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MERCI |
Cent numéros !
Rien a voir avec les cent jours de Napoléon, car nous sommes plus sous le soleil d’Austerlitz que dans la brume de Waterloo.
Il y a de quoi se réjouir, en effet. Depuis près de dix ans, notre journal fait mieux que survivre. Parti de rien, à contre-courant, pratiquement seul, sans aide ni subvention, avec le seul appui de ses abonnés et de ses lecteurs, il s’est développé, il est devenu une référence pour tous ceux qui ne se satisfont pas des versions officielles de l’actualité, et une tribune libre pour les opinions qui s’affranchissent des propagandes et des idées toutes faites.
Un tenace combat. Comme les anciens chrétiens des catacombes qui sapaient sous terre la puissance de l’empire romain, nous creusons des galeries de vérité sous la pesante croûte de la pensée standard et du mensonge. Un “samizdat” indépendant et entêté, qui ne flotte pas au gré du “politiquement correct” ; un grumeau dans la soupe des clichés. Peu importe que notre voix n’ait pas la résonance des trompettes de Jéricho. Elle ne fera pas tomber les murs du cynisme, de la bêtise ou de la lâcheté. Mais elle existe. Elle se fait entendre. Notre bilan est celui d’un témoignage qui marquera une époque. Nous pouvons être fiers de notre fidélité à l’histoire, de notre volonté d’informer sans compromis, de notre refus du spongieux mimétisme des grands médias.
Le travail accompli est l’œuvre des amis qui figurent sur la couverture, au recto de cette page. Avec d’autres qui ont contribué aux contenus de nos numéros, ils ont donné bénévolement leur temps, leurs idées, leur savoir, leur énergie à une tâche qui nous a unis au-delà des convictions idéologiques : celle de rendre compte sans faiblesse de la réalité.
Je suis profondément touché par cette collaboration, et le mince hommage qui leur est rendu par la publication de leurs images est loin d’être à la mesure de ma reconnaissance. Je leur dois – vous leur devez – l’existence d’un journal presque unique en son genre, et il n’est que juste que vous les connaissiez mieux que par leurs signatures. Désormais, vous les verrez comme des membres de la famille, dont le visage vous est familier. Le lien est encore plus fort quand il est visible, et ils méritaient cent fois, c’est le cas de le dire, d’être honorés de votre confiance et de votre amitié.
Le propre de tout anniversaire étant d’être célébré dans la joie, il convient de terminer ces remerciements par une pointe d’hilarité. Le 29 avril dernier, l’irremplaçable comique du Haut-Poitou, notre divin Raffarin, a trouvé une formule qui symbolise la logomachie de nos dirigeants : il a qualifié la croissance du nombre des sans-emploi de “décélération de l’augmentation du chômage”. Admirable acrobatie verbale ! Je me permets de suggérer à nos politiciens – sans rire – quelques oxymores du même tonneau : la diminution de l’accroissement de la pauvreté, la réduction du grossissement de l’inégalité, le ralentissement de la multiplication des attentats en Irak, le rétrécissement de la prolifération des mensonges médiatiques, le recul des avancées du fanatisme religieux, et ainsi de suite.
Quant à l’affaiblissement du renforcement de la connerie, je crains que ce soit plus qu’une acrobatie : c’est une totale impossibilité.
J’ai cité cette loufoquerie parce qu’elle est exemplaire. La langue de bois de nos maîtres est devenue une langue d’acier, car la couche de stupidité recouvre le métal de la censure. Il ne leur suffit plus de dire n’importe quoi, il faut que nous avalions de force ce qu’ils racontent. La campagne du référendum sur la constitution européenne a été un modèle : martèlement du “oui” avec des arguments contestables*, marginalisation du “non” par sa réduction au silence. Quel que soit le résultat de la consultation, qui interviendra au cours du mois de ce numéro, la meilleure raison de voter “non” aura été d’ébranler le pouvoir qui impose sa vision du monde en étouffant toute opposition.
C’est à cette besogne d‘ébrèchement de notre corset politique, intellectuel et médiatique que l’équipe de B. I. s’est attelée depuis près d’une décennie, et qu’elle entend poursuivre. Je peux – et vous pouvez tous – lui dire un grand merci.
* Enumérés avec beaucoup d’humour par le philosophe Michel Onfray en p. 24. |
| Louis Dalmas |
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Silence de mort en Irak |
| La libération tumultueuse de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et le meurtre de son garde du corps par les soldats américains a ravivé les soupçons sur l’attitude du Pentagone à l’égard des informateurs indépendants. Les journalistes non “intégrés” (embedded) dans l’armée et les membres non accrédités d’ONG sont-ils pris pour cibles par les troupes d’occupation ? Geert van Moorter pense que oui, et explique pourquoi. |
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Comment CNN informe le public |
| Eason Jordan, le directeur de l’information de CNN, a du démissionner pour avoir vaguement fait une allusion (rétractée ensuite) à cet étouffement criminel de l’information indépendante par les militaires. Christophe Deliso démontre qu’Eason lui-même a été un des pionniers de l’information contrôlée et de la propagande officielle. |
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La Chine bat le Japon aux points |
| Geneviève Beduneau analyse la récente crise qui a enfiévré les rapports sino-nippons à propos d’une évocation tendancieuse des conflits passés entre les deux nations. |
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La commission Barroso sur la sellette |
| Le président du groupe Indépendance et Démocratie au Parlement européen, le député anglais Nigel Farage, pose des questions embarrassantes à la Commission européenne présidée par José Manuel Barroso, notamment à propos d’avantages discutables dont auraient bénéficié certains membres de la commission. |
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Nos téléphones portables seraient teintés de sang africain |
| Un document intéressant dénonce l’exploitation colonialiste en Afrique, par de grandes sociétés internationales, du coltan, un minerai facile à extraire de la boue, qui entre dans la fabrication des micro chips des appareils cellulaires. |
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La mémoire de Jasenovac |
| Grâce à Barry Lituchy, le président du Jasenovac Research Institute, le terrible camp d’extermination oustachi croate de la dernière guerre mondiale a enfin une plaque commémorative dans le Parc de l’Holocauste de Brooklyn. La cérémonie d’inauguration a eu lieu le 17 avril dernier, en présence de nombreuses personnalités new-yorkaises. |
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L’actualité européenne |
| Jean-Michel Bérard décrit la bataille occidentale autour de la construction des autoroutes traversant la Roumanie, Michel Blanzat parle de la criminalité financière en Bulgarie, Alain Jejcic traite du lent effacement du passé antifasciste de la Slovénie et Kosta Christitch cite le grand écrivain serbe Milovan Danojlic qui rend justice à Milosevic. |
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Chroniques chinoises |
| Une nouvelle contribution du jeune sinologue de 23 ans, Morgan de Polignac, qui rassemble des notations savoureuses sur la vie quotidienne de la Chine profonde. |
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Un livre honteux |
| Fabrice Garniron recense un livre particulièrement haineux, raciste et mensonger, qui a bénéficié du soutien d’une partie de l’intelligentsia parisienne, “Nous ne verrons jamais Vukovar”, par Louise Lambrichs. |
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Ce que pensait voltaire de la Russie et de la Turquie |
| Dans un rappel historique solidement documenté, Komnen Becirovic cite longuement la correspondance entre le philosophe de Ferney et la Grande Catherine pour montrer à quel point Voltaire prenait le parti de Moscou contre Ankara. |
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Une escroquerie à la paix |
| Maurice Pergnier souligne la fausseté du slogan “l’Europe, c’est la paix”, alors que c’est l’Europe mobilisée dans l’OTAN, qui a été responsable de la seule guerre menée en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, l’agression de la Yougoslavie. |
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La face cachée des papes |
| Le Dr Rajko Dolecek examine la politique menée par le Vatican à l’égard de la Yougoslavie. |
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Et, bien sûr, comme d’habitude, les “Nouvelles de l’empire”, la correspondance des lecteurs, les critiques de livres et la revue de presse. |
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Le plus petit des
grands journaux
et le plus grand
des petits journaux
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