n°  151   ( Février 2010 )  
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  PAUVRE HAÏTI
La tragédie du dernier tremblement de terre dans les Caraïbes a inspiré des commentaires qui exigent une mise au point. Parlant des liens entre les USA et Haïti, Obama s’est référé à “la longue histoire qui nous unit”. Une formule vague que les grands médias américains ont précisé à leur façon. Le New York Times du 14 janvier évoque un Etat caractérisé par “la pauvreté, le désespoir et le disfonctionnement” et ne craint pas d’écrire : “Voyez ce que des générations de mauvaise gouvernance, de misère et de disputes politiques peuvent faire d’un pays.” Le Wall Street Journal se félicite de la charitable intervention militaire de Washington présentée comme “un nouveau rappel du fait que l’étendue de la puissance américaine coïncide avec la portée de ses bienfaits”. Et il compare le séisme haïtien à celui qui ravagea le sud de la Californie en 1994, ne faisant que 74 morts. “La différence, dit le journal, est due à une société productive vivant dans la légalité qui a pu se payer, entre autres choses, des normes correctes de construction d’immeubles.” Comme le note Bill van Auken dans un excellent article publié sur le site WSWS : “Le message est clair. Les Haïtiens n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes pour leurs centaines de milliers de morts et de blessés, parce qu’ils n’ont pas su créer assez de richesse et ont été incapables de respecter la loi et l’ordre.”
Difficile d’être plus cynique. La sirupeuse commisération pour un pays “pas foutu de marcher droit et de gagner de l’argent” masque la quatrième fois en 95 ans que l’armée US l’envahit. Toujours avec le même objectif : protéger les intérêts américains et étrangler un peuple qui a, selon le Times, un dangereux “penchant pour l’insurrection”.
Nous dirions plutôt une passion de la liberté. L’histoire commence en 1793 avec l’abolition de l’esclavage par la Révolution française et la nomination du gouverneur Toussaint Louverture, qui promulgue une constitution autonomiste. Les anciens colons – Créoles français et espagnols des Antilles – prennent peur et poussent Napoléon à démettre l’insolent et à envoyer 30.000 hommes pour mater ses velléités d’indépendance. L’affaire tourne au fiasco. Les troupes de la métropole sont battues par Jean Jacques Dessalines et, le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance.
Les classes dominantes n’ont jamais pardonné aux esclaves leur victoire révolutionnaire. Aux USA, craignant de voir l’exemple haïtien se propager aux Etats du Sud, ce n’est qu’à la fin de la guerre civile, 60 ans plus tard, que le Nord triomphant reconnaît le nouvel Etat. Pour s’y implanter en maître. Dès le début du XXe siècle, et pendant près de vingt ans, les Marines de Washington et de ses banques noient dans le sang toute résistance locale, et ne quittent l’île qu’après avoir mis sur pied une armée équipée et formée pour la répression interne.
L’instabilité gouvernementale, entretenue par le dollar, aboutit à trente années de dictature, soutenue par les USA, des Duvalier père et fils – Papa et Bébé Doc – et de leurs sinistres Tontons Macoutes, dictature à laquelle met fin un soulèvement populaire en 1986. Sans pour autant supprimer le contrôle américain. Les administrations de Washington, aussi bien démocrates que républicaines, ne lâchent pas le satellite qui leur assure de juteux investissements et une main d’œuvre aux salaires de famine, tenue en laisse par une élite locale à leur service. Au cours des 20 dernières années, elles fomentent deux coups d’Etat contre le président Jean-Bertrand Aristide, élu sans leur consentement, et après l’avoir sorti de force du pays et mis hors la loi son parti, ne retirent leurs troupes qu’en 2004 (parce qu’elles en ont besoin en Irak). La présence étrangère continue à être assurée par 9.000 hommes de l’ONU sous le commandement du Brésil.
Voilà la vraie histoire des “liens qui nous unissent”, comme dit Obama. C’est l’histoire de la colonisation continue d’un pays maintenu par les USA dans une misère que la France a initiée en exigeant une rançon ruineuse de l’indépendance. Et aujourd’hui comme hier, la puissance est de l’autre côté de l’Atlantique. Derrière les larmes de crocodile, ce sont des contrôleurs US qui tiennent l’aéroport de Port-au-Prince, ce sont des soldats US qui amènent l’aide humanitaire, ce sont des officiers US qui en organisent la distribution. Haïti est redevenu un jardin militairement gardé du Bureau Ovale, qu’il n’a pratiquement jamais cessé d’être.
L’histoire se répète : une fois de plus, une révolution d’esclaves finit comme celle de Spartacus…
Louis DALMAS

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Illustrées par l’exemple de la secrétaire d’Etat Nadine Moreno, les plaintes en diffamation ou pour outrages se multiplient. Les politiciens veulent censurer avec l’aide de la justice l’espace qui leur fait peur : celui de la liberté d’expression.
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Un tableau du plus grand champ de bataille actuel : celui du gaz et du pétrole. Les grandes puissances s’affrontent sous l’œil du rusé président du Turkmenistan au nom imprononçable, qui joue les arbitres entre l’Occident, la Russie et la Chine.
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Le sénateur US Joe Liberman a déclaré : “L’Irak a été la guerre d’hier, l’Afghanistan est la guerre d’aujourd’hui, le Yemen sera la guerre de demain”.
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 DERRIÈRE LA FACADE DU KRACH DE DUBAI
Michel Blanzat dévoile la vérité sur le rôle joué par l’émirat arabe dont les difficultés financières ont fait la “une” de l’actualité.
 LE 10e CONVOI HUMANITAIRE DE SOLIDARITÉ-KOSOVO
Le journal de bord de neuf jeunes à bord de quatre véhicules, qui ont distribué des cadeaux de noël aux enfants serbes des enclaves du Kosovo.
 
Et bien sûr, comme d’habitude, les critiques de livres, le “Coin des clowns”, la correspondance de nos lecteurs et la présentation de notre librairie qui offre à nos abonnés et aux membres de “Vérité et Justice” un choix d’ouvrages de référence avec une réduction de 33 %.
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