DAVID : LE "CRIMINEL DE GUERRE" DE GOLIATH
Par Louis Dalmas
 
Introduction, écrite en 2006, au livre "Mladic, criminel ou héros",
publié par les Editions du Verjus.
 

L'Histoire a des rebondissements qui ne manquent pas d'ironie. Voilà que notre Occident, après avoir écrasé il y a quelques années un Etat souverain qui se défendait contre l'expansion islamique, se trouve confronté aujourd'hui à un autre Etat qui se défend contre le terrorisme musulman. Va-t-il atomiser Israël comme il a atomisé la Yougoslavie, bombarder Tel Aviv comme il a bombardé Belgrade ? Invoquer Ie devoir "humanitaire" qui justifie une intervention armée ? Prendre le parti de victimes de ripostes violentes en Palestine comme il l'a fait en Bosnie et au Kosovo ? Soutenir, financer et équiper le Hezbollah après avoir soutenu, financé et équipé les moudjahidin d'Izetbegovic ou l'UCK albanaise ? Déplorer les mêmes pertes civiles au Proche-Orient que dans les Balkans et rassembler l'alliance vengeresse qui renversera un gouvernement de "criminels de guerre" juifs comparable au gouvernement de "criminels de guerre" serbes ?
Non, bien sûr. L'heure est aux embarras courtois, aux négociations délicates, aux reproches voilés. Israël est un pion trop précieux sur l'échiquier américain. On ne lui donne pas des ordres, on ne l'étrangle pas avec un embargo. On discute. Pourtant il frappe durement ses adversaires, encore plus durement que les Serbes frappaient les leurs. Sans égards pour la population civile, ni pour leurs structures vitales.

Pourquoi cette différence de traitement ?
Il est intéressant d'y consacrer quelques observations.
1) - Israël a le droit de se défendre, disent ses partisans. Certes. Mais ce droit n'était-il pas aussi celui de la Serbie ? Israël a sans doute joué des coudes pour s'installer à l'est de la Méditerranée, mais depuis qu'il existe, l'Etat hébreu n'a attaqué personne. On l'a provoqué par le harcèlement de ses frontières et la capture de ses soldats. La Serbie devenue Yougoslavie, elle qui existait depuis des siècles, n'avait non plus attaqué personne. On l'a provoquée par des agressions ethniques, la paralysie de son armée, le démantèlement sécessionniste de sa fédération. Autodéfense justifiée aujourd'hui dans le Proche-Orient, inadmissible hier dans les Balkans ?
2) - Israël est en butte à des attentats-suicide, à des tirs de missiles, à une guerre larvée. La Yougoslavie l'a été à des raids meurtriers, à des offensives organisées, à une guerre ouverte. Les deux ont riposté (bien sûr dans la démesure, car les militaires ont rarement le sens des proportions), mais dans le cadre de la protection de leurs citoyens. Citoyens qui, dans le cas de la Serbie, ne se trouvaient pas seulement à I'intérieur de leur Etat comme en Israël, mais dispersés sous formes de minorités menacées dans des Etats qui n'étaient plus les leurs. Pourquoi comprend-on que l'un réagisse, alors que l'autre est voué aux Gémonies pour l'avoir fait ?
3) - Les décisions politiques sont impitoyables. Lorsqu'elles sont folles, leurs conséquences sont catastrophiques. Un engrenage se met en route, qui compromet de plus en plus les solutions recherchées. C'est ainsi que les USA ont pris le parti du militantisme musulman en Afghanistan contre les Russes dans leur obsession anticommuniste, en Bosnie et au Kosovo contre les Serbes pour faire accepter aux pays arabes leur appui à Israël. Ils ont détruit systématiquement les forces qui pouvaient s'opposer à la progression intégriste. Ils ont subi en 2001, avec la destruction du World Trade Center, un des pires chocs de leur histoire, et ils se retrouvent aujourd'hui, en Afghanistan, en Irak et au Proche-Orient, devant un adversaire revigoré et entreprenant. Et dans une situation d'autant plus inextricable que cet adversaire qu'ils avaient cru se concilier les hait encore plus qu'avant, conforté par ses succès.
4) - Cet adversaire, choyé par l'Occident, est une hydre qui croît lentement. On lui coupe une tête, il en repousse une autre. Un des chapitres de ce livre est consacré au lent renforcement du fanatisme religieux en islam, depuis la collusion des nazis et du grand mufti de Jérusalem jusqu'aux talibans afghans, aux résistants irakiens et aux combattants propalestiniens, en passant par les armées musulmanes soutenues en Yougoslavie par l'OTAN. L'hydre est toujours là, grandissant peu a peu. Les réseaux sont identiques, Al Qaeda ou d'autres ; les hommes sont les mêmes, commandos-suicide ou pirates de l'air ; les chefs se retrouvent, de l'Asie jusqu'aux Balkans. Les méthodes ne changent pas non plus. On provoque la riposte (en comptant bien qu'elle sera disproportionnée - et elle l'est le plus souvent), à Sarajevo, à Srebrenica ou au Sud-Liban ; on joue les victimes d'un siège ou d'une occupation insupportables ; on rameute les professionnels des larmes humanitaires ; on inonde les médias des souffrances (réelles, car toute guerre est une horreur) des populations civiles et des réfugiés ; on place aux bons endroits des boucliers humains qui permettront de crier au meurtre de femmes et d'enfants ; on appelle le monde au secours des plus faibles dont on a attise la rage patriotique et la haine du plus fort.
D'un côté nous avons l'impérialisme américain qui veut dominer le monde ; de l'autre le fondamentalisme islamique qui veut le convertir. La stratégie du premier est de s'assurer le contrôle de ses sources d'énergie et les profits de son système libéral, par le gain de territoires économiquement dépendants et militairement équipés, qui le mettent a l'abri des menaces supposées de la Russie et de la Chine. Celle du second est de venir à bout du Satan occidental en établissant des Etats "chariatisés" partout ou cela est possible, grâce aux faiblesses de l'idéalisme de Washington, aux piteuses manœuvres de sa diplomatie et à la complaisance de ses satellites européens.
Le monde est-il pour autant partagé en deux puissances inéluctablement promises à un affrontement global ? Pas forcément. La bande des "neocons" de Bush est loin d'être toute l'Amérique ; l'Occident voit émerger des oppositions croissantes à la politique étrangère de Washington ; de nouvelles forces surgissent en Amérique du Sud, en Asie ou en Afrique qui peuvent faire pièce a l'impérialisme du globocop étoilé. Du côté de l'islam, une immense majorité de musulmans voudraient sans doute pratiquer leur culte dans la paix, dans le respect des autres confessions et des lois de leurs pays d'accueil. Mais ce sont les extrémistes des deux camps qui font le plus de bruit et qu'il faut réduire au silence. Des masses de gens des deux côtés peuvent les faire taire, et de nouveaux leaders - ou de nouvelles générations - devront remplacer les arrogants milliardaires casqués et les muezzins hallucinés. C'est à ce prix que l'humanité évitera son autodestruction.

Mais ne nous égarons pas dans les méandres de la géopolitique internationale et revenons au sujet de ce livre. Ratko Mladic était conscient de tout ce qui précède. A la lecture de ses discours, et des textes écrits sur lui, il apparaît comme un homme lucide, fier et intègre, un patriote intransigeant aux convictions solidement ancrées, doué d'un talent militaire exceptionnel et d'une bravoure impressionnante. Il savait qu'il luttait contre un fanatisme religieux qui menaçait l'Europe et dont les débiles politiciens occidentaux refusaient de voir le danger, et il le faisait dans la tradition impartiale du multiethnisme yougoslave, sans discrimination ni sectarisme. En d'autres temps, il aurait été glorifié comme le héros d'une noble cause, celle de la défense de la chrétienté ; au lieu de cela, il est poursuivi par une parodie de tribunal conçu pour justifier une guerre honteuse, accusé de crimes de guerre pour avoir combattu trop tôt une perversion dont l'Occident s'aperçoit aujourd'hui qu'elle est une ennemie de sa civilisation.
La guerre a l'Irak a eu le mérite de rendre évidents aux yeux de beaucoup les mensonges de la propagande. Les raisons invoquées pour la faire se sont toutes révélées sans fondement. Malheureusement cette prise de conscience tardive n'a pas encore eu d'effet rétroactif. Les gens ne se rendent pas compte que les motifs invoqués pour attaquer Belgrade sont de la même nature que ceux inventés pour attaquer Bagdad. Et qu'une fois les hostilités terminées, le bourrage de crâne continue pour empêcher l'opinion publique de réaliser qu'elles ont été engagées pour rien.

L'énumération des contorsions imposées à la vérité par les "spin doctors" impose de dire quelques mots d'un concept qui connaît aujourd'hui une extraordinaire fortune : celui de criminel de guerre. Avec le terroriste, le criminel de guerre est devenu la tête de turc à la mode dans la galerie des suppôts de Satan.
Curieuse notion que cette notion de criminel de guerre, bien difficile a définir. Toute guerre est un condensé de criminalité. Qu'elle soit juste ou injuste, déclenchée ou subie, offensive ou défensive, elle génère par sa nature même une avalanche de cruauté. Elle libère ce qu'il y a de pire chez l'homme, l'instinct de mort qui s'incarne dans la destruction de son prochain. En y participant, de son plein gré ou non, le dernier des soldats est déjà potentiellement un criminel.
La pulsion létale est si forte qu'elle fait peur. De tous temps, on a cherché à la codifier, à ne lui laisser que des fenêtres limitées d'expression, encadrées par des normes de comportement. De la pratique du sport aux tournois de chevalerie ou aux duels d'honneur, des limites ont été fixées à la catharsis du combat individuel. En boxe ou en lutte, les deux rivaux tombent dans les bras l'un de l'autre après avoir tente de s'abattre : ils suivent des règles qui font qu'un match n'est pas une bagarre et, en fin de parcours, le vainqueur embrasse celui qu'il a mis K.O.
Cette canalisation de la violence est cependant fragile. Elle dépend de l'intention affichée. Les athlètes la respectent dans la plupart des sports de combat, parce que ceux-ci ne vont pas jusqu'à la solution finale. Mais au-delà de la compétition sportive, lorsque le but n'est plus seulement de dominer un rival, mais de paralyser ou tuer un ennemi, les règles s'estompent. Elles ont beau être codifiées dans des conventions de Genève ou autres, elles ont du mal à résister au passage de l'individuel au collectif, de l'assaut personnalisé à la ruée anonyme. Le lynchage échappe au contrôle. La passion se modère mal quand elle est partagée par d'autres, elle se restreint avec peine quand elle est orientée sur la mort.
De toute façon, les guerres "propres" n'ont jamais existé. L'imagerie du preux chevalier de jadis, des défis courtois précédant l'affrontement, de la guerre en dentelles, n'est que l'idéalisation trompeuse d'une jolie écume à la surface des atrocités des croisades ou des guerres de religion. Tortures et massacres étaient la réalité. Les prétentions d'aujourd'hui aux "frappes chirurgicales" et a l'évitement de "dégâts collatéraux" ne sont que de la poudre militaire aux yeux des crédules. Les tirs qui détruisent sans discernement femmes et enfants, les pollutions massives à l'uranium appauvri, les bombardements de civils pour qu'ils répudient leurs chefs, sont la réalité.
De plus, le monde a évolué et, sur ce terrain, pas forcément dans le bon sens. Le sport lui-même entrebaille dangereusement la porte de la violence. La boxe ou la lutte classique (et surtout les films qui les représentent) font place aujourd'hui aux brutalités du kick boxing, du full combat ou de la perversion théâtrale des arts martiaux orientaux, à l'acharnement de diverses variétés de pancraces permettant les coups les plus durs et les plus meurtriers. Quant aux guerres, le perfectionnement du travail sur I'opinion publique et le raffinement des techniques d'extermination les ont élevées au rang de gigantesques manifestations de férocité, imprégnant des populations entières du devoir de tuer et condamnant à mort des masses d'innocents. Une férocité qui fait voler en éclats les dimensions des conflits d'autrefois, et qui rend d'autant plus illusoires les efforts de codification.
Comment peut-on s'imaginer que ces énormes explosions de violence puissent être purgées de leurs horreurs ? Leur essence est la haine - suscitée, entretenue, intensifiée, dopée même souvent, qui fait de l'élimination de l'adversaire un devoir de citoyenneté. Comment peut-on croire que cette haine, sublimée en héroïsme quand on la veut efficace, devient tout à coup, en pleine bataille, un respect de conventions abstraites ou de règlements sportifs ? On a déchaîné l'instinct de mort. On a attisé l'incendie. Il faut une sacrée dose d'hypocrisie pour s'indigner quand il brûle n'importe quoi.
On objectera que les crimes de guerre ne sont pas ceux commis en pleine bataille, mais ceux perpétrés sur des civils, des prisonniers, des non-combattants.
Mais qui peut penser que la haine se maîtrise comme un rhume de cerveau ? Qu'elle est louable à un moment, répréhensible à un autre ? Qu'elle apparaît sur commande, dans la fureur des tueries, et disparaît d'un coup, dans le calme d'un entracte, comme si l'on sortait d'une étuve pour se retrouver dans la neige ?
Admettons cependant que la civilisation marque justement ce seuil à ne pas franchir, qui sépare la guerre du massacre. On a le droit de tuer dans le feu de l'action, pas quand l'action a cessé. Mais l'action a-t-elle cessé quand on torture un prisonnier pour lui arracher les renseignements qui sauveront peut-être des gens ? L'interrogateur qui fait preuve de cruauté, au point de mettre en danger la vie d'un détenu, est-il un criminel de guerre ?
On en arrive à plus grave. A l'échelle collective. Si le crime de guerre consiste en une extension de l'horreur à des innocents, ou en une application de traitements inhumains à des survivants qui ont cessé le combat, qu'en est-il des bombardements de villes allemandes au cours de la Seconde guerre mondiale, des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, de la répression colonialiste en Algérie, de l'agression de la Yougoslavie, des ravages faits en Afghanistan et en Irak, des sévices pratiqués sur les prisonniers de Guantanamo et des autres enceintes secrètes de la CIA ? Qu'en est-il, en particulier, des atrocités perpétrées sur les Serbes des environs de Srebrenica (villages incendiés et pillés, habitants égorgés ou décapités), pendant trois ans, par la garnison de la ville soi-disant démilitarisée, aux ordres de Naser Oric ? Le crime de guerre n'est-il une spécialité que du vaincu ? S'il n'existe pas en lui-même, s'il est réservé aux soldats du diable (indéfendables après leur défaite) et inconnu des soldats de Dieu (immunisés par leur victoire), s'il est ainsi tendancieusement attribué aux seuls ennemis battus, comment peut-on le définir, et comment peut-on le poursuivre, sinon avec la plus totale mauvaise foi ?
Le problème s'était posé lors des procès de Nuremberg et de Tokyo, au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Confrontés à la difficulté de justifier le fait qu'étaient reprochés aux accusés les mêmes méfaits que ceux commis par les accusateurs, à savoir les bombardements aériens de populations civiles, les juristes de l'époque, soucieux de "légaliser" leur opération, avaient trouvé une solution : i1s avaient tourné la difficulté en effaçant simplement les bombardements des chefs d'accusation. C'était un stratagème. Mais au moins ils reconnaissaient que les Allies n'étaient pas innocents et qu'il fallait trouver des éléments de réquisitoire contre les nazis plus précis que de vagues généralités.
Leurs successeurs actuels n'ont pas ces scrupules. Aujourd'hui, les vainqueurs sont blancs comme neige. Ils ne sont responsables d'aucune atrocité. Ils ont combattu avec distinction, s'ils ont semé quelques vulgaires saletés au passage, c'était pour la bonne cause, si quelques victimes figurent dans les déchets, c'est malheureux, mais la noble omelette de la vertu occidentale valait la peine qu'on casse quelques œufs.

Ce sommet de mauvaise foi est matérialisé par Ie Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye. Cette prétendue instance juridique, créée Ie 25 mai 1993 par une résolution du Conseil de sécurité (qui n'a jamais eu pour vocation un tel acte), financée par les fonds privés d'adversaires des inculpés, établissant sa propre procédure qu'elle modifie en fonction des besoins des procureurs, considérant les accusés comme coupables avant d'être jugés, s'est arrogée le droit d'inculper de crimes de guerre une majorité de Serbes, comme si la notion de crime de guerre était définitivement c1arifiée et comme si les battus ainsi déshonorés étaient les seuls à avoir mal agi. Elle est une instance illégitime, politiquement orientée, qui n'est que le théâtre d'un règlement de comptes de vainqueurs, mis en place dans le seul but de justifier la guerre menée contre les vaincus.
Comme toujours lorsqu'un organisme veut se faire reconnaître pour ce qu'il n'est pas, le TPIY multiplie les efforts de respectabilité. Il s'est d'abord localisé à La Haye, entretenant ainsi une confusion avec la Cour internationale de La Haye qui, elle, est une institution internationale établie depuis longtemps et faisant autorité. Il emploie depuis des années des centaines d'enquêteurs, d'agents, d'employés, qui fouillent les documents et recueillent les témoignages, établissant avec minutie des dossiers d'assassinats ou de cruautés. Sans doute font-ils leur travail consciencieusement, et peut-être même croient-ils sincèrement œuvrer à une réduction de la barbarie, mais les atrocités qu'ils découvrent ne sont que le visage hideux de toute guerre, et ne sont pas le monopole d'un seul côté. Conscients du penchant a l'anti-serbisme qui devenait trop évident, les magistrats ont voulu redorer leur blason en inculpant quelques Croates et Musulmans. Mais outre le fait que ces boucs émissaires de la contre partie ont été peu nombreux, ils n'ont pas été inlassablement pourchassés, kidnappés et traînés de force devant la cour, comme leurs homologues serbes, ni même condamnés avec la même sévérité.

La preuve que cette prétendue justice n'est qu'une parodie se trouve dans les notions même qu'elle invoque.
Le journal B. I. a publié une description particulièrement instructive de ces nouveaux principes (1). Trois d'entre eux définissent la loi du plus fort :
a) le pouvoir a tous les droits ;
b) une intervention peut être illégale mais légitime ;
c) l'impression prime le fait.
Que le pouvoir ait tous les droits est démontré par plus d'une douzaine de changements de procédure intervenus au sein d'une cour qui décide elle-même de son propre fonctionnement. Aucune justice au monde ne s'applique autrement que par référence à un corpus légal préétabli et indépendant des instances qui s'en réclament. Ce n'est pas le cas à La Haye, où le tribunal s'auto-détermine en choisissant les règles qui lui conviennent.
Le principe "illégal mais légitime" est intéressant car il instaure une position de repli mettant un acte délictueux à l'abri de la justice en le drapant de moralité. Le crime (en l'occurrence l'agression de la Yougoslavie) étant implicitement reconnu comme illégal (i1 a été commis au mépris de I'ONU et des conventions internationales), est justifié comme légitime en raison des atrocités perpétrées sur le terrain qu'il s'est donne pour mission de faire cesser.
Enfin, la préférence donnée aux impressions, aux rumeurs et aux on-dits par rapports aux faits est devenue la pratique courante d'une accusation incapable de rassembler les preuves de ses affirmations. Comme l'a froidement déclaré le procureur Nice - celui qui a officié dans le procès de Milosevic : "Peu importe de savoir qui a commis le crime ; ce qui importe, c'est de savoir qui les gens pensent a commis le crime." Redoutable déplacement de responsabilité ! Désormais, vous n'êtes pas coupable parce qu'on vous a prouvé tel ; vous êtes coupable parce qu'on a l'impression que vous l'êtes !

D'autres improvisations juridiques font du TPIY un simulacre exceptionnel dans l'histoire de la légalité. (2) Le gouvernement et le commandement militaire de l'ex-Yougoslavie sont qualifiés d'"association de malfaiteurs" ayant participé à une "entreprise criminelle collective". Ses objectifs allaient soi-disant de la conquête de la Grande Serbie au génocide des Albanais du Kosovo, c'est-à-dire d'un objectif qui n'a jamais existé à un génocide qui n'a jamais eu lieu. De plus, le seul fait d'être complice de cette entreprise inventée de toutes pièces rend l'accusé responsable de méfaits commis par d'autres membres du groupe qu'il ne connaît même pas, et en fait un criminel de guerre. Non seulement le concept de criminel de guerre perd toute signification, mais on retrouve le vocabulaire de la croisade du bien contre le mal, de la dénonciation des "Etats-voyous", une phraséologie politisée qui est à la justice ce qu'une volée d'insultes est à une critique sensée. Sans parler de la question centrale qui discrédite cette chancelante fabrication : si les chefs de l'Etat yougoslave étaient une bande de truands, alors qu'ils défendaient leur pays contre des sécessions suivies d'une agression caractérisée, que dire du gang de Washington, qui a perpétré le pire des crimes selon la charte des Nations Unies, déclencher une guerre ?
La charte des Nations Unies est très claire sur ce sujet. Il y a deux possibilités de recours à la force, et deux seules :
a) la légitime défense (art. 51) en présence d'une agression ou d'une menace d'agression immédiate,
b) l'intervention, avec l'autorisation du Conseil de sécurité, s'il y a menace contre la paix, génocide, nettoyage ethnique ou violations massives du droit humanitaire.
Dans Ie cas de l'attaque de la Yougoslavie, la première n'était évidemment pas en cause, personne n'ayant menace la coalition responsable du déclenchement des hostilités. Quant à la seconde, non seulement elle n'a été couverte par aucune autorisation du Conseil de sécurité, mais elle était pour le moins sujette à caution, les prétextes à intervention étant loin d'être indiscutablement prouvés.

Autre notion douteuse, celle de la culpabilité du commandement. Le procès fait à Slobodan Milosevic et Ie réquisitoire élaboré contre Ratko Mladic ont innové arbitrairement sur ce point. Faute de pouvoir accuser les inculpés d'avoir tué un innocent de leurs propres mains, le pseudo-tribunal a fait remonter jusqu'à eux la responsabilité des atrocités commises par d'autres sur le terrain. Et comme le tribunal n'a pas pu prouver qu'ils en avaient donné l'ordre, il les a accusés de ne pas les avoir empêchés. En faisant cela, les magistrats se sont empêtrés eux-mêmes dans un bourbier juridique. Car si le chef d'un Etat ou d'une armée est déclaré comptable des horreurs perpétrées par certaines de ses troupes, comment ne pas faire de même avec tous les chefs qui font la guerre ? Pourquoi Milosevic était-il plus responsable que Clinton, Blair ou Bush ? Pourquoi Mladic l'est-il plus que les têtes de l'OTAN hier ou les forces d'occupation en Irak aujourd'hui ?
Il y a plus. Traiter de criminel tout gradé n'ayant pas empêché une horreur commise par ses subordonnés, même s'il n'en avait pas connaissance, c'est-à-dire inculper toute la chaîne de commandement, des officiers subalternes jusqu'aux généraux, est un exercice qu'aucun tribunal n'a osé pratiquer, ni pendant la guerre du Vietnam, ni depuis.
Les Etats-Unis sont les premiers à témoigner de l'irrecevabilité de cette notion. En 1971, un procès a été intenté au lieutenant William Calley, dont l'unité militaire avait été accusée d'avoir massacré en 1968 plus de cent civils vietnamiens de la localité de My Lai. Calley avait été préjugé responsable des assassinats commis par ses subordonnés. Mais, dans sa sentence, le tribunal a fait une distinction précise : Calley a été jugé coupable du meurtre de 22 civils et de la tentative d'assassinat d'un enfant, c'est-à-dire pour les actes qu'il avait commis lui-même, non pour les autres meurtres commis par ses subordonnés.
L'affaire est d'autant plus exemplaire qu'on avait soulevé le problème de la responsabilité du supérieur hiérarchique de Calley, Ie capitaine Medina, et de leur supérieur commun, le général Coster. Le procureur militaire a estimé que le général Coster n'était pas responsable de quoi que ce soit, ce qui infirmait déjà la remontée de l'incrimination jusqu'à la tête, et n'a requis que contre le capitaine Medina pour l'atrocité perpétrée par les subordonnés de ce dernier. Mais même à ce niveau, il n'a pas été suivi par le tribunal. Medina a été exonéré de toute responsabilité, les juges estimant qu'il avait été établi qu'il n'était pas au courant de ce dont il aurait du être informé, à savoir que ses subordonnés avaient commis des crimes. Non seulement la culpabilité n'a pas gravi les échelons de la hiérarchie, mais l'officier sur place n'a eu à répondre que de sa propre sauvagerie. Doit-on faire remarquer que ce nouveau principe de responsabilité du commandement, érigé en critère par le TPIY à l'encontre des chefs de Belgrade, et invoqué par l'acte d'accusation monté contre Ratko Mladic, est une invention juridique qui ne devrait pas se limiter aux armées balkaniques ? En toute logique et en toute équité, les membres de l'OTAN, du commandant suprême Wesley Clark aux auteurs du carnage de l'ambassade de Chine à Belgrade ou des différentes bavures du bombardement de la Yougoslavie, devraient tous être sous les verrous. Comme les chefs d'Etats ou les cadres galonnés qui continuent a faire décimer les civils en Afghanistan, en lrak ou dans Ie Proche-Orient. Légalement, l'argument n'est pas seulement infondé, il se retourne contre ceux qui ont la maladresse de l'utiliser. Mais les intéressés peuvent dormir tranquilles : la légalité ne les concerne pas. La justice du maître ne connaît ni logique ni équité. (3)
Une des pièces maîtresses de l'accusation formulée contre Mladic est le prétendu massacre de 8.000 musulmans à Srebrenica, en juillet 1995. Au moins cinq constatations en réfutent les arguments.
1) - Le "massacre" lui-même est loin d'être prouvé. (4) De nombreux témoignages et documents réfutent la version officielle. Des règlements de comptes ont sûrement eu lieu, avec des lynchages et des exécutions sommaires, mais ils sont loin d'atteindre les chiffres serinés a l'opinion publique.
2) - Nous avons vu a quel point il est difficile de maîtriser la haine et la passion de vengeance en temps de guerre. Les troupes de Mladic sont entrées dans une ville dont la garnison avait multiplié pendant trois ans d'horribles raids dans le voisinage. Son "général" Naser Oric s'était vanté de ses forfaits. Quoi d'étonnant à ce que certains accès de fureur n'aient pu être évités ?
3) - Il est prouvé que Mladic non seulement imposait avec rigueur à ses soldats le respect de l'éthique militaire, mais qu'en l'occurrence, il leur avait donné des ordres stricts concernant le traitement humain des prisonniers.
4) - L'exemple que nous avons donné du lieutenant Calley montre que même les Américains n'ont pas rendu un officier responsable de crimes commis par ses hommes en son absence et à son insu. Mladic ne peut être accusé de ce qui s'est passé après son départ au mépris des ordres donnés.
5) - De nombreux témoins ont affirmé que si des lynchages ont eu lieu, beaucoup ont été non le fait de l'armée, mais celui de la population civile - enragée par trois années d'assassinats, d'incendies et de pillages, reconnaissant certains de ses bourreaux parmi les Musulmans faits prisonniers. Des groupes décidés à se venger attendaient les convois militaires sur la route d'évacuation.
La procureure du TPIY, Carla del Ponte, n'a pu prouver aucun des points importants de son réquisitoire contre Milosevic, avant la mort de l'ex-president. Elle ne peut en prouver aucun dans celui dressé contre Mladic. Le cirque de La Haye ne serait qu'une illustration mineure de la fourberie internationale s'il ne mettait en jeu la carrière et la vie d'un homme qui mérite d'être correctement jugé. On peut en penser ce que l'on veut, il faut reconnaître son courage et sa lucidité.
En revoyant défiler les épisodes successifs des sécessions yougoslaves, du déclenchement de la guerre, des fautes de la communauté internationale, du rôle joue par l'Allemagne, le Vatican et les Etats-Unis, de l'agression de l'OTAN, de la désagrégation d'une grande nation et du chaos engendré par les interventions internationales, on mesure l'étendue du mensonge médiatique qui les a faussement représentés. Tout a été déformé, malaxé, coulé dans le moule d'une propagande à sens unique. Jusqu'au contexte du tribunal lui-même : le kidnapping de l'ex-président et sa livraison à La Haye salués comme une victoire de la démocratie, le tribunal encensé comme un exemple de justice, la mise en jugement du principal accusé exalté comme le "procès du siècle" pour être ravalé dans les faits divers quand il s'est avéré mal fondé, le chantage exercé sur Belgrade à qui l'on refuse l'aide internationale tant que Mladic et Karadzic ne seront pas arrêtés, et pour finir la parodie de justice qualifiée d'avancée du droit international.
Non seulement les réalités difficiles à définir - génocides et crimes de guerre - ont été galvaudées dans des réquisitoires peu crédibles, augmentant ainsi la confusion, mais l'instrument même destiné à les punir n'inspire que la méfiance. Aucun tribunal institué dans la foulée d'une victoire militaire, composé par les vainqueurs et ne jugeant que les vaincus, ne peut prétendre à l'impartialité. Même ceux de Nuremberg ou de Tokyo, créés a l'issue de la Seconde guerre mondiale et saisis de crimes avérés qui avaient épouvanté l'humanité entière, étaient entachés d'un parti pris qui pouvait mettre en doute la neutralité exigée par le droit. A plus forte raison, celui de La Haye, qui n'en est qu'une sinistre caricature. D'autant plus que les Serbes n'ont pas envahi l'Europe comme les Allemands ou l'Asie comme les Japonais, que ni Milosevic ni ses partisans n'ont tenu à un moment quelconque des propos racistes ou adhéré à une idéologie comparable au nazisme et que Belgrade n'a jamais représenté un danger pour le monde comme Berlin ou Tokyo.
En ce qui concerne les atrocités, elles ont été le fait sanglant de toutes les parties en cause, et nous ne reviendrons pas sur la difficulté de les juger, la partialité avec laquelle elles ont presque toutes été attribuées aux Serbes, et la fantaisie juridique d'en rendre responsable toute la chaîne de commandement. Notons cependant, toujours au niveau des faits, que les plus marquantes d'entre elles, celles qui ont indigné la conscience publique et déterminé les interventions militaires - les bombes sur la file d'attente devant la boulangerie du 27 mars 1992 et sur le marche de Markale, le 5 fevrier 1994 et le 27 août 1995 - se sont révélées des provocations musulmanes destinées à gagner l'opinion mondiale à la cause antiserbe. Ce n'est pas la propagande de Belgrade qui l'affirme, c'est un ensemble convergent de rapports officiels, de mémoires de généraux ou de politiciens sur le terrain, de témoignages de hautes autorités politiques, jusqu'à Mitterrand lui-même. La constatation est identique pour le soi-disant "massacre" de Racak, le 14 janvier 1999, qui a servi de prétexte au bombardement de l'OTAN. Le rapport du Dr Helena Ranta, qui a dirigé l'équipe scientifique chargée de l'enquête sur cette atrocité, a été remis aux instances internationales le 17 mars 1999. Il comprenait 21 kilos de documents et 3.000 photos étayant des doutes sérieux concernant la responsabilité des Serbes. Dans le droit fil de l'étouffement constant de la vérité, cinq pages seulement de ce consciencieux travail ont été rendues publiques. Quant à la célèbre "extermination" de Srebrenica, dont les chiffres ont varie de 15.000 a 8.000 exécutions de Musulmans au gré de l'imagination des journalistes, et qui motive la traque de Karadzic et de Mladic, le moins qu'on puisse en dire est qu'au vu de l'exhumation de quelques 2.000 cadavres de toutes origines résultant de la violence des combats, sa réalité, elle aussi contestée par de nombreux témoignages, est bien loin d'être prouvée.
En fin de compte, le bilan de ce simulacre de tribunal est accablant. Pour ceux qui l'ont connu, comme pour ceux qui l'actionnent. Il ne peut en aucune façon être considéré comme un organe de justice crédible.

D'autant que s'ajoute à ce discrédit le soupçon de s'être débarrassé volontairement de l'homme qui l'a mis en échec.
Milosevic est mort d'une façon bien opportune.
On pouvait prévoir ce dénouement depuis un certain temps. La sinistre farce mise en scène à La Haye par l'Occident américain ne pouvait se terminer autrement. Le "procès du siècle" intenté au "boucher des Balkans" était acculé à une impasse. Ses promoteurs, après des années d'accusations incohérentes, ont vu leurs témoins démentis, leurs arguments réfutés, leurs charges réduites à néant. La seule issue juridiquement équitable était la relaxe de Milosevic et sa mise en liberté immédiate.
Mais Ie TPIY, on l'a vu, n'est qu'un instrument de vainqueurs dont la seule mission est de justifier leur guerre à la Yougoslavie. Blanchir Milosevic était infirmer les réquisitoires antiserbes et ôter toute raison à l'agression de l'OTAN. Autrement dit, se détruire soi-même. D'où le dilemme cornélien : condamner Milosevic était une injustice flagrante, mais l'innocenter était une impossibilité politique.
Dans ce genre de piège, on a recours à la solution classique du matheux aux abois : incapable de résoudre un problème, il déchire le papier sur lequel le problème est écrit.
Les maîtres du TPIY ont, de toute évidence, décidé d'en finir de cette façon, en supprimant tout simplement le sujet de leur embarras. Une façon expéditive de sauver la face en évitant de prendre une décision.
L'ont-ils fait de manière active, en "aidant" Milosevic à disparaître, ou de manière passive, en le laissant mourir par manque de soins ? L'ont-ils directement assassiné, ou indirectement achevé en l'accablant d'un stress insupportable et en lui refusant les traitements appropries ? Peu importe. Le résultat est là. Ils s'en sont débarrassés. Par exécution rapide ou par usure lente, ils sont responsables de sa mort. Mladic connaîtra-t-il le même sort ? Au moment où ces lignes sont écrites, on le dit très malade. Sera-t-il trahi par les siens comme Milosevic ou disparaîtra-t-il lui aussi à temps pour éviter au TPIY un nouveau fiasco ?
Milosevic et lui ne s'aimaient pas. Ils se sont violemment opposés, notamment quand le président yougoslave multipliait les efforts de paix en accumulant les concessions et que le général de la Republika Srpska voulait continuer à se battre sans céder le fruit de ses victoires. Mais les deux hommes se ressemblaient par leur force de caractère, leur détermination, leur fierté et l'amour de leur pays.
Quel qu'ait été Ie passé de Milosevic, une fois arrêté, il a tenu tête seul, et avec succès, à une avalanche dénonciatrice qui aurait écrasé tout autre inculpé moins résolu. Il n'a pas craint d'affronter la "justice" la plus puissante du monde, d'en réfuter les mensonges, de réhabiliter son pays injustement dénigré.
Mladic, trempé dans le même acier, s'est battu seul, avec le talent d'un grand chef militaire, contre cet islam qui allait devenir la hantise "terroriste" de l'Occident, mais qui était cajolé à l'époque, et dont il était un des rares à voir le danger. Il n'a pas craint d'affronter la "force" la plus puissante du monde, la coalition de la communauté internationale, qui entraînait, équipait et armait ses ennemis.
Tous deux, à des moments différents et de façons différentes, ont défié plus fort qu'eux, au nom d'une Yougoslavie qu'ils voulaient conserver, puis d'une Serbie qu'ils entendaient défendre. Tous deux ont été vaincus, et traînés dans la boue.
Le premier a préservé grandeur et dignité dans la défaite. Il a ridiculisé ses accusateurs.
Le second a forgé l'image d'un guerrier charismatique, d'un leader assez adoré de ses hommes pour échapper aux polices mondiales à ses trousses. Il a ridiculisé ses poursuivants.
Tous ceux qui sont avec David contre Goliath ne peuvent qu'admirer ces "criminels de guerre" serbes. Ce livre est un hommage à l'un d'entre eux. (5)

(1) "L'impressionnisme juridique", par Petar Borojevic, B. I. n° 101, juillet-aout 2005.

(2) Voir pour la critique juridique du TPIY le remarquable article du Pr Kosta Cavoski, dans Ie n° 91 de B. I. de septembre 2004. Et surtout le livre de Me Jacques Vergès, écrit avec Ie général Pierre-Marie Gallois, "L'apartheid legal", qui contient une consultation technique de quatre grands juristes français (dont le n° 69 de B. I. de septembre 2002 a reproduit l'essentiel), accablante pour le tribunal.

(3) On pourrait objecter qu'aux procès des hauts gradés hitlériens, les chefs ont été rendus responsables des atrocités commises par leurs subordonnés. Mais il y a une différence fondamentale avec les procès intentés aux Serbes. Les chefs nazis revendiquaient leur idéologie, ils donnaient ou recevaient des ordres qui s'y conformaient. Ni Milosevic, ni Mladic, ni Karadzic, à un moment quelconque, n'ont émis des propos ou donné des instructions pouvant faire penser qu'i1s cautionnaient par leurs convictions des actes de barbarie. Mladic, en particulier, était connu pour son hostilité aux groupes paramilitaires et pour le respect de l'éthique de guerre qu'il imposait avec rigueur à ses troupes (notamment en ce qui concerne le traitement des prisonniers). Tous les trois, par ailleurs, n'ont cessé de se référer au pluralisme et a la cohabitation ethniques qu'i1s considéraient comme une des richesses de la Yougoslavie.

(4) Voir "Le dossier cache du 'genocide' de Srebrenica", Editons Le Verjus, Paris, 2005. C'est Ie véritable état des recherches internationales sur le sujet.

(5) Le livre en français des Editons Le Verjus est adapté d'un important ouvrage en anglais publié en 2006 aux Etats-Unis sous le titre "Ratko Mladic, Tragic Hero" par Milo Yelesiyevich qui a traduit, commenté et mis en forme près de 750 pages de témoignages et de documents passionnants.
On peut se le procurer aux coordonnées suivantes :
Unwritten History, Inc. PMB 199, Zeckendorf Towers, 111 E 14th Street, New York, NY 10003, USA.
E-mail: unwrittenhistory@hotmail.com - Site internet; www.unwrittenhistory.com
Nous avons retenu du livre de Yelesiyevich son introduction ; les larges extraits qui y figurent du livre de Ljubodrag Stojadinovic, "Ratko Mladic, héros ou criminel de guerre ?", publie à Belgrade en 2001 ; un article solidement documente de Yelesiyevich sur l'évolution du fanatisme musulman ; les discours et interviews de Mladic lui-même, et la chronologie des événements. Le général Pierre-Marie Gallois, Patrick Barriot et Eve Crepin ont bien voulu écrire des préfaces qui enrichissent l'ensemble de leur expérience personnelle.
Nous remercions Geneviève Beduneau, Maurice Livernault, Ivanka Mikitch, Maurice Pergnier et Frédéric Saillot pour l'aide qu'ils nous ont apportée, et Shone pour les photos qu'il a mises à notre disposition.
Un mot encore: que le lecteur ne s'étonne pas de voir le mot musulman orthographié tantôt avec une majuscule tantôt avec une minuscule. La majuscule correspond au sens politique, celui du soldat ou du citoyen de Bosnie, la minuscule au sens religieux, celui du pratiquant du culte islamique.

Le VERJUS - Bulletin intérieur de l'association Vérite et Justice Le plus petit des grands journaux et le plus grand des petits journaux