février 2008. |
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LE RÊVE DE LA GRANDE ALBANIE
Réponse à un article d'Isabelle Lasserre dans le Figaro du 21 février 2008 |
II y a beaucoup de faux dans l'article de notre remarquable journaliste. Elle parle d'une revanche sur l'histoire et sur la conférence de Londres de 1912 qui a fait éclater la nation albanaise en plusieurs territoires. En réalité il s'agissait de la fin de la Première guerre balkanique quand les Grecs, Serbes, Bulgares et Monténégrins ont chassé les Turcs aux confins de l'Europe. A cet effort, fait contre la volonté des grands - Grande Bretagne, France, Allemagne et Autriche-Hongrie - les tribus albanaises ne participaient pas conjointement. Les tribus ont agi pour ceux qui les finançaient, ce qui a fait une large bande d'intéressés dans la région. La création de l'Etat albanais, en remplacement d'un "sandjak" défini par les Ottomans, est dûe à l'initiative de la Grande Bretagne et de l'Autriche-Hongrie en 1913, juste avant le début de la Deuxième guerre balkanique.
Les bases de la Grande Albanie n'ont été fondées que par le Royaume d'Italie qui a ajouté, en avril 1941 et après le dépeçage de la Yougoslavie, de larges zones de la Macédoine, du Monténégro et de la Serbie, du Kosovo. La Grande Albanie, sous forme d'un protectorat italien, est ainsi née. La chasse aux Serbes au Kosovo a démarré tout de suite. En automne 1943 , après la capitulation de l'Italie, la région a été reprise par la Wehrmacht qui a crée, à l'aide de l'administration collaboratrice et du mouvement national-fasciste Balli Kombetar ("Ballisti"), avec à sa tête Mustapha Bei Fashery, la 21e division Waffen SS Skanderberg, du nom d'un héros national (et orthodoxe!) qui lutta au XVe siècle contre les envahisseurs turcs. Les soldats de cette division portaient au col un casque orné d'un massacre de cerf. Si Mme Lasserre avait les yeux plus ouverts, elle aurait pu peut-être identifier ces insignes sur le monument que les Kosovars albanais ont érigé il y a peu de temps en souvenir de cette unité, unité fasciste qui a sévi dans la région où tout Serbe a été considéré comme partisan de Tito, vrai ou potentiel
La description du lieu Drenica est présenté dans l'article comme le cur du nationalisme albanais. Peut-être, mais "Drenica" veut dire en serbe "petit cornouiller" tandis qu'en albanais ce mot ne signifie rien. Le lieu "Suva reka" veut dire en serbe "fleuve asséché", en albanais, il ne signifie rien non plus. Le nom "Kosovo" veut dire en serbe "Champ des merles" en albanais rien, mais ils disent "Kosova"!
Pendant ses séjours dans la région et dans les articles qui ont suivi, la journaliste aurait pu faire un détour par l'église de Gracanica qui se dresse encore aujourd'hui au Kosovo et où le 27 juin 1389 la petite armée du prince Lazar a reçu l'extrême onction avant de livrer sa dernière bataille contre les Turcs. Aujourd'hui l'église et quelques rescapés autour sont protégés par les soldats de la KFOR.
Enfin, les Albanais auront-il droit un jour à leur Grande Albanie? Le droit de vivre dans son pays est nié au Kurdes, aux Basques (des deux cotés de la frontière), aux Catalans (des deux cotés de la frontière), aux Gallois, aux Ecossais, aux Tamouls etc. sans parler des Serbes qui ont été écrasés, laminés parce que le découpage de la Yougoslavie fait par Tito était pour la "communauté internationale" la seule référence valable.
Mme Lasserre sait fermer les yeux et ne pas voir ce qu'il vaut mieux ne pas voir : l'immense base USA au Kosovo, Bondsteel, une des plus grandes sinon la plus grande base USA en dehors des Etats-Unis. La base qui se trouve sur les routes du pétrole et contrôle l'accès des Européens vers le Proche Orient. Et, occasionnellement, les nouveaux membres de l'OTAN dans la région.
Si j'étais Albanais, je n'aurais aucun doute sur la création, pas très lointaine, de la Grande Albanie. La présence armée de l'Oncle Sam dans la région est une excellente garantie. |
| Nenad Hrisafovic, Antony. |
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DEVOIR DE RÉSISTANCE DANS LES BALKANS |
Les séparatistes albanais du Kosovo, par la voix des mafieux et des terroristes de l'UCK et de leur premier ministre Hashim Thaçi, viennent de déclarer unilatéralement, le 17 février 2008, "l'indépendance" de cette province serbe, selon un mode opératoire mis au point de longue date par les États-Unis. C'est le couronnement d'un processus déjà illustré par la guerre de conquête menée par l'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie en 1999. La victoire des forces euro-atlantistes n'avait alors pas uniquement servi à l'établissement au Kosovo d'une importante base militaire américaine, prison secrète jumelle de celle de Guantánamo, mais les bombardements s'étaient en outre accompagnés d'une volonté de génocide culturel, par la destruction systématique des monastères, églises, monuments du passé du peuple serbe, et l'exode forcé de centaines de milliers de Serbes du Kosovo, rompant l'équilibre ethnique de la région.
Droit, géographie, culture, morale, civilisation : rien ne peut donner au Kosovo, berceau historique et partie intégrante de la Serbie, les attributs d'un État. En l'absence d'accord de Belgrade ou d'approbation par le Conseil de sécurité des Nations Unies, cette déclaration d'indépendance est aujourd'hui aussi abitraire qu'illégale, visant à la consécration d'une occupation de fait. Or, en envoyant sur place une force de 2000 hommes pour "accompagner l'indépendance", l'Union européenne, plus que jamais soumise à la toile de fer que l'OTAN tisse au-desus de sa tête, se rend complice de cette violation exceptionnellement dangereuse du droit international. Sous la pression d'intérêts répondant à la vision germano-américaine d'une "Europe fédérale des Länders", c'est là un encouragement donné à tous les séparatismes régionaux sur le continent européen et dans le monde, provoquant en outre une réaction russe non exempte de risques d'escalade.
Cette mascarade du Kosovo met donc une nouvelle fois en lumière l'action de l'Europe qui, contrairement à ce que colportent les rengaines éculées, est loin d'uvrer pour la paix. Rien d'étonnant à ce que le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE, Javier Solana, venu porter à Pristina un "message clair de l'engagement de l'Europe", ne soit autre que l'ancien secrétaire général de l'OTAN... La construction européenne, suscitée et financée par Washington au cur de la guerre froide en tant qu'arme pour s'opposer au bloc de l'Est, est désormais devenue l'instrument de l'alignement forcé sur les valeurs du "marché" et de la "démocratie", volontiers confondues selon l'idéologie dominante. Cela explique l'acharnement constant dont ont été victimes la Yougoslavie et notamment les Serbes, dernier peuple insoumis en Europe centrale, avec pour dommage collatéral la submersion des opinions publiques occidentales sous des flots de haine et de désinformation, dépassant largement le cadre des guerres balkaniques pour noyer dans la terreur - pas seulement intellectuelle - toutes les pistes de réflexions non alignées relatives au phénomène de l'intégration européenne.
À l'heure où certains s'obstinent encore à voir en l'Europe une perspective obligée ou un horizon indépassable, l'histoire immédiate nous rappelle que ce système corrompu et vassalisé est un piège mortel pour la liberté des individus, des peuples et des nations. La question n'est donc plus de savoir si l'Albanie, la Serbie, la Turquie ou tel autre doivent de gré ou de force y entrer, mais de faire face à l'urgente et exemplaire obligation qui est la nôtre d'en sortir ! |
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