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RIEN NE CHANGE |
Tout le monde connaît la scène de dessins animés où la course d’un personnage l’amène au bord d’un précipice et se continue pendant un moment dans le vide : le fuyard pédale désespérément en l’air avant de finir par tomber dans l’abîme. Une illustration qui résume assez bien la crise actuelle. Le héros se relève bien sûr, et il y a des chances que le capitalisme se remette lui aussi de sa chute après avoir brassé beaucoup de vent au-dessus du gouffre. Mais au bout de combien de temps, et à quel prix ?
D’ici là, quelques commentaires s’imposent dans trois domaines.
La psychologie d‘abord. Les moteurs du libéralisme sont l’avidité et la peur. La poursuite effrénée du profit et la terreur de perdre ce qu’on a gagné. Des passions qui ne changeront pas. Keynes disait déjà que le désir de possession de l’argent était une pathologie sociale de la société moderne. Elle ne disparaîtra pas. Les prédateurs ne cesseront pas de chasser et les spéculateurs ne s’arrêteront pas de s’affoler au moindre signe de dévalorisation.
Puis la morale. Les centaines de milliards consacrés à sauver les banques dépassent de si loin les sommes réunies pour combattre la pauvreté dans le monde qu’on n’a plus la force d’être choqué. “Alors que les pays développés prévoient d’injecter près de 3.000 milliards d’euros dans le sauvetage du système bancaire et financier de la planète, écrit Christian Losson dans Libération, 1 % de ce pactole – décidé en moins d’un mois – suffirait à sortir l’humanité de la faim.” En France, pays sans le sou aux dires de ses gouvernants , on a trouvé d’un coup de baguette magique les milliards qui faisaient défaut aux amis de Nicolas Sarkozy. Edwin Le Héron note, aussi dans Libération, : “Alors qu’il a fallu plus d’un an pour trouver 1,5 milliard d’euros du Revenu de solidarité active, il n’a fallu qu’une heure pour trouver 3,5 milliards d’euros pour sauver Dexia.” Sans oublier que notre président s’était arrosé récemment d’une augmentation de 172 % de son indemnité et a fait exploser les rémunérations de ses collaborateurs comme les frais courants de l’Elysée. C’est le prix, nous dit-on, de son inlassable activité, et de l’efficacité avec laquelle il a résolu quelques problèmes immédiats. Reste à savoir si, après avoir joué le pompier, comme dit Védrine, il arrivera à être un architecte. En tous cas, s’il y parvient tant soit peu, ce sera plus avec cynisme que moralité.
Reste l’économie. Réunions de ministres, consultations d’experts, sommets du G 4, du G 7, de l’Euroland, du Conseil européen, un monde de spécialistes de la fortune accouche de sommes fabuleuses destinées à tirer les riches du pétrin qu’ils ont eux-mêmes fabriqué. Les gesticulations dorées des manipulateurs d’argent donnent l’impression d’exercices de natation dans une piscine vide. Il y manque l’eau – boueuse – dans laquelle nage la plèbe. Rien de ce qui se décide en haut lieu ne favorisera l’emploi ou le pouvoir d’achat, et le libéralisme poursuivra sa course jusqu’au prochain bord de précipice.
Pas de changement dans les mentalités, pas de morale, pas de révolution économique. Le système n’est pas mis en question. Les emplâtres de billets de banque ne guériront pas la jambe de bois du capitalisme. Tout continue comme avant. Les financiers, les assureurs, les grands industriels oublient les peuples. Qu’ils prennent garde. Un jour ou l’autre, les peuples ne les oublieront pas. |
| Louis DALMAS |
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L’HOMME DU KRACH FINANCIER |
| Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, a été pendant dix ans le désastreux gourou de l’économie des Etats-Unis. Farouche partisan de la liberté du marché et considéré comme un oracle incontournable, il s’est opposé à tout contrôle des débordements du libéralisme sauvage et à toute intervention de l’Etat. |
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PIERRE-HENRI BUNEL RÉVÈLE DES ASPECTS PEU CONNUS D’AL QAEDA |
| Dans une interview exclusive accordée à notre collaborateur Frédéric Saillot, l’officier français condamné en 1998 pour avoir livré des secrets militaires aux Serbes durant la guerre de Bosnie, analyse la situation internationale en grand spécialiste du monde musulman. |
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L’AMÉRIQUE LATINE DÉFIE WASHINGTON |
| De plus en plus de chefs d’Etat s’affranchissent de la tutelle de l’impérialisme américain. Les Etats-Unis et la Russie s’affrontent dans des manœuvres militaires qui font souffler sur le continent sud-américain un vent de guerre froide. |
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RADOVAN KARADZIC DEVANT LE TRIBUNAL DE LA HAYE |
| Au cours de sa première audition, l’ex-président de la Republika Srpska a déclaré vouloir se défendre seul. Son procès sera, une fois de plus, une caricature de justice. |
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UN PRIX NOBEL SCANDALEUX |
| Le prix Nobel de la paix a été attribué à Martti Ahtisaari, un diplomate finlandais au passé pour le moins douteux. En tant que président de la République, il s’est montré favorable à un hommage aux troupes nazies, et en tant que médiateur de l’ONU, il a systématiquement pris le parti des Albanais dans les négociations sur le sort du Kosovo. |
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LE DOSSIER DE LA CRISE FINANCIERE |
| Trois articles importants traitent de la tempête qui a secoué le système économique libéral, en faisant ressortir les aspects passés sous silence de ses causes et de ses conséquences. |
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LA ROUMANIE EN PROIE A L’AUTONOMISME DES SICULES |
| Jean-Michel Bérard analyse les mouvements séparatistes qui sèment le trouble à Bucarest et menacent l’unité du pays. |
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LES RÉTRIBUTIONS CHOQUANTES DES GRANDS PATRONS |
| ABC News a dressé un tableau effarant des sommes versées depuis des années aux dirigeants qui ont mené leurs grandes sociétés américaines à leur récente faillite. |
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LE CAMÉLÉON DANIEL COHN-BENDIT |
| Maurice Pergnier fait un portrait sans indulgence du leader très contesté des Verts. |
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Et bien sûr, comme d’habitude, les critiques de livres, la revue de presse, la correspondance de nos lecteurs et les bouffonneries de l’actualité dans le Coin des clowns. |
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