n°  122   ( Juin 2007 )  
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  EN AVANT, MARCHE !
C’est parti sur les chapeaux de roues. L’agité de l’Elysée fait ses premiers pas dans les allées du pouvoir comme son jogging au bois de Boulogne : au grand trot. Suivi par une ombre moins mirobolante qui le complète. D’après Dominique Paillé, le tandem incarne le slogan électoral : Sarkozy-la rupture, Fillon-la tranquillité.
En fait de rupture, notre nouveau président a surtout bousculé les étiquettes et les habitudes. Ce qui, il faut l’avouer, est assez plaisant. Face à la molle prestation de la madone à la rose, il s’est voulu rapide et efficace. Et ça n’a pas mal réussi. Il a pris dans la foulée des idées à la droite et des hommes au centre-gauche, brassant tout ça avec énergie dans un brouet de conservatisme, de plagiats et de trahisons.
La politique est toujours une soupe. Mais ce qui change, dans notre léthargie habituelle, c’est de la voir remuée à vive allure. Avec l’électron survolté, on ne sait pas trop où on va, mais on y va au galop. Le souffle de la vitesse est grisant. Il fait oublier la direction prise.
C’est là le danger du pragmatisme accéléré. Le principal intéressé l’a dit lui-même : pas de sentiment en politique. Du réalisme. Sans scrupules, ni freins affectifs. Le gouvernement a été formé sans fidélité aux amis, la France sera dirigée sans fidélité aux principes. Seuls les résultats comptent. On n’est pas très regardant sur la façon dont on les obtient, mais malheur à ceux qui n’en obtiennent pas.
Tiens, tiens, on dirait un langage familier… Voilà que derrière le paravent d’un dynamisme sympathique, se profile une vieille connaissance : la droite réactionnaire. Vacances de milliardaire. Bonnes mesures fiscales pour les riches. “Travailler plus pour gagner plus” : classique formule patronale (pas question de gagner plus en travaillant comme d’habitude !). Barrages à l’immigration et expulsions multipliées. Répression accrue de toutes les délinquances. Censure de la presse. Européisme de la haute finance et des multinationales masqué par un zeste de démagogie chauvine. Conception thatchero-berlusconienne de la société. Etc. On en revient aux saines traditions : “le bénéfice est le salaire du patron, le salaire est le bénéfice de l’ouvrier” ou “le capitalisme fait des fautes sociales, mais le socialisme fait des fautes capitales” comme disaient les joyeux adages de ma jeunesse.
En politique étrangère, c’est comme au cinéma : la revanche des morts-vivants. La France a souvent l’habitude de copier les Etats Unis avec dix ans de retard. C’est encore le cas. Juste au moment où les Américains vont se débarrasser de Bush et de ses “néocons” (et où la Grande Bretagne vire Tony Blair), le Quai d’Orsay est remis à un cadavre ressuscité, Bernard Kouchner, le plus débile des atlantistes, l’exalté du devoir d’ingérence, habitué à lécher les bottes de Washington (ou des Albanais, ou de Total) avec sa langue de bois humanitaire. Encore un tandem étincelant : Yankozy et Bushner. Deux Narcisses dévorés d’ambition, obsédés d’auto-promotion, le premier, bien casé, sortant le “sans boulot” des limbes. En évoquant vitesse et choix du ministre, on peut dire que l’équipe s’est constituée à tombeau ouvert. Sûr qu’avec ces deux-là, la France tiendra tête avec panache au Bureau ovale, aux galonnés de l’OTAN et aux techno-bureaucrates de Bruxelles, et que notre indépendance nationale sera aussi bien défendue que la présence des Serbes au Kosovo.
Bref, après la course élyséenne suivie de la course aux fromages ministériels et de la course aux soit-disant réformes économiques et sociales, c’est la course aux législatives qui s’annonce. On court beaucoup ces temps-ci. C’est au sprint que le petit godet a battu la grande gourde. C’est au sprint que Sarko 1er veut faire avancer Marianne. C’est au sprint que l’UMP entend conquérir sa majorité de députés. Mais trop courir peut rendre malade. Surtout si on se hâte à reculons et sans feuille de route. On dit “les parents boivent, les enfants trinquent”. Jusqu’ici la droite a bu du petit lait. Mais il y a des chances que les Français trinquent, n’aiment pas ça, et transforment un jour ou l’autre le petit lait en poison.
Louis DALMAS

 LE RAPPORT QUI DÉTAILLE 20 ANNÉES D’INGÉRENCE AMÉRICAINE
L’USSOCOM est une formidable machine qui coordonne tous les éléments politiques et militaires des interventions américaines à l’étranger. Son rapport, qui vient d’être rendu public, résume deux décennies d’activités. Un chapitre intéressant concerne l’ex-Yougoslavie.
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L’ancien vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et homme de confiance de Saddam Hussein, parle de la situation internationale et de l’état actuel de l’Irak
 LE RÉVEIL DE LA CENSURE
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 LE MUSULMAN LE PLUS DANGEREUX DE BOSNIE
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Lori Brim, qui a vu mourir son fils dans d’atroces souffrances à son retour d’Irak, des suites d’une exposition à l’uranium appauvri, mène une croisade aux Etats-Unis contre l’utilisation de ce produit meurtrier dans l’armement occidental.
 SECOUSSES POLITIQUES EN ROUMANIE ET RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
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 STABILISATION EN SERBIE
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 UNE LETTRE OUVERTE SUR L’INDÉPENDANCE DU KOSOVO
Jean-Michel Bérard adresse une lettre ouverte au vice-président du Parlement européen, Pierre Moscovici, dans laquelle il passe au crible le projet de statut futur de la province serbe.
(Voir le texte de cette importante lettre dans la rubrique “News”)
 Et, bien sûr, comme d’habitude, les “Nouvelles de l’empire”, la correspondance des lecteurs, les critiques de livres et la revue de presse.
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