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La Machine |
Le compte rendu d’un entretien de Slobodan Milosevic avec le journaliste Renaud Girard, paru à la «une» du Figaro du 6 août, a opportunément rappelé que la seconde phase du procès intenté à l’ex-président devant le Tribunal pénal international de La Haye – la phase de la défense – doit débuter fin août, si la santé de l’inculpé le permet.
La première phase – celle de l’accusation – a vu l’instance illégale essuyer un cinglant échec. Pourtant, les services du procureur se sont battus les flancs pour trouver les innovations juridiques capables d’étayer leurs réquisitoires. Ils en ont inventé trois :
1) qualifier de «génocide» n’importe quoi, depuis la mortalité sur le champ de bataille jusqu’aux dégâts d’un combat de rues ;
2) baptiser «association de criminels» la hiérarchie complète d’un régime, c’est-à-dire fourrer n’importe qui dans le sac de la malfaisance ;
3) faire remonter la responsabilité criminelle le long de la chaîne de commandement, jusqu’au sommet de l’Etat, une façon d’impliquer qui l’on veut n’importe où et n’importe comment.
Ces manipulations de la légalité ont volé en éclats. Aucun génocide n’a pu être démontré, les témoins se sont effondrés, les faits ont donné raison à Milosevic. Quant à impliquer le chef suprême dans les écarts de ses hommes, on frémit devant le nombre de présidents ou de premiers ministres de notre Occident moralisateur, jamais inquiétés pour leurs massacres, qu’il faudrait envoyer en prison.
La déroute est telle, devant ce détenu seul, sans avocat, malade, privé de moyens et de contacts, ne disposant que de quelques mois de riposte alors que ses adversaires ont préparé leurs dossiers pendant des années, que le TPI veut le museler. Sous le prétexte que la santé de Milosevic ne lui permet plus de plaider sa cause sans prolonger indûment les débats, alors que le 7 juillet dernier, un communiqué écrit avait admis qu’il était parfaitement en état de le faire, ses juges envisagent de désigner d’office un représentant qui parlera à sa place et expédiera l’affaire au gré du tribunal. Une entorse de plus pour arriver à la sentence prévue.
On a eu un aperçu de ces disfonctionnements dans le cas du général Tihomir Blaskic, qui a vu sa peine ramenée en appel de 45 à 9 ans de prison. La cour du TPI qui avait prononcé sa première condamnation s’est vue désavouée pour «mauvaise interprétation de la loi, erreurs factuelles, preuves insuffisantes et sentence injustifiée». Certes, ce n’est qu’un «coup» d’auto-critique, destiné à replâtrer la crédibilité mal en point du tribunal, réussi sur un Croate (la même correction au profit d’un condamné Serbe, même parfaitement équitable, était impensable : elle aurait exhibé les mensonges des racistes qui avaient diabolisé l’intéressé avant même qu’il ne soit inculpé). Mais aussi un coup de projecteur intéressant sur l’imposture de La Haye. Sur la farce de la procédure, le fouillis juridique, l’embarras des procureurs. Sur cette machine mal bricolée dont l’automatisme erratique continue à broyer imperturbablement des prévenus présumés coupables au nom de la loi du vainqueur.
Milosevic échappera-t-il à l’engrenage ? On peut penser de lui ce qu’on veut, il faut reconnaître qu’il se bat avec un courage exemplaire. Mais aura-t-il assez de forces pour ne pas combler ceux qui le verraient disparaître avec soulagement ? Il faut l’aider, le soutenir. Dénoncer le simulacre de justice qui s’acharne à en venir à bout.
Dans un article du Spectator de Londres, John Laughland, un des rares journalistes des grands médias à avoir dit la vérité sur la guerre balkanique, a évoqué une scène d’Alice au pays des merveilles où la folle reine de cœur s’écrie, à chaque fois qu’elle croise quelqu’un : «Tranchez-lui la tête !». La frénésie burlesque de l’héroïne de Lewis Carroll, dans la tradition du «nonsense» britannique, n’est pas loin de la sinistre incohérence du TPI. On pourrait prendre ses magistrats pour d’inconscients surréalistes si on ne les savait pas chargés d’une mission capitale par leurs maîtres : justifier par tous les moyens la destruction de la Yougoslavie. |
| Louis Dalmas |
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Le bilan de l’offensive contre les nations, dressé par Pierre Hillard, qui révèle la nouvelle carte de l’Europe régionalisée. |
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Le regard de Jean-Michel Bérard sur le nouveau foyer d’incendie balkanique qui couve sur les bords de la Roumanie. |
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L’analyse de la situation politique en Serbie par Kosta Christitch. |
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Une remarquable étude des étranges innovations juridiques du Tribunal pénal international de La Haye, par le Pr Kosta Cavoski. |
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Deux pages de posters contre la guerre, tirées de l’album “Peace Signs”. |
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