Les terribles images des enfants du Kosovo
De Frédéric SAILLOT
Aller aux dessins
Le Kosovo est une affaire de grandes personnes : les fonctionnaires de la communauté internationale aux indemnités conséquentes, qui sont persuadés d'y avoir refondé le monde alors qu'ils n'ont fait que provoquer un désastre humanitaire sans précédent, les mafieux en tous genres mais principalement albanais qui y prospèrent, et les simples gens. Ceux-ci sont des Albanais souvent sans travail, qui pensent que l'indépendance sera le remède à tous leurs maux, des Serbes privés de travail, ne pouvant se déplacer librement dans un Kosovo où ils sont harcelés, harassés, interdits de langue, en proie aux agressions physiques et aux assassinats, et des membres de populations non-albanaises, notamment les Roms, réduits à la misère.
On oublie qu'au milieu de ces histoires de grandes personnes vivent des enfants, qui apprennent ainsi le monde dans ce qu'il a de plus sombre et de plus tragique. Le groupe Vecernje Novosti vient d'éditer en volume des aquarelles réalisées pour un concours organisé par la Société de l'amitié serbo-russe et sélectionnées parmi 2.500 productions d'enfants serbes du Kosovo, âgés pour la plupart de 7 à 11 ans. Il s'en dégage l'impression terrible qu'une génération entière n'a vu que tristesse et mort autour d'elle. Les dessins représentent les violences qu'ont eu à subir les Serbes pendant les deux journées des 17 et 18 mars 2005. Les enfants ont vu leur école incendiée, leur maison détruite par les émeutiers albanais, comme ceux de Belo Polje sur les hauteurs de Pec, ou ceux de Kosovo Polje dans la banlieue de Pristina. Ils sont de plus imprégnés d'une autre violence plus sournoise et obsédante : celle de cet espace borné par des barbelés, ce terrain clos au-delà duquel plane le danger et la menace. On aimerait que les éducateurs et les psychologues du monde occidental, si prolixes pour les moindres bobos des populations surprotégées de l'Ouest, se penchent un peu sur les traces ineffaçables d'une enfance et d'une adolescence passée dans des ghettos cernés par un monde hostile : où les engins de guerre sont omniprésents. Pour les plus jeunes, il n'y aura pas eu d'autres horizons. Une vie qui ne peut s'épanouir dans un espace ouvert, une vie qui ne peut s'ouvrir à la beauté du monde et à la diversité des régions, des quartiers et des villes, voilà le pire des crimes perpétrés sur l'innocence des enfants du Kosovo.













Le VERJUS Le plus petit des
grands journaux
et le plus grand
des petits journaux